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francisyedan
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16.04.2008
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ucao tout est nul dans cette université;;; ;;;;;;tout surtout l'administrati on geré par un certain tossou et ...
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Pierre Demba, ingénieur en génie civil et coordonateur du projet d’urgence d’infrastructures urba

Publié le 19/11/2009 à 12:44 par francisyedan
Pierre Demba, ingénieur en génie civil et coordonateur du projet d’urgence d’infrastructures urba
La Banque Mondiale marque son retour en Côte d’Ivoire à travers le PUIUR, dont le lancement a eu lieu en Octobre 2008. Montant investi : 50 milliards sur 4 ans. Pierre Dimba, cheville ouvrière de ce projet esquisse un premier bilan après 9 mois d’activités;

Quels sont les grands axes du PUIUR, dont vous êtes le coordonateur?

Le Projet d’urgence d’infrastructures urbaines (PUIUR) à été financé par la Banque mondiale à l’initiative du gouvernement ivoirien pour, non seulement améliorer, mais également favoriser l’accès aux services urbains à Abidjan et Bouaké. Ce projet marque le réengagement de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire, en intervenant directement dans des secteurs importants tels que celui de l’eau potable, de la voirie, de l’assainissement et des déchets solides. Il vise aussi à préparer les collectivités locales à reprendre en mains la gestion des services urbains dans leurs localités respectives. Ceci dit, cinq axes principaux ont été privilégiés.

Quels sont les deux premiers axes ?

C’est l’amélioration de l’alimentation des villes d’Abidjan et Bouaké en eau potable. Il faut dire qu’Abidjan à un déficit de production de l’eau potable de l’ordre de 25%. Cette composante eau potable d’un montant de 14 milliards de FCFA, vise à d’augmenter la production d’eau potable, renforcer le réseau de distribution et améliorer la qualité des services. Le deuxième axe concerne l’assainissement urbain. La Côte d’Ivoire avec l’aide des partenaires comme la Banque mondiale a réalisé en 1995, d’importants investissements pour la mise en place d’un collecteur de rejet en mer qui n’est plus fonctionnel. 7,5 milliards FCFA seront investis dans l’assainissement urbain afin de permettre moins de rejet dans la lagune. L’insalubrité sera ainsi jugulée dans la baie de Cocody et un peu partout à Abidjan.

Qu’en est-il des trois derniers axes principaux?

Le troisième axe porte sur les déchets solides. La ville d’Abidjan dans un passé récent était submergée par des dépôts importants de déchets solides avec son corollaire d’épidémies (fièvre typhoïde, choléra). L’objectif du projet était donc de débarrasser la ville d’Abidjan de ces déchets et aussi aider à réorganiser la collecte et la gestion des ordures. Une dotation de 6 milliards de FCFA a été faite pour cela. Le quatrième axe, porte sur la réhabilitation de la voirie qui est très dégradée du fait du manque d’entretien. Dans ce cadre, la plupart des voies principales empruntées par les transports en commun (Bus, Gbaka, Wôro-wôrô..), seront réhabilitées. Une voie comme celle du zoo sera élargie. Au carrefour de la Riviera II, un échangeur sera réalisé pour permettre de le désengorger aux heures de pointe. Entre la 7ème, 8ème et 9ème Tranche, un ouvrage important d’environ 120m sera réalisé. Globalement, cette composante tentera de régler la question de la fluidité routière et des mesures serons prises pour réhabiliter la signalisation routière pour éviter les accidents de la circulation. La dotation de ce projet est de 14 milliards de FCFA soit 25% du montant globale du projet. La dernière composante est celle que nous avons appelée ‘‘Contrat de ville’’. Elle consiste à faire des audits urbains qui vont permettre d’identifier l’état des équipements et des services au niveau des 10 communes pilotes que nous avons choisies.

Pouvez-vous nous citer ces 10 communes pilotes ?

Oui ! Nous avons les communes d’Abobo, Adjamé, Koumassi, Port Bouët, Yopougon pour le District d’ Abidjan et Bouaké, Daloa, Divo, Korhogo, San Pedro pour l’intérieur du pays.

Qu’est-ce qui a motivé le choix de ces communes ?

Il faut dire que c’est une phase test. Nous avons voulu travailler d’abord dans les communes où nous avons des documents de planification d’investissement. Nous avons donc, prioritairement ciblé ces communes qui disposent déjà d’outils de planification et de documents d’urbanisme et qui sont représentatives de l’ensemble des communes de Côte d’Ivoire.

Quelle est la durée et le coût d’exécution du PUIUR ?

La durée d’exécution de cet important projet d’un montant global de 50 milliards FCFA est de 4 ans. Nous avons commencé sa préparation en avril 2008 et obtenu la mise en vigueur du projet précisément le 13 septembre de la même année. Le lancement officiel de ce projet à eu lieu le 3 octobre 2008. Il y a donc 09 mois que ce projet a démarré.

Le projet sera exécuté sur 4 ans, mais déjà, quel est votre bilan après 9 mois ?

Le bilan que nous pouvons faire est que nous avons engagé 20 milliards FCFA, soit 40% du montant à investir. L’ensemble des dossiers techniques est préparé, les appels d’offres ont été lancés et les entreprises qui feront des prestations sont connues. Certains chantiers ont même démarré. C’est le cas des entreprises retenues pour enlever les dépôts sauvages à travers la ville qui, depuis 3 mois sont à pieds d’œuvre. Les résultats sont d’ailleurs perceptibles à travers la ville d’Abidjan.

Il est vrai que les résultats sont perceptibles, mais il reste encore à faire surtout sur le plan de la pré-collecte?

Ce qu’il est important de savoir, c’est que dans cette composante nous avons deux objectifs. Le premier objectif, était de débarrasser la ville d’Abidjan de tous ces dépôts sauvages. L’idée était d’agir avant la saison des pluies. L’objectif est atteint. En principe, après les 3 mois, ces opérateurs devaient passer la main aux sociétés qui ont la gestion des ordures afin qu’elles prennent en mains la collecte journalière. Le problème des ordures est quotidien, c’est chaque jour qu’on produit des ordures et c’est chaque jour qu’il faut les enlever. Le gouvernement nous a demandé de l’aider à réorganiser ce secteur mais aussi de poursuivre la collecte des ordures dans un délai de 6 mois supplémentaires. De ce point de vue, nous devons effectivement profiter de ce délai.

Que comptez-vous faire pendant cette période ?

La première chose que nous voulons faire est d’éduquer la population à la manipulation et au conditionnement des ordures. Tout en mettant à leur disposition les équipements qu’il faut pour déverser ces ordures (coffres à ordures, bacs de conditionnement dans les quartiers etc.) Aussi, faudrait-il que ces ordures soient enlevées au quotidien parce que, si elles sont regroupées à un endroit, on aura toujours les mêmes nuisances. Donc le premier acte pour consolider les acquis, c’est de sensibiliser les populations. Et en temps, il faut sensibiliser les autorités locales et centrales, parce que c’est leurs responsabilités de comprendre le traitement des ordures ne peut pas se faire à la légères. Les nuisances liées aux ordures sont de plusieurs ordres : la dégradation de l’environnement, la dissuasion des investisseurs et aussi les maladies qui peuvent coûter très chères. Avec les consultants que nous avons mis sur le terrain, nous avons essayé un maillage entre les différentes communes en identifiant des points de regroupement des déchets dans les quartiers où on ne peut pas faire du porte à porte. N’oublions pas que la voirie est profondément défoncée et on ne peut passer partout. Notre objectif, est de mettre en place en synergie avec les opérateurs de collecte, des points regroupement qu’on va aménager pour répondre aux normes d’hygiène. La deuxième chose que nous allons faire, c’est d’identifier l’ensemble des opérateurs y compris les pré-collecteurs pour que dans une zone donnée, nous sachions qui intervient pour qu’au niveau local, les maires puissent organiser et responsabiliser les pré-collecteurs parce que c’est une action de proximité et informer les populations sur les points de groupage qui sont définis. Il faut aussi que les localités s’approprient l’action de la pré-collecte des déchets, parce que c’est quelque chose de très complexe.

Que doit-on faire pour ne pas nous retrouver à nouveau envahi par les ordures ?

Il faudra payer régulièrement les différentes factures sans complaisance pour que les opérateurs aient les moyens d’agir au quotidien. Au niveau de la décharge d’Akouédo, prendre les dispositions, pour que la mise en décharge se fasse correctement. Il est impérieux de penser à la valorisation des déchets. Pour ce faire, nous réfléchissons à des partenariats et à l’augmentation de la participation citoyenne des sociétés. A Abidjan, nous suspectons 1 million de tonnes de déchets par an, dont 40% constitué de matières végétales qui auraient pu être valorisées en termes de composte pouvant servir à aménager les parcs et jardins de la ville, mais aussi servir pour la pratique de la culture vivrière. Il y a également le plastique qui constitue environ 10% de ces déchets qu’on peu aussi valoriser.

Vous avez déjà initié plusieurs actions d’adduction d’eau dans les quartiers précaires. En tant qu’expert que pensez du « plan Orsec » ?

Concernant l’opération de déguerpissement appelé ‘‘Plan ORSEC’’, c’est une situation d’urgence, et l’Etat à la responsabilité de protéger ses citoyens, qui sont exposés à la mort. Je pense que c’est une bonne initiative que l’Etat prenne ses responsabilités, mais, on ne règle pas le problème pour autant. Moi, j’ai eu l’avantage de travailler sur plusieurs projets dans les quartiers précaires, et je pense que ce problème, il faut le régler en profondeur, avec les populations concernées. En plus de la sensibilisation, il faut travailler avec ses populations afin d’identifier leur ressources pour savoir, comment on peut les aider à se recaser. Et puis progressivement, il faut essayer de faire coïncider leur besoin à ce qu’on leur offre. L’exemple des habitants de Washington (un quartier précaire situé dans la commune de Cocody), doit nous interpeller. Il était difficile de les déplacer parce qu’elles exerçaient soit comme garçon de ménage à proximité de leur lieu d’habitation. Et ils n’ont d’ailleurs pas hésité à revenir parce que le site de Biabou où ils avaient été recasés était trop éloigné de leur lieu de travail. A un moment donné, elles se sont senties obligées d’abandonner leurs maisons qui leur convenaient pour se rapprocher de leur lieu de travail. Je crois que si nous n’avons pas la possibilité de recaser ces habitants des quartiers précaires, l’idéal est de les reconvertir en les formant à autre chose, pour qu’elles ne reviennent pas dans ces zones. C’est une question complexe et cela doit s’inscrire dans un plan global de développement d’une ville comme Abidjan. Les quartiers résidentiels, riment avec le service de ménage pourtant ces hommes et femmes de ménage n’ont les moyens nécessaire de vivre dans ces maisons de haut standing, il faut tout simplement construire des maisons adaptées à la bourse de ces personnes. C’est là toute la réflexion qu’il faut mener et ça devrait être le souci des Universités, des grandes écoles etc. Ce problème n’est pas inhérent à la Côte d’Ivoire, mais ce qui est important c’est que nous prenions davantage de précaution.

Vous l’avez dit, les gens s’installent de façon anarchique. Cette situation entraine aussi une obstruction des canalisations et un engorgement des chaussées à la moindre pluie. Ne serait-ce pas vain que les voies soient réhabilitées sans penser aux canalisations ?

Je suis d’avis avec vous, qu’il y a des difficultés pour réaliser ces projets que je viens d’annoncer. Pour réaliser un échangeur en plein Riviera II où des personnes tiennent des commerces, faire l’élargissement de la route du zoo où des occupations anarchiques sont avérées. Mais, nous ingénieurs sommes là parce qu’il y a des difficultés, et nous devons mener la réflexion, pour faire face à ces difficultés. Et le développement, c’est une action dynamique. Si face aux difficultés, on s’arrête, on ne se développera pas. Pour le déplacement des populations, il faudra que chaque acteur joue sont rôle afin que les gens évitent de s’installer n’importe comment. Il faut donc que l’Etat se donne les moyens de surveiller son territoire, pour éviter de mettre encore sur pied des plans d’urgence, qui coûtent fortement plus chers que lorsque c’est planifié. Au niveau des communes, il faut que les services techniques se préoccupent beaucoup des projets de développement plutôt que de tolérer que les gens s’installent en désordre. Les installations anarchiques coûtent chers à l’Etat et à nous tous, il faudrait donc s’organiser pour gérer les espaces réservés par l’Etat pour certains projets. Pour une ville comme Abidjan, il faut sérieusement mener des études, parce que beaucoup de personnes sont dans le secteur informel et j’ai l’impression qu’elles sont laissées pour compte. IL faut que dans l’occupation du sol, on prévoit des sites pour les accueillir et les organiser. C’est le cas de tous ces menuisiers que vous voyez sur l’ensemble des flancs de collines ou des mécaniciens set revendeurs de pièces automobiles de «la casse ». Je pense qu’on laisse les choses se faire, il faut également mettre à jour les différents textes sur la gestion des espaces publics qui date de 1925, pour prendre en compte tous ces acteurs qui interviennent. Autrement, nous serons toujours en train de déplorer des problèmes et autres calamités. Les pays qui avancent, sont des pays qui prennent leur destin en main.

Il est donc impérieux de redéfinir la politique d’urbanisation de notre pays, et d’Abidjan en particulier ?

Il faut reconnaître qu’il ya eu de grands plans de développement pour une ville comme Abidjan qui est devenue en une décennie une grande mégalopole avec des infrastructures modernes. Je dis qu’aujourd’hui, on gère Abidjan avec des outils des années 80. Même, quand les outils sont élaborés, il y a une multitude d’acteurs, il n’y a pas une centralisation qui permette de suivre tout ce qui se passe. On a par exemples les propriétaires terriens qui font des lotissements, les collectivités qui peuvent initier des lotissements, il y a aussi le Ministère. Tout ça n’est pas coordonné. Il faudrait qu’il y ait une cohérence. Quand un schéma directeur est mis en place, il faut que les actions découlent de ce schéma directeur. Il faut se donner les moyens en votant peut être une loi, pour amener les acteurs à respecter ce qui a été décidé. Cela permettra de maîtriser le développement d’une ville, Abidjan s’élargie sans prendre du volume. Alors que le développement doit tenir compte des 3D, c’est-à-dire réduire les distances, limiter les difficultés et faire en sortes que la disponibilité des services soit de mise.

Réalisée par Hervé Koutouan




PATHE'O: "Nous devons nous battre pour créer quelque chose de propre à l’Afrique."

Publié le 19/11/2009 à 12:38 par francisyedan
PATHE'O: "Nous devons nous battre pour créer quelque chose de propre à  l’Afrique."
Kofi Anan, Alpha Oumar Konaré, Nelson Mandela, Nelson Mandela... ne tarissent pas d'éloges à son endroit. Styliste modeliste dans une rue de la capitale Abidjanaise Pathé Ouédraogo n'est pas tendre pas tendre avec sa corporation et les consommateurs africains. Entretien...


Comment êtes-vous arrivé la couture ?

Je suis arrivé à la couture par nécessité non pas par amour. Parce que je suis arrivé à Abidjan en 1969 à Treichville, je n’avais pas de parents. Je ne savais rien faire. Cela m’a emmené à ce qu’on appelle l’apprenti tailleur. Je suis allé à ce métier pour pouvoir avoir de quoi me nourrir, avoir un endroit où dormir.

Pendant combien de temps êtes-vous resté apprenti?

J’ai commencé par la couture homme qui m’a pris six années d’apprentissage et la couture dame cinq années.

De quelle année date votre premier atelier ?

C’était en 1977 à l’avenue 6 où j’ai fais mes premiers pas dans le métier. La couture contrairement à d’autres métiers est très complexe. Lorsque vous êtes formé et que vous dites que vous savez travailler, comment le démontrer aux gens. Cela nécessite forcément une période d’adaptation. J’ai fais six années d’adaptation. Il faut commencer par habiller les gens comme preuve que tu sais travailler. C’est de bouche à l’oreille que les gens vous découvrent. Ce n’est pas un coup de baguette magique comme la musique. La mode c’est petit à petit. C’est un métier qui demande du travail. L’adaptation c’est le temps pour faire ses preuves. Neuf, dix, onze années d’apprentissage ajoutées à six années d’adaptation. Il faut avoir formé des gens qui peuvent vous aider parce que, seul vous ne pouvez rien faire. Ensuite, avoir le matériel de travail. Ma première télévision je l’ai fais en 1985 avec Odette Soyet qui faisait une émission appelé « Akodi ».

Ce qui vous a permis d’être lauréat au concours « Ciseaux d’or » ?

C’était en 1987. J’étais le premier lauréat de ce concours. C’était organisé par Uniwax pour la promotion de son produit. J’ai été par la suite habilleur de Miss Côte d’Ivoire de 1988 à 1998. De Miss Cedeao également mais pendant des années un peu moins. J’ai fais l’étape de Bamako, de Lomé, de la diaspora de Paris...
Durant ces dix années quels ont été le temps forts de vos activités en dehors de Miss Côte d’Ivoire ?
Tous les temps étaient pour moi forts puisqu’avec le « Ciseaux d’or » c’était une étape qui a bouleversé mon parcours. Beaucoup de gens m’ont découvert alors que je n’avais beaucoup de possibilités. Ceux que j’avais formés n’étaient pas encore bien prêts. Je n’avais pas assez de matériels ; l’atelier était petit ; j’arrivais à peine à respecter les rendez-vous avec tout ce monde qui venait. C’était beaucoup de choses en même temps. Je n’avais pas la possibilité de dire non de peur de perdre les clients.

Combien de boutiques commercialisent les produits Parhé’O ?

Ma première boutique est de 1994 à Ouagadougou à l’hôtel Silmandé ; la seconde en 1994 à l’hôtel président de Yamoussoukro. Aujourd’hui, nous avons des boutiques, des dépôts vente, des représentations en Côte d’Ivoire, au Cameroun, en Angola, au Kenya, au Rwanda, au Mali, au Burkina Faso, au Togo, au Sénégal, au Gabon, en Guadeloupe…Ce n’est pas le boulot du couturier de faire cela. Le couturier c’est un fabriquant, un créateur. Il devait avoir des gens qui commercialisent ses produits. Jusque là, la mode africaine n’est pas quelque de très connue, de très organisée. Le créateur n’arrive pas à produire assez pour vendre ou du moins, on n’est pas assez organisé pour avoir des boutiques africaines un peu partout. Raison pour laquelle je suis obligé d’aller vers les gens. S’il avait bon nombre de personnes possédant des boutiques pour commercialiser nos produits, nous ne ferions que fabriquer. Et tout le monde serait obligé de consommer. Mais ce n’est pas le cas pour le moment parce qu’en Afrique vous n’avez pas de cible ; elle n’existe pas. Et elle est partout à la fois. Vous êtes donc obligé de créer beaucoup pour vous adresser à peu de consommateurs parce que toute l’Afrique a le visage tourné vers l’extérieur. C’est tt ce qui vient de l’extérieur que l’Afrique consomme. C’est ce qui inonde tous les marchés africains. Nous sommes donc obligés de courir à la recherche du client ou du moins être inaccessibles, parce que le fait d’habiller telle ou telle personnalité, est un frein à certaines personnes qui veulent venir nous voir. Nous nous adressons à tout le monde. Bien sûr que dans chaque maison de couture vous avez des privilégiés.

Vous n’avez pas de boutique en dehors de l’Afrique. Est-ce une promotion de la mode africaine?

Ce n’est pas pour faire la promotion de la mode africaine en africaine. Il n’y a pas une mode africaine. Il y a une mode tout court. Mais celle que nous faisons en Afrique n’est pas connue ; elle n’est pas consommée. Et nous n’avons pas la capacité de concurrencer l’Europe. Comment allons-nous aller vers l’Europe si nous n’arrivons pas à faire consommer ce que nous faisons aux africains. C’est un combat que d’aller vers les africains pour leur dire que ce qui est fait ici n’est pas de qualité moindre. C’est de même qualité sinon supérieur à ce qu’ils vont chercher ailleurs. Il y a de la bonne matière inexploitée en Afrique. Nous déboursons des fortunes pour nous habiller ailleurs sans cela n’est de retombées pour nos pays. En Afrique les gens pensent que la mode c’est uniquement le vêtement. La mode c’est la maroquinerie, le cosmétique, la parfumerie, les accessoires…. Ce sont des choses à créer. C’est une richesse qui dort en Afrique et qui est inexploitée. Voilà le combat. Nous pouvons nous organiser, produire pour que le monde vienne s’habiller en Afrique ou vienne chercher ce qui est en Afrique. On peut créer quelque chose qui n’existe qu’en Afrique. Pour aller vers l’Europe, il faut pouvoir sortir quelque chose de qualité qui soit unique pour l’Afrique. Les gens viendront obligatoirement en chercher. Pourquoi viennent-ils chercher les footballeurs africains ? Ce sont des produits africains.

Cela fait quoi d’habiller un chef d’Etat ?

Notre objectif n’est pas d’habiller uniquement les chefs d’Etat. Mais tout le monde. Si les chefs d’Etat acceptent de s’habiller chez nous c’est un honneur. C’est également pour nous donner un coup de mains et même un combat. Une conviction. Ils croient en nous sinon ils peuvent aller ailleurs. C’est un devoir pour nous de les habiller.
Pourquoi s’étonne-t-on qu’un africains habille des africains ?


Aujourd’hui peut-on parler de ligne de vêtement made in Pathé’O?

C’est visible. Chaque couturier doit s’identifier par rapport à sa ligne de vêtement. Aujourd’hui, le Pathé’O est reconnaissable partout. Mais cela n’a pas été facile. Je suis le plus copier en Afrique. Je ne crains pas parce que j’ai des produits spécifiques qu’on ne trouve nulle part.

40 années de carrières, quel bilan ?

Un bilan partiel parce qu’il faut continuer. Plus on avance, mieux on découvre ce qu’il y a à faire. Il faut toujours créer, faire plaisir au client qui donne l’impression de ne pas être assez satisfait. Nous ne sommes pas encore satisfaits de nos créations et donc nous continuons les recherches. Nous demeurons dans cette dynamique jusqu’à la fin. Nous allons mourir la paire de ciseaux en main.

Quelles sont les difficultés pour vous ?

Ce sont les difficultés de la vie. Il n’y a pas un seul secteur où il n’y a pas de difficultés. Aujourd’hui, il est question de crise en Afrique alors que l’Afrique vit la crise depuis longtemps. Il n’y a pas donc pas de crise. Le marché de la mode est inondé de produits venant de l’extérieur. Mais cela ne peut pas nous empêcher d’avancer si nous avons des idées créatives. Si on doit dormir parce que nos marchés st inondés cela veut dire qu’on est mort. Nous devons nous battre pour créer quelque chose de propre à l’Afrique.

Quel est le chiffre d’affaire de l’entreprise Pathé’O ?

Le couturier ce n’est pas quelqu’un qui compte des millions. Le couturier c’est quelqu’un qui ne meurt pas de fin. C’est quelqu’un qui a un métier et qui chaque jour, par ce métier, gagne sa vie ; essaie de satisfaire sa clientèle, de créer plus de beau afin de vivre des fruits ; quelqu’un qui essaie d’amener les autres à croire à ce métier ; à faire savoir aux gouvernants, que la mode c’est l’industrie de demain. Et lorsqu’on passera d’industrie, on pourra parler de millions de F CFA. Pour le moment, nous avons du monde à former, à nourrir et à éduquer surtout. Il faut que les gens sachent que tout viendra de nous même.

Réalisée par FRANCIS YEDAN

Tiacoh Thomas, 58 ANS, président de l’ANARIZ-CI

Publié le 29/10/2009 à 14:28 par francisyedan
Tiacoh Thomas, 58 ANS, président de l’ANARIZ-CI
On le surnomme Monsieur ‘‘riz’’

Il pense riz ; il vit le riz. Président de l’Association Nationale des Riziculteurs de Côte d’Ivoire (ANARIZ-CI) créée en août 2001, rien ne le prédestinait à une telle activité. Sinon une réaction d’orgueil à la suite d’une arnaque. Parce qu’il aime bien manger le riz, il s’est fait doubler par un commerçant. Pas de quoi en vouloir à Tiacoh Thomas, lui pour qui, il n’y a de richesse que l’homme et la nourriture. Normal lorsqu’on est issu d’une famille nombreuse. Son grand-père en avait 32, son père 22 et lui 15. Et dire qu’il faut bien nourrir tout ce bataillon. Ainsi donc le riz se présente comme la denrée la plus accessible ! De retour de France en 1986, entrepreneur chargé de l’étanchéité au Lycée scientifique de Yamoussoukro, il découvre le ‘‘nouveau riz’’ de Côte d’Ivoire. Mieux que le ‘‘Deni cachia*’’. Il peut alors s’en contenter. Adieu le riz importé ! Sa décision est prise : s’offrir les services d’un fournisseur afin d’en avoir suffisamment. 60 F CFA, le prix du kilogramme. Il lui remet 80.000 F CFA. L’année d’après, la demande est forte. Le véreux marchand reçoit 180.000 F CFA, l’équivalent de deux tonnes. C’est le moment de prendre la poudre d’escampette « En pleine période où il n’y avait plus de nouveau riz, le monsieur a disparu avec mon argent et tout mon stock de riz. Je me suis rendu compte que ma vie était liée à sa volonté», explique Tiacoh Thomas. Désemparé. Comme le dit le proverbe chinois, autant apprendre à pêcher… Et c’est le déclic… Assitôt, il se rend à l’IDESA à Bouaké pour s’initier et se familiariser à la riziculture. Pour ce faire, une visite guidée des parcelles de Sakassou, Grand-Lahou et Divo. La leçon est donc pigée. 50 kg de semence sur une superficie de moins d’un (01) hectare lui rapportent 5 tonnes de riz cette année de 1986. Il en consomme et en distribue. Aujourd’hui 140 hectares répartis sur les villes de Yamoussoukro, Grand-Bassam et Toumodi. Moisson abondante : 300 tonnes chaque année. Avec une si belle cagnotte, de quoi assurer la charge d’une soixantaine de travailleurs rémunérés. Au total, une expertise avérée avec un niveau de la classe de première. Sans commentaire. Tiacoh Thomas a foi en l’avenir du riz. « Notre pays peut devenir autre chose qu’importateur de riz.». Cet optimisme, il le place en la mécanisation de la production agricole. Laquelle mécanisation suscitera des vocations au niveau de la jeunesse. « Il faut qu’on propose à la jeunesse quelque chose qui cadre avec sa situation d’alphabétisée, de citadine. Cette jeunesse doit pouvoir aborder la riziculture comme un métier parce que les importations du riz coûtent à la Côte d’Ivoire 200 milliards F CFA. En Afrique de l’Ouest, c’est un (01) milliard de dollars de sortie de devises. Cela veut dire que si la Côte d’Ivoire produit du riz, nous pouvons approvisionner toute la sous-région. On ne peut pas imposer à ces jeunes les outils rudimentaires que sont la daba et la machette. Il faut que nous ayons de l’ambition moderne pour cette jeunesse en lui permettant de travailler avec la mécanisation », dixit Thomas Tiacoh. Et le problème foncier ? Eh oui ! Celui que certains appellent monsieur ‘’riz’’ estime qu’ « il y a trois moyens pour pouvoir bénéficier d’une parcelle. Soit on est propriétaire, soit on loue, soit on fait un contrat par bail. Ces formes obéissent au critère de travail que nos parents peuvent avoir. » Avec le riz, il y a une possibilité de faire deux récoltes dans l’année, renchérit le fermier. Oui ! Le riz nourrit son homme au sens propre du terme et en termes de revenus financiers. Et en faisant de la riziculture, l’on peut faire de la pisciculture dans le même environnement, de l’élevage de poulets…Tiacoh Thomas est donc un homme comblé dont la satisfaction est d’avoir fait germer le riz dans l’esprit des Ivoiriens. « Des gens se battent pour être Président de la République, moi, je veux que la Côte d’Ivoire soit auto-suffisante en riz. »

INTERVIEW

Combien de membres compte votre association?

Avant la crise de 2002, nous avions enregistré 42 délégués. Aujourd’hui, nous revendiquons 43 coopératives et tous les producteurs de riz se reconnaissent dans l’ANARIZ-CI. J’en veux, pour preuve, la stratégie de développement de la riziculture par la promotion du label riz Côte d’Ivoire que nous avions proposée et qui a été prise en compte dans le programme durable de relance de la riziculture adopté en juin 2008 par le conseil des ministres ; avec à la clé, le programme d’urgence pour un coup de 17 milliards F CFA. Ce programme vise à mettre à la disposition des producteurs, des intrants, le matériel de production et les unités de décorticage, des magasins, des pluviomètres, des tracteurs agricoles. Ce programme est en marche. Aujourd’hui, il est question d’aller au système de production intégrée. Production du riz, décorticage, mise en sac, vente. Le riz de Côte d’Ivoire n’est pas du caillou. Partout ailleurs, il y a des grains de cailloux dans les productions de riz parce que le riz se produit sur le sol et non dans l’espace. Je suis allé en Inde, je suis revenu avec des grains de cailloux dans le riz. En Chine, pareil.

Quel bilan peut-on faire des activités de l’ANARIZ-CI?

Notre action au niveau de l’ANARIZ-CI a porté. La volonté politique manquait en début d’exercice. Cette barrière est franchie. Nous allons résolument vers l’intensification de la riziculture. Et le Chef de l’Etat a pris l’engagement d’aller vers la mécanisation agricole et rizicole ; de mettre en place un fonds de développement de la production vivrière, le riz y compris. Le riz doit être extrait des produits vivriers. Le riz n’est plus de la production vivrière, c’est une production de rente. Il a un retour sur investissement ; il est coté en bourse et fait partie des échanges. C’est une activité rentable.

Quelles sont les perspectives pour l’ANARIZ-CI ?

Nous voulons très rapidement mettre sur le marché le riz Côte d’Ivoire. Dans un premier temps, nous allons le définir en label riz de Côte d’Ivoire dans des emballages propres avec le logo de l’ANARIZ-CI. Nous avons, en 2005, bâti la stratégie de développement du riz par la promotion du label riz de Côte d’Ivoire. Nous avons pensé qu’il faille, dans chaque département, donner le nom du riz à partir d’un fait culturel commun à la région. Par exemple à Toumodi, le ‘‘Rombo’’ ; à Bongouanou le ‘‘Moronou’’. Nous avons pensé qu’en faisant référence à ces faits culturels propres à chaque région, tout Ivoirien se reconnaîtra dans la production nationale de riz. Mais nous sommes à une phase de démarrage et nous risquons de choquer certains de nos confrères dans les zones où la production serait insuffisante. Nous voulons, d’abord, faire valoir le riz de Côte d’Ivoire et, dans une année, essayer de revenir sur le label propre à chaque région. De manière à ce que la traçabilité se fasse ; de manière à ce que la compétition soit ouverte au niveau de la qualité du riz.

Dans combien de temps pourrait-on avoir le riz de Côte d’Ivoire?

D’ici la fin de l’année. Le Chef de l’Etat a décidé de nous appuyer sur la collecte et la transformation. Nous avons des équipements qui vont être installés. Les unités de production sont certes de faibles capacités, mais elles sont modernes et peuvent nous permettre à l’état actuel de notre production, de valablement faire sortir ce riz.

Le riz Côte d’Ivoire pourra-t-il être compétitif?

On ne parle pas de concurrence. Le riz de Côte d’Ivoire a sa place. Les Ivoiriens aiment bien le ‘‘Nouveau riz’’ de Côte d’Ivoire. C’est du riz entier, du riz complet. C’est du riz fin sans aucun élément chimique de conservation. Ce riz est bon et nous sommes entre nous. Nous savons que les Ivoiriens veulent manger du bon riz à moindre coût.

Y a-t-il des échos favorables concernant les 10 milliards F CFA que l’ANARIZ-CI sollicite auprès de l’Etat afin de permettre à la Côte d’Ivoire de s’auto-suffire en riz?

Les problèmes de financement que nous abordons sont à la portée de la Côte d’Ivoire. L’Etat n’a certainement pas les moyens mais, il peut avoir des initiatives. Il faut que nous soyons déjà présents sur le marché avec le riz de Côte d’Ivoire. Nous apprécierons par la suite. Dix (10) milliards F CFA, ce n’est pas la mer à boire pour un pays comme la Côte d’Ivoire.

Crise alimentaire, ce terme mérite-t-il d’être employé en Côte d’Ivoire ?

Non ! C’est un terme qui ne doit pas être employé en Côte d’Ivoire parce que les 322 000 km2 sont des rizières, des champs d’ignames, de bananes, de maïs, des pâturages d’ovins et de bovins.

Les Ivoiriens sont-ils prêts à accueillir du riz made in Côte d’Ivoire?

Les Ivoiriens en réclament. Je les rassure. Le monde ne s’est pas fait en un seul jour. Nous sommes partis depuis 2001. Nous sommes en train de mettre du riz Côte d’Ivoire dans des sacs. Nous y arriverons.

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANCIS YEDAN

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR PRIVE : QUELLE CREDIBILITE ?

Publié le 08/09/2009 à 18:56 par francisyedan
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR PRIVE : QUELLE CREDIBILITE ?
La mise en évidence la plus forte de la débâcle des Universités publiques vient de l’incroyable explosion des Universités et Grandes écoles privées. Ces dernières répondent-elles aux attentes ? Notre enquête.


DE L'EVALUATION DES ETABLISSEMENTS D'ENSEIGNEMENTS SUPERIEURS PRIVES

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Cissé Ibrahima Bakongo, dès sa prise de fonction, a rencontré tous les acteurs de son département. Au cours des échanges, relève le Pr Abou Karamoko, Directeur de cabinet adjoint, président du comité de pilotage des évaluations des établissements supérieurs privés, «certains fondateurs, certains étudiants ont dénoncé la prolifération des établissements supérieurs privés et ont qualifié nombre d’entre eux, d’écoles boutiques.» Si l’Etat finance ces établissements, (Ndlr : A la date du 17 avril 2009, les arriérés de l’Etat de Côte d’Ivoire dus à ces structures tournaient autour de 35 milliards Fcfa et c’est une vingtaine de milliards qui est versée à ces établissements) il faut bien qu’en retour, la qualité de l’enseignement suive. Toute chose qui a amené le premier responsable de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire à faire non seulement des visites au sein de ces établissements et à décider après constat, de les évaluer. Une évaluation, pour signifier à chacun ce qui ne va pas, ce qu’il y a à faire et pour celles dont il a été déçu, il a décidé de les fermer le temps qu’elles respectent les normes. Objectif ? «Les amener à entrer dans le label qualité», précise le Directeur de cabinet adjoint. Selon lui, «l’Etat accorde aux établissements supérieurs privés une subvention d’équilibre. Ils ne doivent donc pas prendre cela pour argument pour faillir à leurs devoirs au motif qu’ils ont des arriérés». Sur 102 établissements évalués en 2006, 52 ont été jugés crédibles avec une moyenne supérieure ou égale à 10/20. A la deuxième édition, ce chiffre a évolué parce que des sanctions ont été prises à l’endroit des mauvais établissements. Les performances ont été améliorées à la troisième édition. Cette année, 162 Grandes écoles et 28 universités seront évaluées. «Nous serons heureux qu’il y ait plus d’écoles reconnues crédibles. D’une évaluation à l’autre, la performance est réelle. Il y a certains établissements élus crédibles qui ont amélioré leur rang d’une année à l’autre», indique le professeur de philosophie. Chaque année, la grille d’évaluation est revue en association avec les différents acteurs. L’évaluation consiste, premièrement, à un travail de terrain par les équipes d’inspection. Il y en a cinq, composées chacune de 10 membres. La Direction de l’Enseignement supérieur privé (DESPRIV), la Direction de l’Enseignement supérieur public (DESUP), la direction des examens et concours de l’enseignement supérieur (DECOES), l’association de parents d’élèves, le ministère de la Construction et de l’Urbanisme, l’Office national de la protection civile, le Syndicat des enseignants du privé supérieur, la Chambre de commerce et d’industrie, l’Association des étudiants et la Caisse nationale de Prévoyance sociale (CNPS). Ces équipes d’inspection procèdent à la visite des établissements en vue de la collecte de toutes les données utiles à leur évaluation. Ces données, une fois recueillies, seront mises à la disposition du comité de pilotage pour l’évaluation. Les membres du comité de pilotage de l’évaluation des Grandes écoles et universités privées sont au nombre de quinze. Un représentant de l’Union des grandes entreprises de Côte d’Ivoire (UGECI), de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), de l’Agence de gestion et de promotion de l’emploi (AGEPE), du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, des Universités privées. Quatre représentants de l’Association des fondateurs d’établissements supérieurs privés, trois représentants des Universités et des Grandes écoles publiques. Les axes de notation portent sur l’environnement et les infrastructures, les équipements, la gestion pédagogique, le rendement interne et externe, les rémunérations, les charges sociales, les charges fiscales, l’organisation institutionnelle et la gouvernance, le financement, la coopération nationale et internationale, le déroulement de la scolarité, l’organisation pédagogique, les ressources humaines, la vie des étudiants, les structures de recherche, les services à la communauté, l’assurance qualité. «La crédibilité du comité d’évaluation ne souffre d’aucune contestation. Dans la mesure où tout comme pour les équipes d’inspection, le comité de pilotage est hétérogène.» Soutient son président. Qui poursuit en indiquant que la première crédibilité, c’est d’abord la diversité des membres du comité et des équipes. Chacune des structures désigne son représentant. Le troisième critère, c’est qu’un membre de l’équipe d’inspection ne peut faire partie du comité de pilotage. Les évaluations se font dans l’anonymat. «Un fondateur peut être au comité de pilotage et noter son propre établissement sans le savoir», révèle le président du comité d’évaluation. Débutées le 5 mai dernier avec une révision de la grille d’évaluation et la fiche de notation, les inspections prendront fin ce mois de Juin, suivies de la proclamation des résultats en Août 2009. Pour le Pr Abou Karamoko, «la plupart des établissements supérieurs privés sont de qualité. Chaque année, le pourcentage s’améliore. En 2008, 60% de ces établissements étaient crédibles avec une moyenne allant jusqu’à 18/20.» L’évaluation sert d’avertissement et de prise de sanctions. Les établissements supérieurs privés ayant obtenu une note inférieure ou égale à 6 ont été fermés. Cette moyenne pourrait être revue à la hausse pour l’évaluation en cours. «Corriger les insuffisances, faire en sorte que tous les établissements privés de Côte d’Ivoire soient crédibles, des écoles de qualité, voilà ce vers quoi nous voulons tendre» conclut-il.

«LES FONDATEURS SONT MOBILISES LORSQU'IL S'AGIT DE RECLAMER DES PAIEMENTS»

«L’Etat ne donne pas les moyens aux fondateurs de former adéquatement. Les moyens viennent en retard. La formation est donc bâclée. L’Etat et les fondateurs ont leur part de responsabilités. Certains fondateurs même lorsque les moyens arrivent tournent le dos aux étudiants, à l’essentiel.» Dr Ali Komenan Kouassi, Directeur de Sup Management Côte d’Ivoire, ne mâche pas ses mots pour faire l’état des lieux au sein de l’Enseignement supérieur privé. Le mercantilisme de ses pairs est une réalité. Toutefois, indique-t-il, ces derniers sont des personnes conscientes qui se sont mises au service de l’Etat de Côte d’Ivoire pour l’aider dans son incapacité à poursuivre la politique de formation. «Ce sont des chefs d’entreprise qui ont besoin de réaliser des gains.» Par ailleurs, soutient-il, «les écoles boutiques existent. Le recrutement d’enseignants de bas niveau en vue de les rétribuer faiblement est un fait.» Il interpelle donc les autorités. «Le ministère doit faire en sorte que des professionnels soient aux commandes dans les établissements supérieurs privés.» Pour lui, l’enseignement supérieur privé est crédible avec tout de même des établissements de mauvaise qualité. «La crédibilité de ces établissements est réelle. Nous pouvons compter les écoles publiques qui existent. En dehors d’elles, tout est dévolu au privé. Nous avons la compétence et la qualité sur place. Organisons-nous pour que tout le monde rentre dans les rangs.» Mais beaucoup reste à faire selon lui en termes d’organisation des fondateurs et responsables de Grandes écoles et universités privées. «Les associations de fondateurs ne sont que des groupements d’intérêt. En général, les fondateurs sont mobilisés lorsqu’il s’agit de réclamer des paiements. Certains de nos collègues sont portés sur l’argent et oublient la déontologie du métier. C’est déplorable. La qualité, c’est une démarche. Ce n’est pas un effet ponctuel. La qualité ne se décrète pas, elle se conçoit. C’est un processus qui doit impliquer tous les acteurs. Nous devons nous orienter vers la qualité sur toute la chaîne de la formation pour que l’école ivoirienne puisse répondre aux attentes des entreprises, des parents d’élèves, des étudiants.» Aussi, ajoute-t-il, «le faible niveau des étudiants est dû à plusieurs facteurs. Les grèves répétées dans le milieu de l’éducation et la méthode de recrutement des enseignants du primaire. Pour être instituteur, le Cafop était un passage obligatoire. Avec le manque d’enseignants, la politique de recrutement est une politique de masse qui ne tient pas compte de la qualité du recrutement. Au primaire, la formation de base est bâclée. Les écoliers traînent des lacunes au secondaire puis au supérieur. Tout le monde est sur internet au lieu de lire. Avec les sms on ne sait plus écrire», déplore-t-il. «Des personnes de qualité doivent pouvoir être recrutées pour dispenser le savoir», propose-t-il. A cet effet, des autorisations d’enseigner sont en cours de délivrance par le ministère, ponctuées par un recensement. «Nous aurons désormais des enseignants qui ont le niveau dans nos universités et nos Grandes écoles» rassure-t-il. Au demeurant, conclut-il, «l’Enseignement supérieur privé (ESP) a répondu et continue de répondre aux objectifs de sa création mais, difficilement. Parce que les conditions dans lesquelles l’activité évolue sont difficiles. L’ESP joue et continue de jouer son rôle aux côtés de l’Etat de Côte d’Ivoire. Il est une chance pour cet Etat et l’a sauvé de beaucoup de désastres. L’ESP représente l’alternative à l’éducation des cadres de demain


Pr SALIOU TOURE: «L’enseignement supérieur privé apporte un complément nécessaire à la formation»

Le Pr. Saliou Touré, ancien ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur de Côte d’Ivoire, préside l’Université internationale de Grand-Bassam (UIGB). Il soutient que L’enseignement supérieur privé apporte un complément nécessaire à la formation» Et que «la formation doit déboucher nécessairement sur l’emploi et non pas former des futurs chômeurs.»


Monsieur le Ministre, l’enseignement supérieur privé est-il de qualité ?

En 1996, l’Etat s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas tout faire. Il a donc, à travers la loi de réforme de l’Enseignement supérieur, décidé de concéder une partie de ses droits régaliens en la matière au secteur privé. C’est ainsi qu’une loi a été prise pour permettre à des privés d’ouvrir des écoles d’enseignement supérieur mais à condition qu’elles soient de qualité. La plupart des établissements supérieurs privés sont de qualité parce qu’obéissant aux critères qui avaient été définis. Mais il faut reconnaître que malheureusement, tous n’ont pas la même qualité. Les enseignants qui y interviennent n’ont pas la même qualification de sorte que s’il y a de très bons établissements qui peuvent faire honneur à l’Etat ivoirien, malheureusement, il y en a d’autres dont la qualité laisse à désirer.


Comment interprétez-vous les motivations croissantes de faire ses études à l’extérieur ?


Depuis les années 1990, l’école ivoirienne connaît des difficultés. Il y a des grèves intempestives. Or les parents veulent que leurs enfants soient bien formés. Que les enfants aillent à l’école. Pour échapper à ce cycle infernal des grèves, beaucoup d’étudiants sont désireux d’aller faire leur étude à l’extérieur. Cela est dommageable parce que ça coûte beaucoup d’argent, les conditions d’adaptation dans ces pays sont difficiles. Les enfants sont confrontés à toutes sortes de problèmes. Drogues, racisme… Et lorsqu’ils sont bien intégrés, ils ne reviennent plus. Ce qui fait une perte pour notre pays.

Les écoles boutiques. Qu’est-ce-que cela vous inspire ?

Cela existe malheureusement. Des personnes font de l’éducation un gagne-pain. Elles ouvrent des écoles parce qu’elles espèrent que cela va leur rapporter de l’argent. Mais le côté pédagogique, le côté formation de qualité n’est pas leur affaire et cela est dommage. Toutefois, je crois que les différents ministres actuels font ce qu’ils peuvent pour mettre fin à cette situation. Le phénomène d’écoles boutiques prendra fin assez rapidement. Il y a un fondateur qui affirme que l’Etat ne donne pas les moyens aux fondateurs de former adéquatement.

Quel commentaire faites-vous ?

Quand on décide d’ouvrir un établissement, il ne faut pas attendre que ce soit l’Etat qui vienne faire le travail à votre place. L’Etat concède sa prérogative de formation des jeunes Ivoiriens. Mais il ne faut pas que les fondateurs attendent que l’Etat leur donne des subventions. Il ne faut pas attendre que ce soit l’Etat qui vous fournisse des étudiants et qui paie. Chacun doit se débrouiller par lui-même pour avoir ses propres étudiants. Je crois que c’est cela l’éthique et pas l’inverse.

Que pensez-vous du manque d’adéquation formation-emploi, du faible niveau des enseignants et du déficit pédagogique au sein du supérieur privé ?

Il faut reconnaître que beaucoup d’établissements ouvrent des filières dont on sait pertinemment qu’il n’y a pas de débouchés. Ils espèrent avoir des étudiants qui feront rentrer de l’argent. Ce n’est pas normal. Quand on fait de la formation, c’est pour pouvoir mettre des cadres bien formés à la disposition du pays. On ne doit pas faire de la formation pour la formation. La formation doit déboucher nécessairement sur l’emploi et non pas former des futurs chômeurs. C’est une attitude que certains chefs d’établissement devraient abandonner. Certains enseignants, effectivement, ont un niveau qui n’est pas très haut mais ils sont en petit nombre. Beaucoup d’enseignants du privé ont de très hauts niveaux parce que ce sont des enseignants des universités et des Grandes écoles publiques. La plupart des personnes qui interviennent dans les établissements supérieurs privés sont des cadres de l’Etat. Les ministres actuels ont mis des barrières. Avant qu’un chef d’établissement privé puisse recruter un enseignant, il doit montrer le dossier au ministère. C’est le ministère qui décide en fin de compte. Même si cela existe encore, cette situation est en train de prendre fin.

L’enseignement supérieur privé joue-t-il son rôle ?

L’enseignement supérieur privé joue son rôle parce que c’est un appoint important aux actions multiformes de l’Etat dans le domaine de l’éducation et de la formation. Il y a 35 000 nouveaux bacheliers or nous ne disposons que de quelques universités et Grandes écoles publiques. L’enseignement supérieur privé apporte un complément nécessaire à la formation.

L’agrément du CAMES est-il un gage de crédibilité pour les établissements d’enseignement supérieur?

Quand quelqu’un est promu au CAMES, c’est qu’il a le niveau scientifique nécessaire. La sélection par le CAMES assure la qualité et le bon niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche dans les pays francophones d’Afrique. Pour que les Grandes écoles et universités privées soient de qualité comparable à ce qui se passe dans le public, les Etats ont demandé qu’elles se présentent au CAMES pour une certaine crédibilité. Ce n’est pas le CAMES qui l’exige. Il est vrai que le CAMES est une référence dans l’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche en Afrique noire francophone mais, certains établissements de qualité n’ont pas besoin de la reconnaissance du CAMES. Il y en a beaucoup ici comme ailleurs. Pour le moment, à l’UIGB, nous n’avons pas besoin du CAMES. Les Américains reconnaissent la qualité de nos enseignements. On ne peut pas dire que parce nous n’allons pas au CAMES, nous n’avons pas la qualité. Il en est de même pour d’autres établissements.



FONDS DE SOUTIEN ET DE DEVELOPPEMENT DE LA PRESSE: QUI EST ELIGIBLE?

Publié le 09/07/2009 à 22:53 par francisyedan
Conformément à la loi 2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse et au Décret n°2007-677 du 28 décembre 2007 déterminant ses attributions, son organisation et son fonctionnement, le Fonds de Soutien et de Développement de la Presse (FSDP) informe les entreprises de presse ou de communication audiovisuelle ainsi que les organisations professionnelles du secteur que celles-ci devront remplir les conditions ciaprès, pour bénéficier de ses prestations :

ENTREPRISES PRIVEES IVOIRIENNES DE PRESSE OU DE COMMUNICATION AUDIOVISUELLE

CONDITIONS D'ACCES

Les entreprises de presse écrite ou de communication audiovisuelle doivent remplir les conditions définies ci-après
pour avoir accès au bénéfice du Fonds de Soutien et de Développement de la Presse en abrégé F.S.D.P :
l Etre régulièrement constituées en entreprise de presse écrite ou de communication audiovisuelle au moment de
la requête ;
l Avoir une équipe rédactionnelle composée en majorité de journalistes professionnels conformément à l'article
16 de la loi portant régime juridique de la Presse ;
l Faire assurer la responsabilité de la rédaction des informations locales par un journaliste professionnel,
conformément à l'article 84 de la loi portant régime juridique de la communication audiovisuelle, dans l'hypothèse
où l'entreprise de communication diffuse de l'information ;
l Fournir un document délivré par le Conseil National de la Communication Audiovisuelle, en abrégé CNCA, pour les entreprises audiovisuelles attestant qu'au moins 20% de leurs programmes sont consacrés aux productions
nationales ;
l Etre immatriculés à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, en abrégé CNPS ;
l Déclarer son personnel à la CNPS ;
l Etre à jour de ses cotisations sociales, l'attestation de la CNPS faisant foi ;
l Faire la preuve de sa déclaration fiscale d'existence ;
l Produire les bilans des deux derniers exercices ;
l Appliquer les dispositions de la convention collective interprofessionnelle, annexe des journalistes et Professionnels
de la communication ;
l Respecter l'éthique et la déontologie ;
l Fournir un document délivré par le Conseil National de la Presse, en abrégé CNP attestant d'une vente
moyenne de 2000 exemplaires par jour pour les quotidiens et 3000 exemplaires pour les hebdomadaires, mensuels et trimestriels ;
l Consacrer au moins 75% de sa surface à l'information politique, économique, sociale, culturelle ou sportive ;
l Ne pas avoir fait l'objet de sanctions de deuxième degré de la part des instances de régulation pendant l'année
de la requête ;
l Etre habituellement offert au public à un prix marqué, à la vente ou à l'abonnement ;
l Mentionner le tirage de chaque publication dans l'ours qui est un encadré où doivent figurer sur chaque exemplaire d'un journal, les noms du Directeur de la Publication, des principaux rédacteurs et de l'imprimeur ;
l Accepter le contrôle des fonds alloués par le FSDP au terme de l'exécution du projet ou de l'activité.

PROCEDURE D'OCTROI

Demande d'accès au fonds

Les entreprises de presse ou de communication audiovisuelle et les organisations professionnelles désireuses d'accéder au fonds doivent en faire la demande au Conseil de Gestion.

Pièces à fournir par les entreprises

Le dossier de demande d'accès au fonds fourni par l'entreprise de presse ou de communication audiovisuelle comprend les pièces suivantes :

l Un formulaire de demande dûment rempli et adressé au Président du Conseil ;
l Un extrait certifié conforme de l'acte constitutif de l'entreprise de presse ou de communication audiovisuelle ;
l Une copie du récépissé de la déclaration de publication ;
l Un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois mois du responsable de l'entreprise de presse ou de
communication audiovisuelle ;
l Une copie certifiée de la déclaration fiscale d'existence ;
l Une attestation d'immatriculation à la CNPS ;
l Un justificatif du lieu de domicile de l'entreprise ;
l Un descriptif du projet à financer avec une mise en relief de l'impact sur le développement de l'entreprise ;
l Un engagement sur l'honneur à n'utiliser l'aide octroyée qu'au profit des activités de l'entreprise de presse ou
de communication audiovisuelle ;
l Un engagement à produire un compte rendu d'exécution et à accepter toute vérification souhaitée par le
Conseil de Gestion du FSDP.

ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES

CONDITIONS D'ACCES
l Etre régulièrement constituées ;
l Avoir un compte bancaire ;
l Organiser régulièrement des activités d'intérêt corporatiste ou général en rapport avec le développement de la presse ;
l Avoir un siège social, une adresse postale et géographique ;
l Avoir un programme d'activités régulier ;
l Accepter le contrôle des fonds alloués par le FSDP.

PROCEDURE D'OCTROI

Pièces à fournir par les organisations professionnelles Le dossier de demande d'accès au fonds fourni par les
organisations professionnelles comprend les pièces suivantes :

l Un formulaire de demande dûment rempli et adressé au Président du Conseil ;
l Les statuts et le règlement intérieur ;
l Le récépissé de déclaration fourni par le Ministère de l'Intérieur ;
l Le programme d'activités ;
l Un engagement à produire un compte rendu d'exécution et à accepter toute vérification souhaitée par le Conseil de Gestion du FSDP.


Récépissé de dépôt : Lorsque le dossier de demande d'accès au bénéfice du FSDP est complet, la Direction Exécutive délivre un récépissé de dépôt au postulant.

Examen des requêtes: Le FSDP organise trois sessions annuelles pour l'examen des requêtes. Les conclusions des délibérations du Conseil de Gestion emportant octroi des fonds sont rendues publiques par le Directeur exécutif du FSDP.

Vérification des conditions d'éligibilité : Le Conseil de Gestion du FSDP vérifie l'éligibilité et décide de l'octroi du fonds aux entreprises de presse, de communication audiovisuelle et aux organisations professionnelles de la presse.

EXPOSITION : LA SUISSE SE PRESENTE AUX IVOIRIENS

Publié le 09/07/2009 à 22:00 par francisyedan
EXPOSITION : LA SUISSE SE PRESENTE AUX IVOIRIENS


La civilisation suisse, la Suisse primitive…est sur les cimaises du Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire depuis le 03 juillet. Ce jusqu’au 15 août 2009.

Faire connaitre aux populations africaines le patrimoine européen et faire prendre conscience qu’au-delà des distances géographiques et chronologiques, des similitudes existent entre les civilisations, que les différences culturelles sont parfois moins importantes qu’on ne le pense habituellement. Tel est l’intérêt de l’exposition d’objets archéologiques des stations lacustres préhistoriques du lac de Neuchâtel en Suisse et des maquettes représentant la vie néolithique et protohistorique de certains peuples Suisses et européens, au Musée des civilisations de Côte d’Ivoire (Mcci). D’où le thème « un peu plus lointain, un peu plus proche ».
« Puisque les musées suisses se plaisent à monter l’Afrique, procédons alors à des échanges culturels entre les deux pays ! Inversons le processus : que les Africains montrent également des collections et les coutumes des Européens. Connaître ses racines et défendre son identité est essentiel, connaître les autres est tout aussi important », a affirmé Dr Denis Ramseyer, conservateur adjoint au Musée du Laténium (Suisse). Aussi, fait-il savoir, « certains masques du Lötschental (qu’on appelle chez nous « Tchäggätä ») rappellent même certains masques de Côte d’Ivoire. »
Un autre volet de cette exposition, selon lui, évoque des recherches qui révèlent que « la fabrication de poterie, en Afrique occidentale, existait plusieurs millénaires avant la Suisse et que les forgerons africains produisaient des objets en fer avant que la technique ne soit connue des Européens. »
Au surplus, a-t-il ajouté, « cette exposition a pour objectif le rapprochement des peuples, faire prendre conscience aux Africains de la valeur de leurs traditions et de leur savoir-faire et les sensibiliser sur la disparition de leur patrimoine. Ivoiriens conserver vos masques et votre artisanat, conservez vos traditions ! Trop de pays perdent leur âme et leur identité ! »
SEM Dominik Langenbacher, Ambassadeur de la Suisse en Côte d’Ivoire, a renchéri en indiquant qu’« en Suisse tout comme en Côte d’Ivoire et dans l’Afrique entière, le passé et la tradition ne sont pas si lointains qu’on le croit ou le perçoit. » Par ailleurs, a-t-il fait remarquer, « cette exposition enseigne que les fondements de la culture suisse, florissante dans sa modernité, sont les mêmes que ceux de la vie moderne africaine qui fleurit petitement.»
Raison pour laquelle, s’est interrogée Silvie Kassi Memel directrice du MCCI « Comment la Suisse, d’hier, au passé presque identique à celui de la Côte d’Ivoire, a-t-elle fait pour devenir aujourd’hui la Suisse des montres, des banques, de la stabilité économique, de l’industrialisation poussée, la Suisse de la Paix ? »
En outre, elle a rappelé que ce projet s’inscrit dans la nouvelle exposition thématique « identité et brassage des cultures » en vigueur depuis 2006 au MCCI.
Le choix d’objets archéologiques, selon Dr Kiénon-Kaboré Chef de Département d’Archéologie de l’Institut des Sciences Anthropologiques de Développement (ISAD) de l’Université de Cocody (Abidjan), parce que l’archéologie permet de reconstituer l’histoire et la culture de l’humanité depuis la préhistoire. Seul moyen de connaître le mode de vie des civilisations qui se sont succédé.
Toutefois, a-t-elle tiré la sonnette d’alarme : « cette exposition est une occasion pour la Côte d’Ivoire de relancer le débat sur son patrimoine archéologique en danger, pillé sur toute l’étendue du territoire. A cet effet, une collaboration scientifique entre chercheurs suisses et ivoiriens est en cours. » Cette exposition est une idée de Lassina Millogo, Conservateur au Musée du Houet de Bobo-Dioulasso, proposée au Laténium Parcs et musée d’archéologie de Neuchâtel en Suisse. Le MCCI en est la troisième étape.

LE PAGNE HOLLANDAIS EN VEDETTE AU MUSEE DES CIVILISATIONS DE COTE D’IVOIRE

Publié le 11/06/2009 à 21:52 par francisyedan
LE PAGNE HOLLANDAIS EN VEDETTE AU MUSEE DES CIVILISATIONS DE COTE D’IVOIRE
Depuis le 10 juin 2009, VLISCO et Uniwax organisent une exposition sur le pagne au Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire.

L’histoire du pagne hollandais est sous les projecteurs au Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire (MCCI) jusqu’au 10 juillet. Les quatre décennies de présence d’Uniwax en terre ivoirienne sont relatées par le biais d’une exposition qui a ouvert ses portes le mercredi 10 juin dernier. Pour Simone Ehivet Gbagbo, Première dame, « la Côte d’Ivoire et même l’Afrique se sont identifiées au pagne. Aujourd’hui, ce qui caractérise l’Africain en matière de vêtement c’est le pagne. Le pagne est devenu le tissu de l’Afrique, le produit qui caractérise l’Afrique. » Toute chose qui selon elle, justifie l’intérêt que porte le MCCI au pagne. Aussi, a-t-elle demandé un front commun de lutte contre la contrefaçon avant d’ajouter et de conclure que « l’ivoirienne est encore plus belle quand elle est habillée en pagne ; vive le pagne, vive la femme ivoirienne qui porte le pagne ». Le Ministre la Culture et de la Francophonie, Augustin Comoé qui lui a précédé a souligné que « l’histoire du pagne Uniwax se confond avec celle de la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire a beaucoup à montrer au monde. Nous avons perdu la bataille technologique, nous ne devons pas perdre la bataille culturelle. » Le PDG d’Uniwax l’a rejoint en ces termes : « l’histoire du wax c’est surtout l’histoire de Vlisco depuis quatre décennies. C’est aussi l’histoire des ivoiriens. Toute l’histoire des pagnes est très liée à l’histoire de l’Afrique. » Et la Directrice du MCCI, Silvie Kassy Memel de renchérir « dans l’évaluation des stratégies de développement économique, social et politique d’une nation, il est apparu clairement que la dimension culturelle est perçue comme un important facteur de développement et d’accroissement de ressources. » Toute l’histoire industrielle des entreprises néerlandaises de textile depuis le XVIIème, de l’imitation du batik au wax hollandais moderne et son lien avec l’Afrique est contée à travers cette exposition qui également présente le travail d’Uniwax en Côte d’Ivoire.

Francis Yedan

Nos banques nous veulent-elles du bien ?

Publié le 20/05/2009 à 17:24 par francisyedan
Nos banques nous veulent-elles du bien ?
Des clients lassés de payer cher des services inutiles et des produits peu efficaces. Choqués par l’inefficacité des banques, les ivoiriens font le procès du système. Peut-on faire confiance aux banques ?

AVIDITE, CREATIVITE TARIFAIRE…, LES MAUX DES BANQUES IVOIRIENNES.

Ils sont stigmatisés de toutes parts. Jamais l’impopularité des banquiers n’a atteint un tel degré. Les éternels mal aimés sont au banc des accusés. Sa fille a été hospitalisée dans l’un des Centres hospitaliers universitaires d’Abidjan Il est 1 heure du matin. Salomon Ado Gabin se rend au guichet automatique le plus proche. Il est hors d’usage. Il faut se rendre au siège de cette banque pour être sûr d’obtenir de la liquidité. «Sur 100 fois que je vais au guichet de Cocody, 95 fois il est hors d’usage», assène-t-il. Les désagréments avec les banques sont légion. Il s’est rendu une fois à sa banque pour un retrait. Grande fut sa surprise. Son compte n’était pas suffisamment approvisionné. Son dû a été octroyé par erreur sur un compte tiers. Cela rentrerait dans l’ordre dans une semaine, a répondu le conseiller client. Mais, Ado Gabin avait une urgence. Que faire ? Déconcerté, troublé, il n’a eu pour seul recours que l’emprunt auprès d’un ami. Accusés, levez-vous ! Si la confiance n’est pas rompue, elle est largement entamée. Les déposants, ne manquent pas de pourfendre ces banques qui n’hésitent pas à leur prélever d’interminables frais, de fustiger ces banquiers qui se sucrent confortablement. Mauvaise qualité des services C’est un parcours du combattant que d’obtenir une carte bancaire. Les longues files d’attente restent le seul recours pour les opérations. C’est le malaise au guichet. Impossible d’éviter les rangs interminables. Ils sont nombreux, les clients disposant de cartes magnétiques. Malheureusement, les pannes des distributeurs automatiques de billets (DAB) sont récurrentes. «Nous profitions de la proximité de nos bureaux avec les agences environnantes. Mais il se trouve que les Dab de ces dites agences sont de façon régulière hors d’usage. Il faut donc parcourir une distance assez longue pour se rendre au siège et être préparé à passer des heures interminables d’attente», indique Essan Ebrin. Les prix des services bancaires à la carte ne cessent de connaître une hausse. A l’opposé, impossible de disposer de Dab fonctionnels. A défaut, c’est le manque de liquidité dans le distributeur. «Pourquoi nous prélève-t-on des frais pour les cartes si nous ne pouvons pas les utiliser? Quel dédommagement pour celui qui n’arrive pas à utiliser sa carte tout le long du mois, alors qu’il sera prélevé ?» renchérit Zounemey Pegrand Fabrice. L’utilisation de ces «gadgets» laisse à désirer. Le paroxysme de l’émotion est alors atteint lorsque le manque de courtoisie des agents est décrié. Et Claude Kouassi de relever le déficit de communication ou d’information entre la banque et le client. «Les banquiers ne prennent plus le temps d’écouter leurs clients. On préfère qu’on s’adresse au serveur vocal de l’ordinateur ou au distributeur automatique.»Des services facturés. D’où l’invention de nouveaux frais.

Inventivité tarifaire

La créativité des banquiers n’a guère diminué lorsqu’il s’agit de facturer. Votre argent les intéresse, c’est le coeur du métier. Egoïsme, cupidité, appât du gain. Traditionnellement, ils ont pour rôle de faire circuler l’argent pour financer l’économie en réalisant au passage leur profit. Mais ces dernières années, ils se sont consacrés à la construction d’instruments financiers dont le seul objectif était de faire du profit sans même porter attention aux clients. «Nous n’arrivons pas à comprendre les différents mouvements sur nos comptes. Lorsqu’un montant est laissé sur le compte, plusieurs mois après, nous constatons que le compte a été fortement débité sans explication préalable ni concertation. Ce qui fait qu’on préfère vider le compte au risque de se voir dépouiller», déplore Marcel Bilé. Outre le jeu classique sur les taux d’intérêts, les banques démontrent leur mercantilisme avec des pratiques tarifaires exorbitantes, le gonflement abusif de la facture des forfaits, des prélèvements pour frais de relevé de compte d’épargne. «Est-ce normal qu’on paie des frais de tenue de compte pour un compte épargne ?» s’offusque Hili Konan. La tendance est d’élargir sans cesse l’offre proposée au guichet. Le Cardinal Bernard Agré (Cardinal de Côte d’Ivoire), dans son discours prononcé, lors du congrès organisé à Rome par le Conseil pontifical Justice et Paix sur le développement économique et social en Afrique, qui a eu lieu les 21 et 22 mai 2004, a dénoncé les obstacles qui jonchent l’accès aux banques. «(…) Les développeurs africains se heurtent le plus souvent à un système bancaire qui constitue un barrage infranchissable. (…) Mais comment peuvent-ils avoir accès aux crédits qui sont partout dans le monde un levier important de l’entreprise et du développement? Il faut aussi noter que les taux pratiqués en Côte d’Ivoire sont fort élevés. On ne prête pas à moins de 17, voire 20 % du capital. Qui peut faire face à de tels taux qui font que le capital double tous les cinq ans? Il est à noter aussi que les banques ne prennent très souvent aucun risque car avant de prêter, elles exigent de telles garanties que celles-ci couvrent déjà le capital emprunté», a-t-il relevé. Toutes choses qui devraient militer en faveur de procédures simples. Par contre, il faudra s’attendre à un arsenal de conditions, aussi superfétatoires qu’irréalistes. Par exemple, des photocopies à n’en point finir, des retraits de certains montants qui nécessitent qu’on informe au préalable la banque au risque d’être éconduit pour insuffisance de liquidité. «Elles sont exigeantes sur les pièces d’identité à fournir pour les retraits alors qu’il n’existe pratiquement pas de réelles pièces d’identité depuis plus de dix ans.» Martèle Jacob Bleu. Frustré, poursuit-il, «Les banques obligent souvent leurs clients à souscrire à des assurances ou produits avant de bénéficier de certains droits de leur part. Cela ressemble fort bien à une sorte d’escroquerie déguisée. Que nous apportent réellement les banques en Côte d’Ivoire? Elles n’ont pas le droit d’exister, si elles sont de mauvaises intermédiaires entre notre propre argent et nous.» Les déposants se demandent si leur argent est en sécurité sur leur compte en banque. Des comptes auraient été pompés avec l’onction des gestionnaires et des décideurs des banques. Quant aux avances sur salaire (Avs), c’est le comble. Pour une Avs, la banque exige des frais alors que selon Diarrasouba Abdoulaye, «c’est mon argent que j’ai retiré.» Les usagers reprochent aux banquiers le manque de fiabilité et de transparence tarifaire. En France, la loi impose depuis le mois de Janvier 2009 que les clients reçoivent le récapitulatif des frais bancaires de l’année écoulée. «Les déposants savent désormais qu’on leur siphonne le compte et ils grognent», souligne, le Président de l’Association française des usagers de banques (AFUB). Si une majorité de déposants se déclare prête à aller voir ailleurs, sur le terrain, il est plus difficile de changer d’établissement. La plupart du temps, les clients découvrent au moment de quitter leur banque des clauses de pénalité inimaginables. Comme partout, le divorce a un coût et la solution idéale pour quitter sa banque n’existe pas encore. Alors, comme le suggère le patron de l’Association d’aide contre les abus bancaires (Aacab) de France, mieux vaut d’abord vider discrètement ses livrets d’épargne avant de clôturer son compte courant. Ou, ouvrir un second compte dans une autre banque et laisser dormir son compte initial. Sauf que, dans ce cas, certaines banques ont aussi trouvé la parade en facturant les comptes dormants ! Autant le client soutient la banque en y domiciliant son compte, autant la banque se doit d’être à ses côtés. Un partenariat gagnant- gagnant s’impose donc.


ET POURTANT LE SYSTEME N’EST PAS EN MANQUE DE DIRIGEANTS

Qui dirige nos banques ? Parcours des patrons de banques en Côte d’Ivoire.

Brillants, ils sont généralement sortis des meilleures écoles. Avec une Maîtrise en droit des affaires, un DESS en finance et Banque à l’Université de Rennes (France) et un diplôme d’Études supérieures obtenu à l’Institut Technique de Banque internationale (ITB), Martin Djedjess Essoh dirige la Banque Internationale pour l’Afrique Occidentale (BIAO -CI) depuis 2007. Ce, après avoir été à la tête de Ecobank pendant trois années. A la BICICI, l’actuel Directeur est le Français Jean François FICHAU X. En quittant le navire Ecobank, Martin Djedjess a passé la main à Charles Daboiko qui a respectivement servi Ecobank Niger (2006-2007), puis Ecobank Mali. Seule parmi les hommes, Lala Moulaye dirige la Bank of Africa-Côte d’Ivoire (BOA -CI) depuis le 1er février 2007. Responsable du service étranger en 2000 dès son entrée au sein de la banque, elle est promue directrice des Opérations et du Développement (2001-2006), puis DGA, avant sa nomination. Elle a précédemment exercé à la Belgolaise et à Citibank Niger. La Compagnie bancaire de l’Atlantique Côte d’Ivoire (Cocabi) et la Banque atlantique Côte d’Ivoire (Baci) ont fusionné depuis Janvier 2008 sous l’appellation de Banque Atlantique Côte d’Ivoire. Souleymane Diarrasouba, anciennement Directeur général de la Baci, a conservé son poste pour cette nouvelle entité. A la Banque de l’Habitat de Côte d’Ivoire (BHCI ), c’est Souleymane Dogoni qui est aux commandes tandis que Bruce Kouyo, depuis 2008, est le patron de la Banque pour le Financement de l’Agriculture (BFA). Jérôme Victor Nembelessini Silué, membre du comité directeur d’Afreximbank est le PDG de la Banque Nationale d’Investissement (BNI ) depuis sa création. Jean-Pierre Carpentier, Bernard Labadens, Jacques De Vignaud sont les trois autres Français du système bancaire ivoirien. Ils sont respectivement dirigeants de la Bridge Bankgroup depuis 2008, la Société Générale de Banques en Côte d’Ivoire (SGBCI) et la Société Ivoirienne de Banques (SIB). La Citibank-CI, la Standard Chartered Bank Côte d’Ivoire, la Banque Régionale de solidarité (BRS) et la COFIPA investment Bank Côte d’Ivoire sont respectivement pilotées par Ali Jamal Hussein, Serge Bailly, Coulibaly Tiornan et Guy Koizan. Jean-Claude N’da Ametchi assure les fonctions de Directeur Général de Versus Bank (Ndlr : rachetée par l’Etat de Côte d’Ivoire), aux côtés du nouveau Conseil d’administration présidé par Oussou Kouassi, Directeur général de l’Economie. Depuis 2008 le Sénégalais Amadou Ly assure la direction de Omnifinance suite à la prise de participation d’Accès Bank au sein de cette banque, à hauteur de 88%. Faisant passer le capital de 3 milliards à 10 milliards FCFA . Outre Acces Bank, la première banque en Afrique de l’Ouest à faire son entrée sur le marché ivoirien, la United Bank For Africa (UBA), a pour Directeur général Fogan SOSSAH, directeur Général pour les pays de l’UEMOA et pour Président en Côte d’Ivoire Jean-Louis Billon. Avec plus 800 agences, elle a un capital de plus de 5 milliards de dollars. La dernière née des banques est la Crystal Bank Corporation (CBC). Elle a pour promoteurs l’homme d’affaires, Abdoulaye Diallo, ex-chargé des affaires privées du président Houphouët Boigny, Kablan Yao Sahi, ex-directeur national de la BCEAO depuis 2008 et Moussa Hassan Koné, un banquier qui a exercé aux Usa à la Chase Manhattan Bank et Bank of America. La CBC est dotée d’un capital initial d 5 milliards de F CFA. Il sera porté à 10 milliards de FCFA avant la fin de 2010 pour se conformer aux directives de la BCEAO.

«La banque rend service»

Malgré les imperfections, les banques rendent service, soutient Dr Ali Kouassi Komenan, enseignant chercheur en finance et management à l’Université de Cocody.

Le système bancaire semble être infranchissable, il prête moins et à des taux insoutenables. Quelles explications ?

Chaque banque définit sa marge à partir du taux directeur fixé par la BCEAO. Elle cherche à faire du profit. Quel que soit le pays, tout le monde ne peut pas avoir accès à une banque. Pour résoudre ce problème, il y a le micro crédit ou la micro-finance qui a un système plus souple et qui est beaucoup plus proche de la population. La lourdeur administrative dans les banques donne l’impression qu’il y a une barrière. Les gens trouvent donc en cela des blocages. Mais la banque ne peut pas se permettre de distribuer l’argent sans un minimum de précautions. S’il y a moins de gens solvables, la banque va prêter moins.

La banque s’intéresse-t-elle plus au profit qu’au client ?

Nous manquons souvent d’informations et de formation. Combien d’Ivoiriens savent lire un relevé bancaire? Combien d’Ivoiriens posent des questions lorsqu’ils vont ouvrir un compte ? Tout le problème relève de la culture financière. En Côte d’Ivoire, tout individu qui se sent lésé, peut saisir la commission bancaire de l’UEMOA. Raison pour laquelle, il est fait obligation aux banques d’afficher leur taux, leurs services. Si vous constatez qu’il y a un écart entre ce qui est dit et ce qui se pratique, vous avez le droit de vous plaindre à la banque et auprès de la commission. Vous déposez votre argent à la banque, il est en sécurité. La banque rend service. Mais un service fait de contreparties. Il faut comprendre à chaque activité ou prestation de la banque quelles sont les contreparties que, moi client, je dois rendre à la banque.

Doit-on faire payer les cartes bancaires alors que les guichets automatiques sont le plus souvent défectueux ?

Effectivement, lorsque vous n’êtes pas véhiculé, c’est un peu plus grave. Vous risquez de parcourir trois à quatre guichets qui n’ont pas de liquidité. La monétique va permettre aux clients des banques d’être beaucoup plus à l’aise. Et aux banques d’être beaucoup plus performantes. Elles doivent faire de bons investissements parce qu’aujourd’hui, toute la technologie existe pour que la population souffre moins. C’est une opportunité pour améliorer les relations entre les clients et la banque.

Comment expliquez-vous les prélèvements sur les comptes épargnes ?

Chaque banque peut créer des services tout en restant dans un cadre bien formel. Une banque peut donc décider de faire des prélèvements forfaitaires sur un compte épargne. En Côte d’Ivoire, il y a des agios à payer sur le compte courant alors qu’il est rémunéré en France. Pour remédier à ses désagréments, il faut qu’il y ait une bonne société civile éveillée qui lutte pour les intérêts des consommateurs.


Faut-il revoir les règles de l’UEMOA ?

C’est beaucoup plus un problème de culture financière que de défaillance du système bancaire.

Peut-on faire confiance aux banques ?

Les banques professionnelles doivent mériter notre confiance. De manière générale, les banques rendent service à la population ivoirienne. Les banques ont permis au secteur économique de tenir avec la crise qu’a connue la Côte d’Ivoire. Une banque ne peut pas investir dans l’insécurité. Cela peut donner l’impression qu’elle ne prête pas ou n’investi pas.

Dossier réalisé par francis Yedan

Philippe Egoumé: Nous allons décaisser 565 millions de dollars...

Publié le 20/05/2009 à 15:33 par francisyedan
Philippe Egoumé: Nous allons décaisser 565 millions de dollars...
Philippe Egoumé, Représentant résident du FMI en Côte d’Ivoire


Deux années avant son arrivée en Côte d’Ivoire, il n’y avait plus de représentant de son institution. Tous les programmes avaient été interrompus. Depuis Juillet 2008, Philippe Egoumé Bossogo, Représentant résident du Fonds Monétaire International (FMI) est là. Et les choses ont bougé. La coopération a repris.

Monsieur le représentant, quel est le point des relations entre la Côte d’Ivoire et le FMI ?

Depuis Août 2007, nous avons mis sur pied un programme d’appui au gouvernement de Côte d’Ivoire dans le cadre de l’appui d’urgence post-conflit (AUPC). Avec ce programme, l’idée était d’aider la Côte d’Ivoire à repartir puisque le pays a connu une crise. Après pratiquement deux ans de mise en œuvre, ce programme sera remplacé par un programme appuyé par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) qui matérialise en quelque sorte la normalisation de la Côte d’Ivoire puisque ce type de programme s’adresse aux pays en développement normaux qui ne sont pas en crise. Dans les deux cas, il y a un décaissement d’appui budgétaire pour le gouvernement ivoirien. Dans le cadre de l’AUPC, c’est 60 milliards F CFA qui ont été décaissés. Dans le cadre du programme FRPC on pourra décaisser 565 millions de dollars sur trois années, dont 120 serviront à rembourser immédiatement les concours financiers accordés dans le cadre de l’AUPC.

La Côte d’Ivoire a atteint le point de décision de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

C’est effectivement important et historique dans la mesure où le pays court après cela depuis lus de 10 ans. Il faut néanmoins être un peu précis sur cette question pour ne pas induire certaines personnes en erreur. L’atteinte du point de décision en soi ne va pas entraîner immédiatement la remise de dette et donc des ressources supplémentaires. Le point de décision établit de manière irrévocable que le pays va, le moment venu, recevoir la remise de dette telle qu’elle a été calculée au moment du point de décision et précise le montant en question. C’est quand même un résultat très important. Quelle que soit la situation, lorsqu’on atteindra ce qu’on appelle le point d’achèvement, le pays va recevoir au moins les montants arrêtés. Entre le point de décision et le point d’achèvement, on met en place un programme économique appuyé par la FRPC. Et de la mise en œuvre de ce programme, dépendra le moment où le pays atteindra le point d’achèvement. Le point d’achèvement n’est pas fixé dans le temps car il est flottant. Il y a un certain nombre de mesures qu’il faut prendre dans le cadre du programme FRPC. Une fois que ces mesures ont été prises, on atteint le point d’achèvement. Le plus rapidement, le pays appliquera les conditions ou les mesures qu’il y a à prendre, le plus vite, il pourra atteindre le point d’achèvement. Dès qu’on a atteint le point d’achèvement, la remise devient effective. Entre les deux, il peut y avoir une remise intérimaire. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, la remise intérimaire a déjà été consommée dans une très grande mesure. Le traitement des arriérés de la Banque mondiale étaient de l’ordre de 480 millions de dollars. Pour annuler ces arriérés, la Côte d’Ivoire a payé l’équivalent de 240 millions dollars et a reçu un don de la BM pour l’aider à apurer l’autre moitié. Cette moitié est une remise de dette puisque la Côte d’Ivoire n’a pas eu à payer la totalité de sa dette. Cette remise de dette compte comme une remise intérimaire. De la même manière avec la BAD, la Côte d’Ivoire avait des arriérés s’élevant à 520 millions de dollars. Le pays a payé 1/3 de ce montant et la BAD lui a accordé les 2/3 de ce montant en don. Dans ces deux exemples, on remarque qu’il n’y a pas de flux supplémentaires en direction de la Côte d’Ivoire. Mais le pays n’aura plus à payer ces montants. C’est donc une économie pour les finances publiques. La plupart des remises de dette prendra cette forme. Au lieu de payer, le pays aura soit à ne plus payer, soit à payer beaucoup moins qu’il n’aurait dû payer. Ce qui permet donc à la Côte d’Ivoire de garder la différence pour l’investir dans les programmes sociaux. C’est en cela que la remise de dette est importante. Au moment du point d’achèvement, le pays va devoir payer à ses créanciers beaucoup moins qu’auparavant. Avec le programme du FMI, la BM et la BAD feront des appuis budgétaires à la Côte d’Ivoire. Ce qui, immédiatement, va apporter de l’argent frais pour le gouvernement. Les Ivoiriens pourront donc être soulagés. Les autorités ont pris un engagement qu’une partie des apports au titre du programme FRPC et au titre des appuis budgétaires d’autres organisations internationales, sera utilisée à payer les fournisseurs de l’Etat. Le secteur privé s’en trouvera réconforté.

Quelles sont les mesures que les autorités ivoiriennes devront prendre afin d’atteindre le point d’achèvement ?
L’objectif principal du programme FRPC est de commencer à réduire la pauvreté (Ndlr : plus 48% des Ivoiriens vivent en dessous du seuil de pauvreté). Il faut réorienter les priorités dans le cadre de l’enveloppe budgétaire. Il va falloir faire un peu moins de dépenses de fonctionnement. Il va falloir être un peu plus modeste au niveau des augmentations de la masse salariale, des autres dépenses de fonctionnement et allouer les ressources ainsi économisées à des dépenses sociales. Santé, éducation, réhabilitation des infrastructures de base notamment, dans les régions les plus reculées qui ont subi le plus les méfaits de la crise. Relancer l’investissement public en remettant à flot les infrastructures publiques, les infrastructures routières. Ce qui permettrait à la croissance de décoller. Ce sont là les priorités qui doivent être faites. Il va sans dire que pour atteindre ces objectifs, il faut également s’attaquer de manière frontale et déterminée aux problèmes de gouvernance dans les secteurs clés de l’économie. Cela a déjà commencé dans le cadre du programme d’appui d’urgence post-conflit. Cet effort va se poursuivre dans les domaines de la filière café-cacao, de l’énergie. Il va falloir aller plus loin dans les secteurs de la justice, poursuivre la lutte contre le racket. Bien entendu, il y a ce qu’on appelle des déclencheurs. C’est une série de mesures plutôt d’ordre social et dans le domaine de la gouvernance qui doivent être mises en œuvre pour atteindre le point d’achèvement. Apporter des livres scolaires à tous les enfants de Côte d’Ivoire est un déclencheur par exemple. Egalement, il faudrait que le programme économique appuyé par la FRPC et la stratégie de réduction de la pauvreté du pays soient mis en œuvre de manière correcte. Ces trois choses mises ensemble font qu’on pourra atteindre le point d’achèvement. Le plus rapidement l’Etat de Côte d’Ivoire respectera ses engagements vis-à-vis de ces trois choses, le plus rapidement le pays atteindra le point d’achèvement.

Quelles sont les perspectives des relations Côte d’Ivoire- FMI ?

Nous aidons les autorités à mieux orienter leur politique économique comme nous l’avons discuté tantôt. Nous intervenons également à travers l’assistance technique dont la Côte d’Ivoire n’a pas bénéficié pendant la crise. Depuis que nous avons renoué, l’assistance technique monte en puissance et va continuer surtout dans le domaine des finances publiques. Egalement les secteurs de l’impôt, de la douane, de la gestion des dépenses publiques, des statistiques monétaires, des statistiques de la balance de paiement, des statistiques des comptes nationaux. Nous encourageons les autorités à normaliser la situation afin de donner la pleine mesure des opportunités qui s’offrent à la Côte d’Ivoire et qui sont nombreuses et variées comme tout le monde le sait. Beaucoup d’Ivoiriens se sont appauvris. La situation sociale s’est aggravée. Il est impératif de rapidement trouver des solutions. On ne pourra pas trouver des solutions si l’investissement privé, par exemple, ne reprend pas sa pleine mesure. Et pour cela, il faut un environnement sécurisé et stable. La normalisation permettrait à l’économie d’exprimer son plein potentiel et ce serait quelque chose de crucial pour améliorer le bien-être des citoyens, développer le pays, redonner à la Côte d’Ivoire la pleine mesure de ses capacités dans la sous -région.

Réalisée par Francis Yedan

FAUT-IL AVOIR PEUR DES ONDES?

Publié le 19/05/2009 à 16:28 par francisyedan
FAUT-IL AVOIR PEUR DES ONDES?
Oui, répondent les experts. Téléphones portables, réseau Wi-Fi, babyphones, micro-ondes, antennes relais, Wimax…Chacun est exposé à un cocktail d’ondes.

ANTENNES, PORTABLES, WI-FI : LES ONDES EN ACCUSATION

Les ondes électromagnétiques nous rendent service quotidiennement. Invisibles et imperceptibles, elles sont partout. Un nuage d’ondes nous entoure et nous permet d'écouter la radio le matin, de regarder la télé le soir, de joindre n'importe où, à n'importe quelle heure, n'importe qui muni d'un téléphone mobile. Bref, des actes anodins qu'elles rendent possibles. Pourtant, elles inspirent aussi des inquiétudes quant à leur effet sur la santé. Des ondes de choc. Alors que les appareils domestiques émettent principalement des champs à extrêmement basses fréquences, ceux émis par les portables GSM sont des hyperfréquences (ou micro-ondes) fonctionnant autour de 900 et 1.800 mégahertz (MHz). La moitié de la puissance émise est absorbée par la tête, en raison de la proximité de l’antenne du téléphone portable. Risquant alors de léser les vaisseaux sanguins, notamment la barrière hémato-encéphalique chargée d’empêcher l’entrée de substances toxiques dans le cerveau. Piloté par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/OMS), le volet français de l’étude Interphone menée sur dix ans vient en effet d’être publié dans la Revue d’épidémiologie et de santé publique et montre une possible augmentation du risque d’une tumeur du cerveau, le gliome, chez les « forts utilisateurs » de téléphonie mobile.
Ces derniers sont des personnes qui utilisent leur mobile depuis longtemps (près de quatre ans), qui s’en servent intensément, ou qui possèdent plus de deux téléphones. L’enquête a porté sur 350 patients âgés de 30 à 59 ans et souffrant d’une tumeur du cerveau ou du nerf acoustique, comparés à des témoins. « Nos résultats indiquent une tendance générale, mais la marge d’erreur statistique est trop grande pour trancher définitivement », indiquent les épidémiologistes Martine Hours, de l’Inrets, et Elizabeth Cardis, du CIRC. Ce travail va tout de même dans le sens d’études suédoises (2003, 2004, 2006) montrant une augmentation du nombre de cas de tumeur cérébrale du côté où téléphone le patient, et s’accorde avec les déclarations récentes du docteur Lawrie Challis, responsable du programme britannique «Télécommunications mobiles et santé», sur le soupçon d’un risque de cancer pour les utilisateurs de plus de dix ans. Le niveau d’exposition de l’utilisateur à ces ondes, exprimé pour les téléphones mobiles en watts par kilo. C’est le DAS (ou Débit d’absorption spécifique) dont il faut chercher la caractéristique sur la notice : plus il est faible, plus les risques sont, en principe, limités. Il ne doit pas dépasser 2 W/kg en Europe (mais 1,6 W/kg aux États-Unis). Cette intensité de l’exposition est exprimée, pour les matériels qui ne sont pas à proximité immédiate du corps, comme les antennes relais, en volts par mètre. De son côté, la communauté scientifique se veut rassurante. Elle estime qu'il n'existe aucun risque sanitaire établi aux puissances utilisées. Un seul mécanisme d'interaction des radiofréquences avec le corps humain est avéré. Il est bien connu : c'est celui utilisé à l'intérieur des fours à micro-ondes. Pour une utilisation inférieure à dix ans, il semble qu'il y ait peu d'indications d'un risque accru de cancer lié au téléphone mobile. Au-delà de dix ans d'utilisation intensive, on manque encore de recul. « Le développement d'une tumeur est très long, de l'ordre de dix à quinze ans, rappelle Françoise Boudin, directrice de la Fondation santé et radiofréquences. S'il existait des effets de forte ampleur, les études actuelles les auraient mis en évidence. S'il existe des effets de faible ampleur, c'est-à-dire avec une probabilité faible, nous devons rester vigilants. Un risque très faible sur une large population concerne, au final, beaucoup de personnes. » Pour le moment, il n'y aurait pas lieu de s'inquiéter outre mesure. « Cela fait plus de dix ans que l'on cherche, et jusqu'ici, on n'a pas trouvé de risque consistant (ou confirmé). C'est plutôt rassurant, car cela indique que si un risque existe, il est faible, estime René de Seze. On ne pourra jamais démontrer que le risque est nul. Est-ce qu'il augmentera après vingt, trente ans d'utilisation ? Il faudra faire de nouvelles études pour le savoir. » En revanche, tout le monde s’accorde sur la nocivité des lignes à très haute tension (THT). Les champs que ces lignes émettent ont été classés par l’OMS dans le niveau 2 b («peut être cancérogène pour l’homme ») sur l’échelle de cancérogénicité qui en comporte 4. Ils seraient à l’origine de cas de leucémies lymphoïdes aiguës chez l’enfant. Il y a aussi toutes ces études « citoyennes » qui évoquent maux de tête, anxiété, nausées, fatigue, insomnies… pour les gens habitant à proximité des antennes. De plus en plus de collectifs et d’associations dénoncent la prolifération des antennes-relais des téléphones portables. Des "bombes nucléaires" sur les pylônes ? Certaines personnes n’hésitent plus à dire que les champs électromagnétiques, émis par les technologies sans fil, les rendent malades. C’est le cas des résidents de la cité Sideci des II Plateaux de Côte d’Ivoire (non loin du carrefour Duncan sur le boulevard des martyrs) qui ont eu recours à la justice. Le tribunal a donc contraint Alink Telecom à démonter ses antennes-relais de ce quartier. Qu'en est-il des relais Wi-Fi qui fleurissent dans les lieux publics, des antennes du même nom qui équipent les ordinateurs portables ? Les modems devront être, par défaut, désactivés du mode wi-fi. De nombreuses personnes sont en effet exposées à leur insu, parfois contre leur gré, à la nuisance wi-fi. Le niveau de nocivité du Wimax est comparable au Wi-fi, donc pas négligeable, mais en dessous de la téléphonie mobile. La communauté scientifique reste prudente. Des doutes subsistent. La querelle des experts relance le débat.


LA CONTROVERSE SCIENTIFIQUE

L’effet potentiel des ondes de téléphonie mobile et des antennes relais sur la santé inquiète. Des études ont été entreprises, parfois avec des résultats contradictoires.
Vingt médecins et cancérologues avec, à leur tête, le médiatique David Servan-Schreiber, signent un appel à la vigilance sur l'utilisation des téléphones mobiles. Et s'attirent les foudres de l'Académie de médecine, qui considère qu'inquiéter l'opinion de cette façon « relève de la démagogie, en aucun cas de démarche scientifique ».
Il y a plusieurs études qui ont montré une présomption de preuve entre l'apparition de tumeurs et la présence d'antennes. Il est très difficile d'établir une relation de cause à effet directe dans ces phénomènes, et on parle plutôt de présomption de preuve, élément suffisant pour l'application du principe de précaution.
Frédéric Deschamps professeur à la faculté de médecine de Reims, spécialiste des maladies professionnelles et environnementales indique qu’il est possible que les champs magnétiques provoquent des cancers. « En l'état, on ne peut dire ni oui, ni non.
Une étude sur les tumeurs cérébrales montre que les très gros utilisateurs de téléphone portable (plus de dix heures par semaine) sont plus touchés. Mais cette étude n'est pas statistiquement significative. Un constat laisse cependant perplexe : les tumeurs apparaissent plus souvent du côté où ils écoutent leur téléphone » ajoute-t-il.
« Il y a certainement quelque chose. On peut dire que le risque existe mais il est extrêmement faible et on a du mal à le mettre en évidence. Le téléphone portable est classé parmi les risques dits acceptables. » conclu-t-il.
Les scientifiques, appelés à la rescousse, sont aujourd’hui dans l’impossibilité de trancher le débat sur l’impact sanitaire à long terme des expositions chroniques aux champs électromagnétiques. Les avis des scientifiques sont partagés, pourtant des études et des faits sont troublants. Les médecins reçoivent de plus en plus de personnes qui soupçonnent les antennes-relais installées à proximité de leur domicile d’être à l’origine de maux de tête, d’insomnies ou de fatigue. Ce qui laisse perplexe les scientifiques. « On multiplie les études en laboratoire et à chaque fois le résultat est le même : on ne trouve pas d’effets sanitaires sur le vivant », explique Philippe Lévesque, physicien au département ondes et systèmes associés du laboratoire Xlim du CNRS à Limoges.
Toutefois le laboratoire de toxicologie expérimentale de l’Ineris, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques, reconnaît qu’« il n’est pas possible de garantir absolument l’innocuité à long terme d’une exposition chronique, bien que de faible intensité, aux rayonnements » émis par les antennes. Sorti en août 2007, le rapport Bio initiative, indique que les ondes de la téléphonie mobile peuvent jouer un rôle dans le développement de tumeurs du cerveau. De son côté, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) a conclu en 2000 que les téléphones mobiles n'avaient aucune incidence néfaste sur la santé, tout en reconnaissant quelques lacunes dans l'état des connaissances actuelles. Elle a donc lancé en 2001 une vaste étude baptisée Interphone regroupant les enquêtes de 13 pays et ayant rassemblé 7 000 patients atteints de tumeurs situées à la tête. La lecture des premières publications laisse apparaître une légère augmentation du risque de tumeurs dans les pays nordiques (dans lesquels le mobile est implanté depuis plus de dix ans). Pour autant, les données statistiques recueillies sur un trop faible nombre de cas ne permettent pas d'apporter de conclusion définitive. Une étude israélienne a également montré un risque plus important de développement de tumeur de la glande salivaire chez les utilisateurs intensifs et chez les habitants des zones rurales où les antennes relais plus espacées émettent plus intensément. Malheureusement, la publication des résultats d’Interphone est sans cesse repoussée. Une position des plus mobiles...Les scientifiques n’en finissent pas de s’opposer. Les uns dénonçant la partialité de certains chercheurs, jugés trop proches des intérêts des opérateurs téléphoniques. Les autres reprochant le manque de sérieux scientifique des études brandies par les associations. Si tous s’accordent sur le manque de recul dont les scientifiques disposent pour estimer les effets du téléphone portable sur l’organisme, opérateurs et associations s’opposent franchement sur les risques liés aux antennes relais. La communauté scientifique considère que les téléphones mobiles représentent un danger potentiel plus important que l'antenne-relais elle-même parce que collés à l’oreille. Il faut bien reconnaître que nous sommes de plus en plus concernés, voire cernés, par les ondes électromagnétiques. Les preuves scientifiques définitives des dangers pour la santé de la téléphonie mobile (téléphone portable, antenne-relais, WiFi, Wimax, Bluetooth, DECT...) sont encore attendus.

LA REACTION DES OPERATEURS

Le ministère de l'Environnement émet des inquiétudes sur l'impact éventuel des antennes relais sur la vie des populations et sur l'écologie, proposant des études complémentaires. Mais Zouzoua Edmond sous-directeur des études d'impact environnemental à l'Agence nationale de l'environnement(Ande) annonce des mesures vigoureuses. Désormais, la construction d'une antenne reste subordonnée à l'autorisation du ministère de la Construction, de l'Urbanisme et de l'Habitat et du ministère de l'Environnement et des Eaux et Forêts. « Suite à des plaintes et pétitions des populations de Yopougon, Marcory, Vridi etc, il nous est revenu de manière précise que l'installation de ces antennes expose les populations à des risques sanitaires. Le moment viendra où les dispositions seront prises pour faire la démolition de ces antennes. » Une enquête publique sera menée, selon lui, pour l’installation des antennes. « On demande à la population si elle est d'accord pour l'installation des antennes. Si la population dit non, le promoteur ne pourra pas mettre ses installations » fait-il remarquer. Réagissant à ces propos, Kla Sylvanus, Directeur Général de l`Agence des Télécommunication de Côte d’Ivoire (ATCI) a déploré cette sortie hasardeuse. « Beaucoup de choses ont été dites sur l`installation des antennes en Côte d`Ivoire. Mais à partir du moment où un responsable de l`administration dit des choses erronées, il nous parait important de le relever». Toutefois, il reconnait que l’installation des antennes pose un problème environnemental et sanitaire. D’où la tenue d’un séminaire du 20 au 23 décembre 2007. « Depuis novembre 2007, nous sommes dans une démarche prospective et non pas attentiste. Nous faisons des propositions pour mieux réglementer l`installation de ces antennes sur le plan esthétique, environnemental. Mais surtout, définir les limites techniques que ces antennes doivent respecter pour pouvoir faire leur installation » précise-t-il. A l’ouverture de ce séminaire, le Ministre des NTIC Ahmed Bakayoko a reconnu la création d’un brouillard électromagnétique généralisé avec la prolifération des antennes relais. « Avec la communication sans fil en général et la téléphonie mobile en particulier, la problématique du rayonnement électromagnétique est devenue une source de préoccupation et d'inquiétudes dans la population. Il est scientifiquement prouvé que des rayonnements non ionisants intensifs peuvent réchauffer le tissu humain et troubler le fonctionnement des cellules nerveuses et musculaires » indique-t-il. Des équipes de l`Atci essayent de relever les valeurs d`exposition de ces antennes et les comparer aux valeurs internationales. Ce, dans le cadre d`une campagne qui a démarrée depuis février 2009. « Depuis février nous n`avons constaté aucun dépassement des limites recommandées par l`Organisation mondiale de la santé» révèle le Dg de l’ATCI. Au dire de Kla Sylvanus, l`inexistence de textes nationaux perturbe le travail de l`Atci pour ce qui concerne l`aspect environnemental. Il estime qu`il faut faire en sorte que ces antennes soient plus discrètes et moins nombreuses. « Si une société a déjà installé une antenne et qu`une autre société a besoin d`en installer une au même endroit, la première société a l`obligation de permettre à la seconde d`installer ses équipements sur la même antenne. De façon à ce qu`on n`ait pas deux ou trois antennes dans la même zone comme on le voit à Abidjan. » A la suite du Directeur de l’ATCI, Loukou Kouadio Michel, président de l'Union nationale des entreprises de télécommunication (Unetel) a réagi à la sortie « inopinée » de Zouzoua Edmond. Pour lui les antennes de téléphonie ne sont pas nocives pour les populations. Il s’est appuyés en cela sur un communiqué de l’Académie de Médecine de la République française en date du 3 mars 2009 sur les risques des antennes de téléphonie mobile d'une part, et ce qui a été fait par l'Agence des télécommunications de Côte d'Ivoire (Atci). “Nous avons noté avec satisfaction l'intervention de l'Atci qui met fin à tant de rumeurs dans un secteur dont l'importance n'est plus à démontrer. » Pour M. Apétè, son Directeur exécutif, il serait plus crédible qu'on interdise la vente des téléphones mobiles avant d'aller détruire les antennes. Les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100 mille fois plus faibles que les téléphones portables : être exposé pendant 24 heures à une antenne à un volt par mètre, donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable pendant 30 secondes. Poursuivant, l'Unetel, a déploré la trop grande légèreté avec laquelle M. Zouzoua Edmond du ministère de l'Environnement, s'étale dans la presse sur cette question. " Quand on est un responsable en charge de l'intérêt public, on ne se comporte pas comme on le fait au ministère de l'Environnement. A travers des déclarations qui ameutent les populations. » Un communiqué de l’UNETEL a été diffusé largement dans la presse le 27 avril 2009. Avec pour mention « Ce que nous devons savoir des antennes-relais émettrices de champs magnétiques. L’organisation mondiale de la santé (OMS) et le ministère français de la Santé, indiquent qu’aucune preuve scientifique ne permet de dire aujourd’hui que l’utilisation du téléphone portable présente un risque. Mais l’hypothèse ne pouvant être définitivement exclue, elles préconisent une approche de précaution.

ALORS, MEFIANCE !
Il se passe quelque chose, mais rien n'est validé scientifiquement et il est d'ailleurs difficile de mesurer des champs magnétiques. Il n'est sans doute pas inutile, même si le risque est infime, de prendre des précautions. Et le Ministre Ahmed Bakayoko d’ajouter qu’« il convient de tenir compte aujourd’hui déjà des effets constatés pour établir des mesures de protection de notre population contre ces rayonnements non ionisants. Selon le principe de prévention, il convient de réduire au maximum l’exposition au rayonnement par de petits gestes simples quotidiens que tout un chacun peut poser dans sa sphère privée. » Chaque citoyen est désormais condamné à se protéger et à se défendre lui-même comme il peut contre les agressions des rayonnements. La protection la plus efficace contre les champs magnétiques, c'est de s'en éloigner (l’intensité du champ diminue considérablement avec la distance). Privilégier les technologies filaires. En cas d’usage d’une boîte wi-fi, il est conseillé de ne pas l’installer à proximité du lit et de l’éteindre lorsqu’elle n’est pas en usage. Pour le téléphone mobile il convient d’acheter un appareil présentant un « DAS (débit d'absorption spécifique exprimée en watt par kilo) » le plus faible possible et de ne pas en faire un usage abusif. Les meilleurs appareils affichent 0,3 W/kg. Pour réduire « l’exposition passive », il est recommandé d’éteindre son portable et d’éviter de le garder en permanence sur soi ou sur sa table de chevet car, même éteint, il reste en communication avec sa messagerie. La nuit, ne jamais conserver un téléphone mobile allumé ou en recharge à moins de 50 centimètres de votre tête.
Pour téléphoner, il est conseillé d’utiliser une oreillette et un microphone filaire (kit piéton) et d’éloigner l’appareil le plus possible de l’oreille, surtout en début d’appel lorsque la puissance est la plus forte.
Avant de placer le mobile sur l'oreille, attendez qu'il ait trouvé le correspondant demandé. C'est au moment où il se connecte au réseau que le téléphone dégage le maximum d'énergie.
Eviter de téléphoner en cas de mauvaise réception et plus encore à partir d’un véhicule en mouvement qui freine le passage des ondes et oblige le téléphone à sans cesse rechercher un nouvel émetteur. Privilégiez les endroits où la réception est bonne, facilement identifiables par les barres de réseau. Téléphonez de préférence en restant immobile plutôt qu'en vous déplaçant (à pied, en voiture, en bus ou en train). Ne pas téléphoner en voiture, même à l'arrêt ou dans toute autre infrastructure métallique. Enfin, le téléphone portable est déconseillé pour les enfants non pubères dont le cerveau est en plein développement et les femmes enceintes. Mieux vaut éviter de le mettre dans sa poche (même en veille, il émet des ondes), surtout si on est une femme enceinte et éviter de faire téléphoner les enfants. Il est recommandé de ne pas porter son téléphone à hauteur du cœur, l'aisselle, la hanche, les parties génitales. Éloigner le mobile de vous et le maintenir à la verticale tant que la première sonnerie n'a pas retenti. Veiller à ne pas parler trop longtemps. Pour les autres types d’ondes électromagnétiques, on conseille de ne pas placer de lampe à ampoule basse consommation trop près de sa tête ni de babyphone trop près du lit du bébé, ou encore de ne pas rester devant la micro-onde pendant que le plat chauffe. La prudence est recommandée aux personnes équipées d’un stimulateur cardiaque ou de tout autre implant actif, en raison des problèmes de compatibilité électromagnétique.


Francis Yedan