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francisyedan
Description du blog :
L'actualité et l'avis d'1 ivoirien sur la vie politico économique, sociale, culturelle de son pays
Catégorie :
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Date de création :
16.04.2008
Dernière mise à jour :
24.07.2008
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PASSPORT Ivoirien: les mésures d'attibution.

Posté le 24.07.2008 par francisyedan
République de Côte d’Ivoire
Union – Discipline - Travail
Ministère de l’Intérieur
Arrêté interministériel n° 165 MI/MEF du 15 mai 2008 portant fixation des conditions d’établissement et de délivrance du passeport ordinaire
Article premier :
Le présent arrêté a pour objet de fixer, en ce qui concerne les requêtes formulées en Côte d'ivoire, les conditions d'établissement et de délivrance du passeport national ordinaire.
Article 2 :
La procédure de délivrance du passeport ordinaire débute par le retrait du formulaire de demande de passeport ordinaire (joint en annexe).
Ce formulaire est disponible gratuitement aux lieux suivants:
• Centre d'enrôlement et de délivrance;
• Sous-Direction de la Police de l'Air et des Frontières;
• site internet de la Police Nationale;
• site internet du Concessionnaire;
• agences bancaires retenues pour le paiement des droits de passeport
Article 3 :
Une fois le formulaire rempli, le requérant se rend dans l'une des agences bancaires dont la liste est jointe en annexe, en vue de s'acquitter des droits de passeport.
Ces droits sont fixés à quarante mille (40.000) francs CFA.
Le paiement des droits de passeport donne lieu à la délivrance d'un reçu et d'un numéro d'opération. Il est définitif et ne donne droit à aucun remboursement même en cas de rejet de la requête pour quelque motif que ce soit.
Article 4 :
Une fois les droits acquittés, le requérant se rend dans l'un des centres d'enrôlement et de délivrance dont la liste est pinte en annexe, muni des pièces suivantes :
1 - Pour les nationaux d'origine :
• un certificat de nationalité ivoirienne;
• un extrait d'acte de naissance;
• une photocopie de la carte nationale d'identité ou l'original de l'attestation administrative d'identité;
• une photocopie de la carte nationale d'identité ou de l'attestation d'identité de l'un des parents ;
• un extrait d'acte de mariage (pour la femme mariée);
• pour les mineurs, une autorisation parentale légalisée;
• le reçu attestant l'acquittement des droits de passeport.
2 - Pour les naturalisés :
• une copie du décret de naturalisation;
• un certificat de nationalité;
• un extrait d'acte de naissance;
• la photocopie de la carte nationale d'identité ou l’original de l’attestation administrative d'identité,
• un extrait d'acte de mariage (pour la femme mariée);
• pour les mineurs, une autorisation parentale légalisée;
• le reçu attestant l'acquittement des droits de passeport.
3- Pour l’étranger adopté par un ivoirien :
• une expédition du jugement ou de l’arrêt d’adoption ;
• un certificat de nationalité
• un extrait d’acte de naissance
• la photocopie de la carte nationale d’identité ou l’original de l’attestation administrative d’identité ;
• un extrait d’acte de mariage (pour la femme mariée)
• pour les mineurs, une autorisation parentale légalisée
• le reçu attestant l’acquittement des droits de passeport
• un certificat de nationalité ivoirienne de l’adoptant
4 - Pour la femme étrangère mariée à un Ivoirien :
• un extrait de l'acte de mariage;
• un certificat de nationalité ;
• un extrait d'acte de naissance;
• la photocopie de la carte nationale d'identité ou l’original de l’attestation administrative d'identité;
• le reçu attestant l'acquittement des droits de passeport;
• un certificat de nationalité ivoirienne de l'époux.
Article 5 :
Le Bureau Vérification de la Sous-direction de la Police de l'Air et des Frontières procède à un contrôle avant l'enrôlement du requérant.
Ce contrôle vise à s'assurer, d'une part, de l'existence de l'ensemble des pièces indiquées à l'article 4 ci-dessus et, d'autre part, de leur authenticité.
En cas de rejet de la requête, la décision doit être motivée et un rapport doit être adressé par le Sous-directeur de la Police de l'Air et des Frontières aux autorités compétentes.
Une fois le « bon à enrôler» apposé par le Chef du Bureau Vérification, il est procédé à la photographie et à la saisie de la photo, des dix empreintes digitales, de la signature et des informations de personnalisation du requérant.
Au terme de la procédure enrôlement, il est délivré au requérant un récépissé de dépôt de dossier de demande de passeport ordinaire.
Article 6 :
Le délai de délivrance, à Abidjan, du passeport ordinaire est de soixante-douze (72) heures maximum à compter de la date d’enrôlement de l'intéressé, délai auquel s'ajoutent les délais de distance pour les villes de l'intérieur du pays.
La durée du passeport est de cinq (05) ans non renouvelables. Le mineur, quel que soit son âge, doit détenir un passeport personnel.
La délivrance du passeport se fait au lieu de l’enrôlement. Le passeport est rigoureusement personnel. Il n'est pas délivré de duplicata en cas de perte ou de vol.
Le passeport n'est délivré qu'au titulaire contre décharge et sur la présentation du récépissé de dépôt de dossier de demande de passeport.
Article 7:
En cas de perte ou de vol du passeport, le détenteur est tenu d'en faire la déclaration au Commissariat de Police le plus proche.
En vue de rétablissement d'un nouveau passeport, le requérant se rend dans l'un des centres d'enrôlement muni des pièces suivantes :
• le reçu attestant l'acquittement des droits de passeport;
• la copie de la déclaration de perte ou de vol incluant le numéro du passeport perdu ou volé;
• la copie du procès verbal d'audition.
Il est procédé à l'enrôlement du requérant et à la délivrance du passeport conformément aux dispositions des articles 5 et 6 ci-dessus.
Article 8:
Le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique et le Directeur de la Surveillance du Territoire sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera publié au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.




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Séminaire sur le thème « Le fonctionnaire face à la retraite »

Posté le 23.07.2008 par francisyedan
"Il nous revient de continuer de mériter la confiance de nos usagers admis à la retraite tout en donnant chaque jour davantage la preuve que nous sommes décidé à améliorer leur prise en charge et à accomplir notre devoir" a indiqué Jeanne Peuhmond à ses collaborateurs et partenaires





Le Ministère de la Famille, de la Femme et des Affaires sociales organise depuis le mercredi 23 juillet et ce jusqu’au vendredi 25 juillet à Grand-Bassam, un séminaire sur la problématique de la retraite en Côte d’Ivoire.
« Alors que la retraite doit être perçue comme une grâce divine, une période de jouvence, force est de constater que les péripéties, les difficultés auxquelles les anciens fonctionnaires sont confrontés dans leur nouveau statut ont semé une véritable hantise de la retraite de sorte qu’au lieu de dire fièrement je suis admis à faire valoir mes droits à la retraite, le fonctionnaire amèrement indique je suis touché par la retraite ...» Koffi Aboua Louis, représentant le maire de Grand Bassam ne croyait pas mieux représenter les enjeux du séminaire ayant pour thème « le fonctionnaire face à la retraite ». Lequel séminaire se tient jusqu’au vendredi 25 juillet 2008 à l’Institut Industriel de l’Afrique de l’Ouest. Abou Touré, directeur de cabinet au Ministère de la Famille, de la Femme et des Affaires sociales (MFFAS), président du comité d’organisation et du comité scientifique dudit séminaire, tout en indiquant que « c’est au cours d’une réunion de cabinet que le Ministre la Famille, de la Femme et des Affaires sociales, Jeanne Peuhmond a relevé le parcours du combattant des ex agents de l’Etat pour la perception de leur dus », a souligné que « ce ne sera pas un séminaire de plus parce que dès que nous aurons les résultats des travaux, Mme le ministre s’empressera de faire une communication en Conseil de ministres en vue de permettre l’application effective de ce qui aura été décidé en faveur des retraités de Côte d’Ivoire ». Renchérissant à ces propos, le Ministre de la Famille, de la femme et des Affaires Sociales (MFFAS), Jeanne Peuhmond a ajouté qu’ « il s’agit pour mon département à travers cette rencontre non pas simplement de s’honorer d’avoir impulser une réflexion autour d’une question qui concerne des milliers de travailleurs de Côte d’Ivoire, mais d’instaurer un débat autour du régime actuel de retraite des fonctionnaires ». En outre, a-t-elle poursuivit en livrant les objectifs de ce séminaire. « La présente concertation a pour objectif principal de faire le bilan du régime de retraite des fonctionnaires et agents de l’Etat d’une part et d’autre part d’élaborer un ensemble de propositions de réformes tendant à l’amélioration de leur conditions de vie. Le régime actuel rencontre en effet de graves difficultés en raison notamment du fort accroissement du nombre de retraités, de la qualité des nouveaux bénéficiaires de pensions et surtout un retard important dans la liquidation et la transmission des dossiers de retraites. Plus encore, le départ à la retraite est souvent mal accepté ; considéré comme une source de grande inquiétude, synonyme de baisse de revenus et de la qualité de vie, voire de sanctions ». Pour remédier à ces problèmes « le MFFAS a entrepris en collaboration avec la Caisse générale de retraite des agents de l’Etat (CGRAE), organisme en charge du régime de retraite du secteur public, une série d’actions visant à l’amélioration des prestations au bénéfice de ceux-ci. C’est dans ce sens que mon département dans le souci d’adoption de lignes directrices conduisant à des réformes satisfaisantes, dans une démarche participative réunissant toutes les partis prenantes au processus de la retraite organise cette concertation. » Par ailleurs, Jeanne Peuhmond a relevé qu’il ne s’agit pas d’une réunion pour produire des propos qui n’auront pas d’effets favorables sur la situation des retraités. « Le MFFAS n’entend pas s’arrêter au stade de déclarations d’intentions. L’organisation de cet atelier devrait être perçu comme le lieu d’un engagement collectif visant à promouvoir un social havre et le mieux être des populations de Côte d’Ivoire. Ainsi, les différentes résolutions de ce séminaire devront être traduite en mesures concrètes applicables par tous à court, moyen et long terme » a-t-elle martelé avant de préciser que l’appui des représentants du Président de la République et du Premier Ministre serait fort appréciable dans l’applicabilité de ces résolutions.
Huit communications dont « procédure de traitement de l’admission du fonctionnaire à la retraite et gestion des demandes de pension des fonctionnaires et agents de l’Etat », « procédure de traitement des demandes de pension des fonctionnaires et agents de l’Etat », « procédure de traitement des demandes de pension dans le cadre du régime de retraite des travailleurs salariés du secteur privé » seront exposées par des responsables du Ministère de la Famille, de la femme et des Affaires sociales, du Ministère de la fonction publique et de l’emploi, de la Caisse générale de retraite des agents de l’Etat (CGRAE), de la Caisse nationale de Prévoyance sociale (CNPS) et de la Mutuelle générale des fonctionnaires de Côte d’Ivoire (MUGEF-CI) suivis de travaux au sein de trois commissions chargées respectivement de mieux faire connaître les régimes de pension des fonctionnaires de l’Etat à la retraite, de plancher sur la réforme du cadre juridique de la Cgrae et des régimes de pension de retraite des fonctionnaires et agents de l’Etat et d’élaborer une politique sociale en faveur des fonctionnaires et agents de l’Etat à la retraite.

Francis Yedan


GROS PLAN SUR LE MINISTERE DE LA VILLE ET DE LA SALUBRITE URBAINE DE COTE D'IVOIRE

Posté le 22.07.2008 par francisyedan
Le Ministre de la ville et de la salubrité urbaine Mel Eg Théodore entend repositionner la Côte d'Ivoire singulièrement Abidjan et faire en sorte qu'elle mérite le nom de perle des Lagunes


En avril 2007, du premier gouvernement issu des accords des Ouagadougou, était institué le Ministère de la ville et de la salubrité publique dirigé par Mel Eg Théodore. Qui est le ministère de la ville et de la salubrité publique ? Qu’est ce qui différencie ce département ministériel de celui de l’urbanisme et de la construction et de l’hygiène publique ? Quel est le schéma directeur de ce ministère ? Les grands axes de sa mission ? Quels sont les chantiers du ministère de la ville et de la salubrité publique ? Quelle politique de salubrité publique en Côte d’Ivoire ? En dehors de l’Indénié, le ministère a-t-il d’autres chantiers ? A termes, quel visage aura cet espace ? A combien de franc s’élèvent les travaux de l’Indénié ? Le district d’Abidjan est-il en dehors du processus de ramassage des ordures ? Quelles sont les différentes étapes du ramassage des ordures en Côte d’Ivoire ? Quelle est la part de responsabilité des différentes structures existantes dans la collecte et le transport des ordures à Abidjan ? Que fait le ministère de la ville et de la salubrité publique pour offrir un cadre de vie agréable aux ivoiriens ? Autant de préoccupations auxquelles les responsables du Ministère de la ville et de la salubrité publique ont prêté une oreille attentive en ouvrant leurs portes afin de lever un coin de voile sur le véritable travail réalisé par le Ministre Mel Eg Théodore et l’ensemble de ses collaborateurs.

UNE CAMPAGNE SUR LA SALUBRITE, POUR QUOI FAIRE ?

Un Nouveau Ministère, de nouvelles missions

A la faveur de la formation du Gouvernement issu de l’Accord Politique de OUAGADOUGOU, la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un Ministère en charge de la Ville et de la Salubrité Urbaine. Ce qui est une première dans l’histoire institutionnelle du pays.
A cet égard, force est de reconnaître qu’en plus de la nécessaire maîtrise de la problématique du développement urbain dans un pays en post-crise, il y avait urgence à stopper la marche vers un chaos sanitaire généralisé du fait d’une insalubrité notoire dans le District d’Abidjan et dans la quasi-totalité des villes et communes de Côte d’Ivoire.
Aux fins de doter le nouveau Ministère des moyens juridiques et administratifs nécessaires, un nouveau cadre institutionnel de la gestion des déchets a été mis en place avec :
- l’ordonnance n°2007-586 du 4 octobre 2007 abrogeant certaines dispositions de la loi n°2003-208 du 7 juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences de l’Etat aux collectivités territoriales ;
- le décret n°2007-587 du 4 octobre 2007 portant création de l’AGENCE NATIONALE DE LA SALUBRITE URBAINE (ANASUR) ;
- le décret n°2007-588 du 4 octobre 2007 portant création du FONDS DE SOUTIEN AUX PROGRAMMES DE SALUBRITE URBAINE.

Avec cet arsenal juridique, le Ministère de la Ville et de la Salubrité Urbaine a pu, notamment, commencer à reprendre en mains et à réguler une filière qui en avait le plus grand besoin. Des projets de réhabilitation des décharges et de traitement industriel des déchets sont en cours de finalisation. De même qu’une politique globale de salubrité.

UNE CAMPAGNE DE SENSIBILISATION

Le Ministère de la Ville et de la Salubrité Urbaine est profondément convaincu qu’il ne pourra durablement être mis un terme aux risques de chaos que si est menée, de pair, une action résolue sur les mentalités et les comportements tant est grande la part de l’incivisme dans la prolifération des sources d’insalubrité et leur corollaire de maladies endémiques en tous genres.
Tel est le contexte dans lequel le Ministère entend inscrire LA SEMAINE DE LA SALUBRITE, de sorte que la lutte contre l’insalubrité devienne véritablement une grande cause nationale conformément à l’article 19 de la Constitution qui a édicté le droit à l’environnement sain pour tous.
LA SEMAINE DE LA SALUBRITE est une vaste campagne de sensibilisation pratique dont l’objectif général est d’appeler au changement des comportements par l’exemple concret, au civisme en cité pour un vivre-ensemble harmonieux.
Dans les comportements à proscrire, LA SEMAINE DE LA SALUBRITE vise, plus particulièrement, les jets désinvoltes et inconsidérés de papier (notamment les mouchoirs à papier) et de matières plastiques (notamment les sachets d’eau) sur les voiries, ainsi que l’utilisation des emprises de celles-ci comme dépotoirs de toutes sortes de déchets et d’objets.
C’est pourquoi, l’accent sera mis sur le respect de la loi et le recours à la poubelle dont la généralisation constituera un enjeu en soi.
LA SEMAINE DE LA SALUBRITE s’adressera à tous sans exception, d’une manière ou d’une autre, à toutes les villes et communes de Côte d’Ivoire.
Au total, LA SEMAINE DE LA SALUBRITE aura atteint ses objectifs en montrant concrètement ce qu’il faut faire pour vivre dans un environnement sain, et autant que possible en inculquant au plus grand nombre la culture de la propreté avec, en filigrane, la généralisation de comités de lutte contre l’insalubrité articulés autour d’une charte de la salubrité.

LE RÔLE DE CONFESSIONS RELIGIEUSES

Pour atteindre des objectifs articulés, pour l’essentiel, autour d’un changement radical des mentalités des Ivoiriens, le Ministère de la Ville et de la Salubrité Urbaine a besoin du concours de tous, donc de relais ayant une autorité emblématique permettant de porter le message de la culture de la propreté dans tous les foyers de Côte d’Ivoire.
C’est, en effet, par le biais de la sensibilisation, de l’implication et de la responsabilisation de chacun qu’il sera possible de réduire au strict minimum la part de l’inconscience, de l’égoïsme, et de l’incivisme dans la prolifération des sources d’insalubrité et leur corollaire de maladies endémiques qui endeuillent injustement les foyers et compromettent le développement de la nation.
Telle est la raison d’être de la conférence du samedi 26 juillet 2008 de 9h à 14h salle du Cinéma Ivoire. Il s’agit d’inciter les hommes de Dieu à servir effectivement de relais pour le message qui sera adressé aux populations avec pour slogan : une âme saine, dans un corps sain et un cadre de vie sain.
Cette conférence est une sorte de prélude à LA SEMAINE DE LA SALUBRITE. Elle s’adresse d’abord aux Eglises Protestantes et Evangéliques. Ensuite viendra le tour de l’Eglise Catholique et des diverses organisations du culte musulman auxquelles le Ministère s’est adressé individuellement.
La salubrité étant vraiment l’affaire de tous, les confessions religieuses ont toute leur place dans ce qui est en réalité une grande cause citoyenne et nationale. D’autant qu’elles rassemblent, peu ou prou, la quasi-totalité des hommes et des femmes de Côte d’Ivoire.
Lorsque le terrain des mentalités aura ainsi été préparé, alors viendra le temps de LA SEMAINE DE LA SALUBRITE, avec plusieurs types d’activités, tant à Abidjan que dans les villes de l’intérieur, qui s’adressent spécifiquement à certains publics cibles comme : les marchés, les écoles, les institutions publiques, les centres de santé, les commerces et centres commerciaux, singulièrement les usagers de la route au sens le plus large, comme piétons, transporteurs, passagers, autres automobilistes, et riverains des voies publiques.
MEL EG Théodore
Ministre de la Ville et de la Salubrité Urbaine


M. Bandama Jacques, directeur de la communication et du civisme en cité au ministère de la ville et de la salubrité urbaine.

La population doit adopter un comportement nouveau.
Depuis sa création, le ministère a engagé des actions et nous pensons qu’au niveau de celles-ci, la population doit prendre une part active car cela concourt à l’amélioration du cadre de vie. Donc d’une part nous demandons à la population de s’engager résolument dans ce combat contre l’insalubrité, à faire en sorte que nos villes et même nos villages, soient des modèles au niveau de l’Afrique de l’Ouest. D’autre part, nous pensons que les populations doivent adopter des comportements nouveaux, car nous avons constaté un certain laisser-faire, un certain laxisme, un véritable manque de civisme de leur part. En un mot, on jette des peaux de bananes comme on veut, on occupe le domaine publique comme on veut etc. Avec un tel comportement, on contribue peut-être par ignorance à la dégradation du cadre de vie. Il est aussi vrai que l’Etat éprouve quelques difficultés, mais cela ne doit pas être un prétexte pour ramasser les ordures et les déposer dans les caniveaux espérant que les eaux de ruissellement viennent les emporter.

La Côte d’Ivoire doit être un pays de référence en matière de propreté.
Le ministère de la ville et de la salubrité urbaine a créé le département chargé de la communication et du civisme pour amener nos populations à changer de comportement et surtout de mentalité. Il faut une réelle reconversion au niveau des populations. Il incombe à l’Etat de veiller à donner un cadre de vie aux populations, mais celles-ci doivent participer à l’amélioration du cadre de vie. A cet effet, nous demandons aux populations de nous aider à rendre notre cadre de vie sain. Nous pouvons être une référence de propreté comme notre voisin le Ghana. Cela est possible si la population y met de la volonté. Nous leur demandons de poser des actions citoyennes, de veiller à ce que notre cadre de vie soit sain au-delà de nos maisons, de nos cours, etc. Nous devons faire en sorte que nos latrines, nos WC soient des endroits où il fait bon vivre, et non des dépôts de maladies.

Il faut revenir à la méthode des années 70.
Dans les années 60 jusqu’aux années 70, si mes souvenirs sont bons, il existait au niveau de l’institut d’hygiène, un service qui passait de cour en cour pour vérifier si tout est propre. Et si les populations ne respectaient pas les règles d’hygiène et de propreté, elles étaient verbalisées. Il leur était interdit de verser les eaux usées dans les rues, de faire des branchements électriques de façon anarchique. Tout ceci concourait à l’obtention d’un environnement et d’un cadre de vie sains. Mais, je pense que nous allons revenir à l’ancien système. Aujourd’hui, il existe au sein du ministère de la construction et de l’urbanisme, dans les communes et même au ministère de la ville et de la salubrité urbaine qui vient de naître, des brigades. Il faut donc que celui qui pose des actions portant entrave à l’amélioration du cadre de vie, soit sanctionné.

La propreté doit être un élément majeur dans les villages et campements
" Les opérations ville propre", "commune propre", sont intéressantes sauf qu’elles sont ponctuelles. Ce que nous préconisons au niveau du ministère de la ville et de la salubrité urbaine, c’est d’aller au-delà de ces actions en mettant en place des comités de veille dans les quartiers poussant ainsi les différents chefs coutumiers et autres responsables à participer de façon active avec toutes les populations à l’amélioration du cadre de vie, en veillant à ce que cela soit un élément majeur dans les villages et campements du pays car la propreté apporte la vie. Aussi devrons-nous mettre dans chaque entreprise, bureau et quartier, des points focaux permettant de veiller sur les actions de bien-être.

La salubrité à l’école
Pour que nos enfants qui sont les adultes de demain grandissent avec les règles d’hygiène et de propreté, le ministère envisage d’élaborer des guides pédagogiques qui seront mis à la disposition des enseignants dans les différents établissements. Je ne dis pas que cela n’existe pas mais le ministère, pensant à tous ces problèmes, veut renforcer ce qui est sur le terrain. Les enfants doivent savoir que vivre dans un cadre de vie sain est synonyme de réussite et de longévité.

Dieu nous a enseigné la propreté
Nous devons sensibiliser massivement la population sur la nécessité d’avoir un environnement propre. Nous mettrons l’accent non seulement sur les medias de masse, mais sur les techniques de proximité. Nous pensons qu’en allant auprès de la population leur apprendre l’intérêt et la nécessité de vivre dans un environnement sain va faire avancer les choses rapidement. Je tiens à souligner une chose très importante. Le ministère rencontre bientôt tous les chefs religieux parce que la question de l’hygiène et de la propriété est même dans les livres saints, le civisme y est également. Alors, je pense que c’est ensemble que nous réussirons ce contrat, celui du bien-être.

L’insalubrité tue !
Je voudrais dire aux populations qu’en jetant les ordures dans les rues, les caniveaux, elles posent des actes d’incivisme. Lorsque nous occupons les domaines publics, c’est un acte incivique. Verser les ordures à terre au lieu de les mettre dans les coques, est un acte incivique. Donc nous les invitons à participer à la lutte contre l’insalubrité. Car la saleté entraine des maladies qui conduisent à la mort. Si nous respectons les règles de l’hygiène et de la propreté, nous vivrons dans un environnement sain.



Dr Alébé Guy Désiré, directeur général de la salubrité et du cadre de vie

Qu’est ce que le cadre de vie ?
Le cadre de vie, c’est là où nous vivons. C’est tout ce qui nous entoure. C’est le confort de l’homme dans son environnement.

Qu’est-ce que la salubrité ?
La salubrité, c’est toute action susceptible d’entraîner un bien-être pour une population. Elle vise à protéger une personne contre des maladies

Quels sont les critères qui définissent une ville propre ?
Avant de répondre à votre question, je vous invite à regarder autour de nous. On remarque des poubelles un peu partout, des dépôts sauvages, des décharges, des sachets d’eau qui jonchent les rues…A l’ opposé, une ville propre, c’est cette ville où toutes les commodités sont réunies pour l’épanouissement d’une personne. Le mois dernier, nous avions travaillé avec les directeurs techniques des mairies et nous leur avions défini des critères pour qu’une commune soit propre. Et parmi ceux-ci, nous avons retenus six qui sont les suivants: l’occupation désemplie des voiries. Pour qu’une ville soit propre, il faut que les trottoirs soient dégagés. Il y a le désherbage, il faut que les abords des trottoirs soient entretenus, il faut que les marchés soient nettoyés. Aujourd’hui nous voyons les affichages sauvages à travers la ville d’Abidjan et ce n’est pas normal. Il faut donc que tous ces critères définis soient pris en compte pour avoir une ville propre. Il faut que les ordures soient correctement enlevées.

Quel est le rôle des pré-collecteurs des ordures ménagères?
Il faut dire que ce phénomène de pré-collecte s’est développé avec l’affaire H. Cette société a connu des difficultés parce qu’elle n’avait plus de moyens financiers. Or, il lui en faut impérativement pour qu’elle puisse payer le salaire de ses employés. Les gens se sont donc regroupés pour venir au secours des populations presque envahies par les ordures.
A mon sens, la pré-collecte a été mal comprise en Côte d’Ivoire. Pour preuve, toutes les communes s’adonnent aujourd’hui à la pré-collecte. Celle-ci doit se faire dans une zone inaccessible aux camions de ramassages d’ordures. La pré-collecte s’effectue dans les quartiers précaires. Là-bas, les pré-collecteurs ont un rôle important. Mais dans une commune comme le Plateau, nous n’en avons vraiment pas besoin parce que toutes les voies sont carrossables. Par contre à l’intérieur, c’est important. Mais il faut savoir qu’il existe deux formes de collectes : la collecte par rapport au lieu de collecte où l’usager prend ses déchets pour les déposer au centre de regroupement et la pré-collecte de porte à porte. Celle-ci se fait de façon informelle. Ce sont les jeunes qui dans un quartier s’organisent. Ils passent de porte à porte pour ramasser les déchets.

Que sont devenus les camions et les tracteurs de pré-collecte ?
C’est toujours la question des moyens techniques et financiers. Quand le district avait encore en charge le dossier des ordures, la collecte était organisée par les communes. Celles-ci, pour mener à bien cette activité, choisissaient un opérateur économique spécialisé en la matière. Ce dernier équipait les jeunes gens de camionnettes. Mais aujourd’hui, il s’avère que les maires sont déchargés du ramassage d’ordures. Donc à coup sûr, ces camionnettes ont été affectées à d’autres activités.

Les toilettes et les douches publiques ont disparu. Comment expliquez-vous cela ?Je crois qu’en Côte d’Ivoire, on ne fait pas trop d’étude en ce qui concerne la réalisation des projets. Pour un projet comme celui de la création des toilettes publiques, il faut une étude de marché. Et quand celle-ci n’est pas bien faite, à coup sûr, c’est la faillite. Et il y a également le problème d’entretien. Vous installez un WC et des toilettes, pas de problème. Mais qui fait l’entretien ? Force est de reconnaître que les toilettes publiques sont nécessaires à la population, mais quand le coin est sale, qui s’en occupe ? Donc il faut les moyens sûrs pour faire l’entretien. Voici les causes réelles de cette disparition. Il est donc important de repenser ce projet, disons une nouvelle politique de travail. C’est pourquoi le ministère de la ville est né pour apporter des solutions.

Que sont devenues les poubelles publiques ?
Bon là, nous avons déjà un projet pour l’installation de mille poubelles au niveau du district d’Abidjan. Et après, ce projet sera étendu aux villes de l’intérieur. C’est vrai que l’on parle de l’incivisme, mais pour lutter contre cela, il faut un minimum de commodités. Donc avec la semaine de la salubrité prévue dans deux mois, nous mettrons en place de façon officielle, ces quelques commodités, c'est-à-dire les poubelles

Quelle est votre politique contre les nuisances sonores (klaxons intempestifs, les maquis, etc.) ?
Vous savez, le dernier code qui réglemente les maquis, les boissons, date de 1964 et après il n’y a plus eu de suivi. Au niveau de la direction, nous avons mis en place un comité de lutte contre les nuisances sonores. Les textes sont prêts et nous avons un atelier pour les valider. Ce programme national va donc donner les grandes lignes. Pour désormais installer un maquis, il y aura des règles même pour la musique, car en jouant la musique, tu dois tenir compte du temps de repos des autres. Le ministère a été désigné pour plancher sur ce problème. Donc incessamment, il y aura une solution pour améliorer le cadre de vie de chaque Ivoirien.

Que prévoit le ministère face à la nuisance olfactive ?
Nous venons juste de naître, car cela fait un an que nous existons. Alors, en un an, on ne peut pas toucher tous les domaines. Ça va se faire au fur et à mesure. Il faut aussi dire qu’il y a le ministre de l’environnement et celui de la construction et l’urbanisme qui gèrent tout ce qui est canalisation. Quant à nous, nous essayons d’apporter notre petit concours en attirant leur attention et en apportant une solution. Lorsque vous voyez un grand bâtiment, il y a une fosse septique mais comment le propriétaire gère cette fosse septique ? Après la vidange où met-on le contenu ? C’est dans la mer ou dans la lagune, voilà les problèmes réels. Et nous avons mis un programme en place à cet effet. C’est le programme national des points de vidange. Nous sommes donc obligés de faire le travail des autres dans cette lutte pour l’amélioration du cadre de vie des Ivoiriens. Nous constatons aujourd’hui qu’il y a plusieurs opérateurs économiques qui interviennent dans cette filière. Mais existe t-il une réglementation ? Le travail se fait-il avec précaution ? A ces interrogations, je réponds par la négation. Je le dis en ma qualité de médecin. Donc nous sommes là pour apporter des solutions.

"La SODECI a un contrat d’assainissement" Qu'en est-il?
Concernant les odeurs, la SODECI a un contrat d’assainissement. Il est donc de son ressort de traiter tous les caniveaux et non pas au ministère de la ville et de la salubrité urbaine de le faire. C’est ce que nous essayons de faire en adressant des courriers à la SODECI pour attirer son attention.

Et les lagunes ?
A ce niveau, la question est un peu plus vaste parce que les lagunes incombent aux responsables chargés de la dépollution entre autres le SIAPOL et le ministère de l’environnement. Quant à nous, nous sommes là pour embellir et attirer leur attention. Mais allons-nous regarder les lagunes mourir ? Non. Il y a des projets de 100 milliards sur les lagunes. Nous avons à notre niveau fait un projet pour dépolluer les lagunes avant qu’il ne soit trop tard. Aussi, avons-nous besoin que le gouvernement donne un signal fort : la lagune se meurt, que fait-on ? Toutes les eaux qui viennent par le canal Gouro sont déversées dans les lagunes. Alors pour faire face à ce problème, il est normal voire nécessaire de déguerpir toutes les installations faites sur les caniveaux. Mais il faut pouvoir trouver un espace pour recaser toutes les populations qui vivent sur le canal, c’est donc à l’Etat de prendre toutes ses responsabilités.

Faut-il organiser le circuit de recyclage des ordures ?
Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, tout se fait dans l’informel. La récupération des déchets plastiques fait partie d’une filière, celle de la valorisation des déchets. Les déchets, qu’ils soient domestiques ou individuels ont une valeur commerciale et les sachets que les femmes récupèrent dans les ordures sont revendus aux grossistes qui à leur tour les revendent aux entreprises de recyclage. Et c’est après recyclage qu’ils font leur retour sur le marché. Ainsi pour la bonne marche de cette activité, nous avons reçu des instructions d’approcher les femmes concernées par cette activité pour mieux les organiser, car c’est par manque d’organisation qu’elles lavent les sachets au banco.

« Un environnement impropre entraîne des maladies"
Pas forcement. C’est vrai, la vulgarisation du cadre de vie, crée à coup sur des occasions entraînant des cas de maladies. Nous sommes en période de pluie et avec l’environnement impropre et sale c’est sûr qu’il y aura des maladies telle que la fièvre typhoïde, le choléra. Mais cela n’est forcement pas lié aux déchets. C’est le cas du paludisme, c’est l’anophèle qui transmet la maladie mais c’est l’eau qui stagne qui entraîne cela. Il est vrai que les déchets peuvent entraîner des maladies. Nous sommes conscients de tout cela et notre rôle, c’est de ramasser le plus vite possible toutes les ordures qui envahissent la ville.

Votre dernier mot.
Je viens d’une réunion à laquelle on participé le ministre de l’environnement, celui de la construction, celui de la santé et le BNET. C’est pour vous dire qu’aujourd’hui, nous sommes tous conscients qu’une réelle politique de salubrité ne peut se faire avec un seul acteur. On a donc besoin du concours de tous. L’Etat fait juste sa part qui consiste à dégager les moyens nécessaires, c’est donc à la population de mettre fin à sa souffrance en rendant propre son environnement. Chacun doit être son premier agent en ce qui concerne sa propreté. Si chez moi est propre c’est sure que je vivrais dans un environnement sain.



Joseph Payne, directeur général des politiques urbaines au ministère de la ville et de la salubrité urbaine.

Il faut restaurer la planification urbaine dans son droit.
Nous avons des compétences partagées avec d’autres ministères. Si le ministère de la ville et de la salubrité urbaine a été mis sur pied depuis l’accord de Ouagadougou, c’est bien parce qu’on compte revenir vers une ville saine, une ville qui répond aux normes mondiales c’est à dire une ville dans laquelle chaque chose a sa place. Aujourd’hui, vu le comportement, le fonctionnement de la ville, on peut parler du désordre. Chacun construit de façon anarchique ; Donc la mission à nous consigner est d’abord de restaurer la planification urbaine dans son droit et de restaurer aussi les zones urbaines. Ces zones réservées sont souvent menacées. Chacun en fait à sa guise. On construit comme on veut sans tenir compte du permis de construire et de la législation. Donc notre mission c’est d’établir le rôle régalien de l’Etat vis-à vis de la ville.

Il faut que la rue revienne aux piétons et aux véhicules.
Les commerçants sont une composante importante de la ville. Ils jouent un rôle prépondérant. Les commerces font partie des fonctions de la ville. Mais il se trouve qu’ils sont développés de façon anarchique. Il faut donc les orienter. Les collectivités doivent prévoir dans leurs domaines des zones spécifiques qui sont réservées à certaines activités. Il s’agit donc aujourd’hui, de faire en sorte que nous les restaurions et que nous les donnions aux personnes concernées. Que les commerces aillent dans les zones commerciales comme les marchés. Or l’on constate que certains marchés sont délaissés pour la rue, ce n’est pas normal. Il faudrait que la rue revienne aux piétons et aux véhicules et les commerces reviennent dans les marchés, dans les zones commerciales.

Les bassins d’orage ne doivent pas être transformés en lieux d’habitation et en atelier d’artisans.
Je tiens à vous dire que c’est très grave ce qui se passe en ce moment concernant les bassins d’orage. Ces bassins sont en fait des zones de rétention prévue dans la ville pour les eaux qui viennent en trop quand il y a de fortes pluies. Mais aujourd’hui, ces zones sont squattées soit par des populations, soit par d’autres personnes qui ne devraient pas être là. Effectivement nous avons fait arrêter certains travaux qui y étaient envisagés. Nous avons fait arrêtés des travaux de commerces qui se faisaient auprès d’un bassin d’orage à la Riviera Palmerais. Et nous n’allons pas nous limiter à celui de la Riviera Palmerais. Au contraire nous allons étendre nos actions sur toute la ville d’Abidjan. En un mot, nous allons arrêter tous les travaux qui s’effectuent à la Riviera Palmeraie. Au besoin, nous irons jusqu’à la démolition si ces travaux continuent de se faire, parce qu’il y va de la vie de nos concitoyens.

Les grands axes de notre politique de la ville.
Notre objectif premier, c’est d’aller dans toutes nos villes afin de faire un véritable diagnostic pour pouvoir restaurer le cadre de vie sain. Il faut mettre en place toute une série de fonctions urbaines qui sont des fonctions essentielles pour la vie de nos populations. Il y a deux grands axes. D’abord, le développement urbain qui se résume à l’aménagement et à la restauration de l’espace urbain dans ses grandes lignes. Ensuite la restauration de la salubrité qui révèle d’un autre département que le mien mais qui est un axe majeur pour le ministère de la ville. Ce département a à sa charge la gestion des villes et de la réglementation urbaine. Nous avons des grandes lignes qui sont l’assistance aux conseils des villes, l’élaboration des outils de planification urbaine, le retour vers le plan d’urbanisme, l’aspect juridique et réglementaire concernant les villes, la lutte contre la précarité de l’habitat. En fait, ce sont les points essentiels de la gestion de la ville que nous envisageons.

Chacun doit jouer son rôle contre les lotissements anarchiques.
Concernant les lotissements anarchiques, il est important de revenir au rôle que l’Etat doit jouer. Aujourd’hui, chacun fait ses lotissements selon ses goûts. Pour preuve, l’on parle de lotissement et de terrains villageois. A mon avis, une ville ne devrait pas se gérer dans ce sens. Je crois que le ministère de la construction a sa part d’action à mener de même que celui du plan, de la ville et de la salubrité urbaine. Chacun doit jouer son rôle. Il s’agit donc pour nous de restaurer le principe de la planification urbaine et de concert avec d’autres structures de l’administration telles que les grands travaux, le BNETD. On peut aussi envisager de restaurer le rôle de l’Etat dans les lotissements qui se font dans nos villes. Evitant que cela soit fait de façon anarchique.

Il faut envisager une intégration des populations défavorisées.
Nous avons nos concitoyens qui se trouvent dans les quartiers précaires.
Il n’est pas concevable de laisser ces quartiers dans cet état de précarité. Il faut donc à cet effet, envisager des solutions de restructuration urbaines qui sont entre autres des solutions de rénovation urbaine, de réhabilitation de certaines zones d’habitats précaires. Mais le plus important, c’est d’envisager une intégration des populations. Il s’agit donc pour nous, d’asseoir une politique d’intégration sociale qui va se traduire par la disparution des ghettos et des zones exclusivement réservées à l’habitat précaire. Nous avons un bel exemple d’intégration sociale. A Cocody par exemple, on a des habitats résidentiels mais à côté d’eux il y a des habitats intégrés où l’on pouvait trouver des populations moins aisées. Tout cela se faisait de façon harmonieuse. Et je pense que cela devrait nous inspirer afin d’éviter de jeter à la périphérie, ou ailleurs, des populations qui sont défavorisées.

Toutes les zones d’éboulement seront déguerpies.
Parlons du cas « Gobélé » qui est un cas extrême. Au départ, nous avons prévenu qu’il allait y avoir problème, ainsi nous avons rencontré des populations qui y vivent pour leur dire qu’ils occupaient un bassin d’orage. En un mot, ils ont été interpellés. Mais vous savez, nous sommes dans un pays où on comprend difficilement. Nous n’avons pas été écoutés et tout le monde a vu ce qui y est arrivé. Il est donc difficile de travailler convenablement. Lorsque vous passez sur la voie principale, vous voyez dans le bassin, des branchements, c’est-à-dire un réseau électrique très dense. Cela signifie que toutes ces choses se font au su et la vue de tout le monde. Alors, il faudrait que chacun prenne ses responsabilités. L’Etat doit jeter un véritable regard sur tout afin d’éviter des installations anarchiques. Cela épargnera tous les risques tels que ce qui est arrivé à « Gobélé ».
Au Ministère, lorsque nous constatons que le problème d’assainissement nous amène vers l’insalubrité, nous sommes obligés d’intervenir. C’est le cas de l’Indénié. Comme nous avons en partage certaines missions avec d’autres ministères, nous avons le droit principalement de les interpeller et inversement pour qu’ensemble, nous trouvions les solutions nécessaires.
Je tiens également à signifier que nos actions vont s’étendre à toutes les villes du pays, ce n’est pas seulement à Abidjan. Toutes les zones d’éboulement seront déguerpies et traitées en plantations, en ouvrages pour en faire des zones saines.

Crise du carburant en Côte d’Ivoire: quel gâchis !

Posté le 21.07.2008 par francisyedan
La Côte d’Ivoire est facile à diriger. Les ivoiriens mettent du temps à prendre la juste mesure des décisions portant atteintes à leur intégrité, à leur survie. Mais il ne faut pas trop tirer sur la corde au risque de réveiller le fauve qui sommeil en chacun de nous. Les autorités gouvernementales ivoiriennes l’ont appris à leur dépend, elles qui, au mépris de la souffrance de leur peuple et donc des règles de solidarité qui devraient présider en de telles circonstances, se sont débarrassé d’un problème qui aurait dû être traité avec la plus grande responsabilité. Des gouvernants qui ont pour habitude de tester la capacité de réaction de la population afin de lui faire avaler les pilules les plus amères. Cette fois encore, l’imposture n’est pas arrivée à son terme. La supercherie a été découverte. Mais hélas ! Que de pertes ! Que de journées de travail sacrifiées sur l’autel de l’ignorance, de la négligence, du mépris ou de la foutaise. Quel gâchis ! Quelle honte pour toute la République ! Lorsqu’un premier ministre déclare que « c’est l’âme en peine que nous avons du prendre cette mesure impopulaire », met-il en exergue son irresponsabilité et au-delà celle du Président de la République et de tout son gouvernement ou se moque-t-il de ceux qu’il a endeuillé, meurtris dans la chair et dans l’âme durant plus de cinq années ? Comment déclarer qu’une mesure impopulaire a du être prise et espérer avoir l’assentiment du peuple ? Assurément, la bêtise humaine continuera d’avoir de beaux restes sous les tropiques. Plus de trois milliards Fcfa de pertes par journées chômées et payées tant au niveau des travailleurs que du secteur des transports pour arriver à des sacrifices qui auraient du être consentis pour la préservation du pouvoir d’achat des ivoiriens. Lesquels ivoiriens du reste, continent de payer le prix fort de la danse de sorciers orchestrée par les politiques de Côte d’Ivoire depuis maintenant près de deux décennies. Est-il nécessaire d’assister à un débrayage des transporteurs pour réduire le niveau de vie de l’Etat d’autant plus que la somme de 80 milliard était constamment recherchée pour l’organisation des élections ? Au nom de quoi doit-on laisser les ivoiriens mourir de faim ? Au nom d’une prétendue sortie de crise ou d’un simulacre d’élection pendant que les acteurs de cette sortie de crise ou de cette élection font la pluie et le beau temps. Sans se soucier de savoir si les ivoiriens seront vivants jusqu’aux élections, l’on met en avant de façon constante et récurrente cet argument. Hélas ! Mille fois Hélas ! Quel gâchis ! Vouloir jouer avec les nerfs des ivoiriens chaque fois qu’une situation se présente peut s’avérer périlleuse pour les dirigeants de ce pays. Les populations risquent d’être à bout de nerfs un de ces jours.
Une inquiétude sera l’application effective des prix dans les stations service parce que les stocks desdites stations sont alignés sur l’ancien prix. Personne n’accepterait d’acheter du gasoil à 785 Fcfa alors que tout le monde voudra l’épuisement du stock qui a cours dans les stations. Alors question : qui épuisera ce stock si nul ne veut l’acheter ? Des arrangements ont-ils été pris pour que le prix à la pompe passe automatiquement à 685Fcfa afin d’avoir une incidence financière sur le prix du transport ? A cet égard, Touré Adama de la coordination des gares routières refuse que l’Etat leur impose un prix proportionnellement à celui du prix du gasoil. Les transporteurs veulent être les seuls maitres dans la fixation des nouveaux tarifs du transport.
Ces décisions vigoureuses prises par le gouvernement ivoirien même si elles ne concernent pas le secteur du gaz butane qui est beaucoup usité au sein des ménages, viennent cependant mettre fin à une crise qui aurait pu être évitée. C’est un véritable soulagement et une bouffée d’oxygène pour l’ensemble des populations vivant sur le territoire ivoirien. Cela n’empêche que les autorités ivoiriennes viennent à travers cette crise du carburant d’essuyer un véritable camouflet et de recevoir un blâme de la part de leur population qu’ils ont essayé de faire maigrir davantage tandis qu’eux n’arrivaient plus à mettre leur ceinture tant le ventre devenait proéminent. Prétendre que le gouvernement ne pouvait faire autrement que d’ajuster les prix des carburants à un niveau si élevé n’était donc que de la poudre aux yeux destinée à endormir le peuple, oubliant que celui qui a faim n’a éperdument pas sommeil n’est par conséquent pas libre.
Chapeau à toutes les forces vives de la nation ivoirienne qui une fois de plus ont barré la route à l’imposture des dirigeants.
Francis Yedan

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES EXTRAORDINAIRE DU DIMANCHE 20 JUILLET 2008 SUITE AUX MANIFESTATI

Posté le 20.07.2008 par francisyedan
Pourquoi attendre des manifestations avant de prendre des décisions?


La flambée des prix des produits pétroliers au niveau mondial a amené le Gouvernement à réajuster au plan national les prix de ces produits pétroliers qui ont augmenté. Suite à cette répercussion vivement ressentie par les consommateurs, des mouvements sociaux dont des grèves ont eu lieu, notamment au niveau du secteur des transports à Abidjan et dans certaines villes de l'intérieur.

Dans un souci d'apaisement, le Premier Ministre a rencontré le vendredi 18 juillet 2008 au Palais de la Présidence, les consommateurs, les propriétaires de véhicules de transport de personnes, les conducteurs de véhicules de transport de personnes et les centrales syndicales.

Il résulte de ces rencontres, que dans l'ensemble, une baisse du prix des produits pétroliers avec des mesures d'accompagnement a été demandée. C'est pour examiner cette demande, qu'un Conseil de Gouvernement s'est réuni le samedi 19 juillet 2008, suivi ce jour, d'un Conseil des Ministres qui s'est tenue au Palais Présidentiel au Plateau.

Prenant en compte les évolutions actuelles du cours mondial des produits pétroliers, les difficultés du secteur des transports, ainsi que les répercussions de cette hausse sur les prix des produits de grande consommation, le Conseil des Ministres décide :

1°) la baisse du prix du litre de gasoil et du pétrole lampant :

ainsi le prix du litre du gasoil est fixé à compter de ce jour à 685 F au lieu de 785 F ; le prix du pétrole lampant est de 495 F au lieu de 550 F.
Ces deux produits étant ceux utilisés par le plus grand nombre des populations, la baisse de leur prix pourra sensiblement relever le pouvoir d'achat des consommateurs. Il est bien entendu que le litre du super reste inchangé.

2°) Outre cette décision de baisse des prix, le Conseil des Ministres a décidé des mesures d'accompagnement ci-après :

1) La revalorisation et extension des indemnités de transport des fonctionnaires et agents de l'Etat

L'indemnité de transport a été étendue à tous les fonctionnaires. Elle passe de 2000 F CFA à 7000 F CFA pour les fonctionnaires qui travaillent à Abidjan et Bouaké et elle est de 5000 F CFA pour les autres fonctionnaires.

2) Les aménagements à faire au titre de la vignette et de la patente Afin de permettre au secteur du transport de faire face aux difficultés liées à l’augmentation du prix du carburant, les aménagements suivants sont proposés :

- Report de l’échéance de la patente pour l’année 2008 au 30 septembre 2008 et abandon des pénalités légales y afférentes ;
- Abandon de la patente et de la vignette dues pour l’année 2007 et antérieures, avec les pénalités légales y afférentes ;
L’impact financier de ces mesures sera évalué sur la base de constats effectifs des réalisations du second semestre 2008.

3) La création d'un cadre de discussions en vue de l'élaboration d'une Convention collective professionnelle annexe du sous-secteur des transports terrestres.

4) La création d'un cadre de concertation pour la lutte contre la cherté de la vie avec les centrales syndicales, les transporteurs (propriétaires de véhicules de transport et conducteurs desdits véhicule), les consommateurs. Ce cadre est institué en vue d'examiner :

a) les questions liées à la hausse des prix des produits pétroliers et ses
implications sur le coût de la vie ;

b) les revendications sociales émanant des centrales syndicales et liées à la flambée des prix des produits de première nécessité et à celle du prix des produits pétroliers.

5) La mise en place d'un cadre permanent de concertation entre le Gouvernement, les opérateurs du secteur pétrolier et ceux du secteur du transport pour l'étude des réajustements des prix des produits pétroliers.

6) La création dans les Communes, sous l'égide du Ministère du Commerce et avec la participation des Maires de Comités de Surveillance des prix. Ces Comités seront chargés entre autres, de vérifier sur le terrain l'affichage des prix et l'application effective des prix affichés. Ces Comités comporteront nécessairement des représentants des Associations et Groupements de consommateurs. Ils sont à
mettre en place dans un délai d'un mois à compter de l'adoption de la présente communication.

7) Le renforcement de la lutte contre le racket sur les routes et sur l'ensemble du territoire national.

8) L'examen d'un allègement des conditions techniques et du coût de la visite technique automobile sur une période transitoire à déterminer.
Le coût de ces mesures est estimé à 200 milliards de F CFA. Pour le financement de celles-ci, le Gouvernement a pris les dispositions suivantes :

1) Les réductions budgétaires portant aussi bien sur les dépenses de fonctionnement que les dépenses d'investissement estimées à 49,20 milliards de FCFA , pour l’année 2008.

2) La réduction au strict minimum jusqu'à nouvel ordre, des missions à l'extérieur des Membres du Gouvernement, sauf autorisation spéciale du Premier Ministre ou du Président de la République.

3) La réduction du train de vie des Membres du Gouvernement par la prise de mesures pouvant affecter aussi bien les traitements que les véhicules de commandement ou de service : ainsi le salaire de base des membres du Gouvernement est diminué de moitié.

4) Réduction des charges de fonctionnement des Sociétés d'Etat, des Sociétés à participation financière publique majoritaire, notamment par la baisse des traitements et avantages des dirigeants de ces entreprises publiques et parapubliques.

5) Le captage des ressources exceptionnelles du fait de la hausse actuelle du cours mondial du carburant et du cacao.


Fait à Abidjan, le 20 juillet 2008

Le Premier Ministre

Guillaume Soro


« Sida le doute !» : un documentaire qui suscite des interrogations.

Posté le 19.07.2008 par francisyedan
Le réalisateur Djamel Tahi en formation au cours d'un atelier sur le film documentaire


Le Vih est-il responsable du Sida ? Le test de séropositivité est-il fiable ? Le Sida existe-t-il ? Telle est la problématique qui sous-tend le film documentaire « Sida la doute ! » du réalisateur franco algérien Djamel Tahi. Ce film a été diffusé lors du premier festival ivoirien de cinéma destiné à la défense des droits humains et à la liberté d’expression dénommé Ciné Droit Libre Abidjan qui s’est tenu du 10 au 13 juillet 2008.
De grandes figures scientifiques du 20ème siècle reconnues pour leur expertise en matière du Sida, mais représentant une minorité, affirment depuis plus d’une décennie que le Vih n’est pas responsable du Sida. Pour eux, un virus ne peut demeurer en état de sommeil dans un organisme et se mettre en action plusieurs années plus tard et déclencher une réaction en chaîne en l’occurrence le Sida. Tous les virus ont le même fonctionnement. Lorsqu’ils atteignent un organisme, ils se mettent automatiquement à le détruire. Pourquoi, dans le cas respectif du Sida, le porteur du Vih est sain jusqu’à une certaine période où il développe la maladie. Mieux, à ce jour, aucun chercheur réfutant cette thèse n’a été en mesure de repérer le Vih dans le sang d’une personne infectée. Où se trouve alors le virus responsable du Sida ? Cette bataille scientifique fait rage au point que la minorité de savants avançant cette thèse est traitée de tous les noms. Toutefois, des imminents chercheurs comme Luc Montagnier sans se ranger du côté des dissidents, avoue qu’il y a évidement des doutes quand à la responsabilité du Vih dans la manifestation du Sida d’autant plus que jusqu’à ce jour aucun scientifique n’a de façon claire, indiqué dans une quelconque revue scientifique ou au cours d’une conférence de presse que le Vih est la cause du Sida.
En outre, les analyses ont démontrés que le Sida est en terrain conquis seuls dans les milieux homosexuels et celui des drogués. Cela serait dû à une sorte de produit qu’ils utilisent. Ce produit selon plusieurs spécialistes, serait la cause du Sida et non le Vih parce que ce même produit serait le responsable des taches qu’ils ont sur le corps. Tandis que dans leur rang, le Sida continue sa route vertigineuse, chez les hétérosexuels ce n’est pas le cas, même chez les prostitués qui devraient être également exposés à la maladie. La drogue et la prise d’autres substances par ce groupe d’individus, est une piste dans la recrudescence de la maladie aux dires d’un autre groupe de scientifiques.
Le doute continue de s’installer au point de susciter de multitudes questions autour du Sida comme la fiabilité du test. Les critères du test ne pas les même du Canada aux Usa en passant par la France et l’Australie. Dans « Sida le doute ! », le spectateur se rend compte que lorsqu’un sang est dit infecté en France il ne l’est pas nécessairement aux Usa parce que les critères d’évaluation ne sont pas les mêmes. Pis, il s’est avéré que des sangs ont eu des status différents dans deux laboratoires des aux Usa. Alors, le test est-il fiable ? Dans ce documentaire, il est clairement admis que les critères d’analyse en Afrique sont si légères qu’une personne admise séropositive sur un territoire de ce continent aurait des chances d’être séronégative avec un teste réalisé en France ou ailleurs. Raison pour laquelle, alors qu’on indiquait dans les années 1980 qu’un pays comme l’Ouganda avait plus de 40% de sa population infectée, plus de deux décennies plus tard l’Ouganda n’a pas encore perdu 40% de sa population des suites du Sida. Mieux, les chiffres ont été revus à la baisse, entre 5 et 10% de contaminés. Où sont alors passés les autres qu’on annonçait morts dans 10 voire 15 ans? Tous ceux dont on prédisait la mort du fait du Sida sont encore vivants. Etaient-ils véritablement infectés ? Le Sida existe-t-il ? La question de l’existence du Sida a été également posée dans ce film parce qu’il semble que les Africains meurs, mais pas du Sida. La tuberculose, la malaria, la diarrhée… sont des maladies existantes sur le continent depuis plus d’un demi siècle. Et ce sont elles qui tuent les Africains. C’est ce qui expliquerait que certains guérisseurs affirment soigner le Sida parce que le Sida qu’ils prétendent guérir n’est en fait qu’une maladie aigue dont souffrait le sujet. Loin de remettre en cause l’existence ou la fiabilité du Sida, il s’agit de mettre en exergue les interrogations que suscite « Sida le doute ! ». Il serait humain de poursuivre la réflexion comme l’a fait le Président Tabo M’Beki lorsqu’à un somment de l’ONUSIDA au Cap, il a invité les chercheurs dissidents à exposer leurs idées, même si la communauté scientifique présente n’a pas daigné le suivre sur cette voix.
Djamel Tahi réalisateur de « Sida le doute ! » travaille à la réalisation d’un film documentaire sur la fiabilité du test du Sida parce que l’objectif de « Sida le doute ! » était de mettre en lumière cette polémique scientifique sur la responsabilité du Vih dans la manifestation du Sida.

Francis Yedan

LES NOIRS ET LEURS IMAGES

Posté le 17.07.2008 par francisyedan
Le 16ème numéro de Art Pero de l’Agence Houkamy Guyzagn a eu pour invité le Dr Yao Koffi Célestin, docteur en art et en science de l'art. Autour du thème « l’homme noir et son image », le conférencier et les invités ont échangé à cet énième rendez-vous destiné à faire la promotion de l’Art. Ci-dessous, l’intégralité de l’intervention du panéliste.

Quand j’indexe la problématique du noir et son image ou des noirs et leurs images, au sens étymologique, et au sens de ses différents renvois et de ses racines séculaires, j’aimerais vous amener à percevoir de prime abord la pluralité ou / et la grande étendue sémantique contenue dans une telle expression ou dans de telles expressions.
Au delà de la forme réductrice et condensée de notre thématique Indexer le noir et son image ou ses images (bien entendu, le noir n’a pas qu’une seule image) revient à parler du noir ; souffrez que nous puissions un temps soit peu parler du noir dans son ensemble au-delà même de l’image spéculaire et de ce à quoi il renvoie automatiquement , pour autant faudrait-il chercher à savoir ce que c’est qu’un noir de la perception populaire à la perception philosophique, et ce que c’est qu’un noir aux yeux du noir lui même et aux yeux des autres qui n’appartiennent pas à ce corps de noir ou à ce corps noirs. Il faudrait également chercher à savoir ce qu’est l’être devenu du noir ou de l’image du noir, ainsi que de son évolution à travers le temps et l’espace. Certains pourraient indexer ici à juste titre, une sémiologie du corps dans le sens ou celui-ci possède ses signes et ses caractéristiques propres, c’est à dire l’image ou les images du corps noir – et des signes propres attachés à l’indexation même (le fait de reconnaître un corps dit noir parmi tant d’autres corps). En indexant nous conférons valeur et la valeur prend sens dans son acceptation : « Moi, je suis un noir, je le proclame et je le reconnais, Lui aussi, il est un noir et je suppose qu’il le sait et qu’il le reconnaît». A considérer la voyance objective du corps, notamment la voyance comparative d’un corps donné eu égard à un autre corps, nous pourrons affirmer qu’au regard de Lui et de Moi, nous constatons que Toi aussi, par rapport à tel ou tel aspect de ton corps et de ton pedigree personnel, renvoyant à nous ou à Lui et Moi, « dis toi donc que tu es également un noir ». Le noir sera donc visible au travers de son indexation même ou sera invisible et contesté d’une manière ou d’une autre, ainsi, Alexandre Dumas père et fils et Alexander Pouchkine sont dits noirs ; plus près de nous, Lewis Hamilton est noir, Tiger Wood est noir, Barack Obama est noir etc. malgré toutes les réserves que nous pouvons émettre sur leur filiation. En tout les cas, dans un second temps, l’ « Etre » noir sera remis en cause au travers de sa non indexation ou de sa non reconnaissance directe, ainsi Mariah Carey n’était pas noire avant qu’elle ne l’affirme elle même : d’aucun pourrait dire : « Non Monsieur ! excusez moi, je ne suis ni un noir, ni un africain, je suis un indien, je suis un aborigène ou je reviens de vacances des îles ou d’Afrique et je suis juste un peu bronzé, mais cela malheureusement passera très vite avec l’arrivée de l’hiver, etc., pourrons nous entendre ».
Au-delà du caractère propre d’un corps et de l’indexation qu’il subit automatiquement et systématiquement, l’on peut dire que la voyance « mélanodermie » ne suffit plus pour signifier la nature de ce corps, elle ne suffit plus car l’on peut être de teint noir sans être un noir, je veux dire un nègre.
A ce stade, l’on pourra remettre en cause la thèse de Frantz Fanon quand il dit que « le Noir est un homme noir ». D’ailleurs cette thèse de Fanon n’est pas nouvelle, avant lui Léo Frobénius dans son ouvrage « Und Africa sprach (Et l’Afrique parla) » nous dit également que le noir c’est le « Schwarze Haut, schwarzes Herz » c’est à dire (une âme noire dans un corps noir). La question ici est que si nous savons vous et moi ce que c’est qu’un corps noir, il nous revient de chercher à savoir ce que c’est qu’une âme noire . Nous remettons en cause ces deux assertions dans la mesure où pour nous l’on peut être de teint noir sans être un noir, étant donné que la noirceur de la peau n’est pas un élément propre ou fondamental ou exclusif au noir africain seul ou du point de vue du noir d’Afrique subsaharienne. Il faudrait ajouter à cette noirceur même, d’autres valeurs en rapport avec une certaine idéologie du corps, voire une ethnologie ou une sociologie du corps, en un sens un historisme du corps. A contrario, l’on peut être de peau blanche et être de cœur noir, à comprendre la notion de « cœur noir » ici, au sens positif et non au sens diabolique. L’on peut être de peau noir et être de cœur blanc, au sens critique Fanon nous le dit dans « peau noir masque blanc », au sens de la dépréciation historique attaché au noir Léo Frobénius l’entendra en filigrane d’une pensée politiquement correct pour l’époque, quand pour remercier un précieux collaborateur noir, le sous officier Bida, il dit en son encontre : « Même noir, il a souvent fait montre de qualités de cœur propres à un Blanc ».
Si nous considérons deux entités dites distinctes : (l’entité noire et l’entité blanche), je n’indexe pas ici par exemple la blanchissement psychologique ou même psychanalytique d’un sujet noir tel qu’évoqué par Frantz Fanon
Le blanchiment du corps du noir par lui-même est d’abord pathétique parce qu’il nie ses ascendantes naturelles et objectives. Le sujet noir qui se blanchit la peau ou veut se réaliser dit-on à travers le mariage avec un blanc, en dehors du complexe d’infériorité développé, se renie d’abord si sa motivation, je dis bien si sa motivation est uniquement dirigée vers une forme de blanchitude ou blanchiment personnelle par assimilation ou par procuration au conjoint blanc ou à la conjointe blanche ou celle de la blancheur de sa descendance, c’est-à-dire de ses enfants qu’il voudrait moins noir que lui ou pourrions-nous dire moins « sauvage de la brousse», moins primitif ou moins animal que lui ou par mimesis du blanc à travers sa possession même ; dans quel cas, ce dernier sera par exemple comme le dit Fanon, « un malheureux ». Il s’agit donc véritablement d’un malheur pouvant affliger un être dans sa chaire et dans son âme dans la mesure où selon Frantz Fanon, « il y’a un complexe d’infériorité marqué par un double processus » :
- Premièrement nous avons une intériorisation (disons même une acceptation) d’une infériorité marquée par une épidermisation de cette infériorité même.
- Deuxièmement, et c’est classique nous avons un complexe d’infériorité économique, impliquant naturellement les facteurs de développement humain voire de développement de société ou de sous développement humain et de société.
J’indexerai donc, au contraire et au-delà des facteurs psychanalytiques que nous venons de voir, le facteur aléatoire lié au concept même de la peau – être noir ou se dire noir peut être pur concept et dépendant de soi ou aller de soi, être noir c’est un choix ou son acceptation tacite. Autrement quelle est la part du noir entre l’élément culturel ou éducatif et l’élément visible ou rétinien ? Le noir est-il celui qui a seulement la peau visiblement noire ? Dans ce cas pourquoi les indiens où les peuples de certaines régions d’Asie méridional ou du monde ayant la peau noire ne seraient-ils pas considérés comme des noirs ? Peut-on dire que le Noir au-delà du fait qu’il soit, c’est-à-dire « un homme noir » au sens de Fanon, doit être définitivement né en Afrique ou d’origine africaine ou d’ascendance africaine comme nous le montre le cas des métisses nés de parents noir et blanc et pourtant assimilés au peuple noir. Que dire des peuples africains américains fortement métissés aux races blanches et jaunes et rouge et qui revendiquent de façon totale leur appartenance à la race noire, autrement que par le caractère aléatoire des schèmes de définition et de représentation des groupes raciaux.
L’individu décide donc de ce qu’il est lui-même et des différents éléments de son identification, nous parlons bien des « différents éléments d’identification » et cela est bien perçu par Amin Maalouf . Amin Maalouf nous parle de la question de l’identité complexe. Pour lui, « en tout homme se rencontrent des appartenances multiples qui s’opposent parfois entre elles et le contraignent à des choix déchirants. Pour certains, la chose est évidente au premier coup d’œil ; pour d’autres, il faut faire l’effort d’y regarder de plus près ».
Certes il y a une persistance d’hybridation au niveau des sociétés humaines et des Hommes, mais celle-ci ne peut, de toute évidence, faire valoir ses droits dans une société où artificiellement les personnes sont « constamment mises en demeure de choisir leur camp, sommées de réintégrer les rangs de leur tribu »
Dans les éléments d’identification durable de soi en un lieu précis du monde, nous pouvons citer une étude faite par Marcel Détienne au sujet de l’autochtonie , Détienne met en avant, entre autre, la question des bons autochtones, le sentiment national, et surtout les impuretés hors d’âge etc. Nous retenons chez Détienne, que « les souillures ne voyagent pas seulement dans l’espace, elles se diffusent aussi dans le temps. Certaines, les plus graves, peuvent contaminer plusieurs générations, infecter une lignée entière. Ce sont les impuretés nourries par ce que toute une tradition archaïque appelle les « ressentiments anciens » les palia mènimata . Si nous indexons la question des souillures intemporelles, c’est pour mieux mettre en avant le fait du défaut congénital attaché à certaines apparitions culturelles ou plus globalement à certaines cultures dont nature peut être définitivement remise en cause par les fondations et les bases inhérentes à ces mêmes cultures. Par exemple, à partir de quand existe t-il globalement chez le sujet noir une conscience objective de son image et le champ globale d’application de celle-ci, ainsi que l’idée d’une différence de cette image d’avec celles des autres. A partir de quand existe t-il la conscience de race noir chez le noir ? Nous savons qu’au sein des tribus africaines existaient et existent des visions spéculaires de soi véhiculées par les arts et les pièces fabriquées. Nous savons également que d’une tribu africaine à l’autre, les formes varient et qu’il n’ y a pas d’uniformité culturelle et cultuelle. Dans le cadre des nations dites modernes ce constat est également valable, à considérer qu’une nation elle-même véhicule l’idée ou le résultat d’un ensemble de valeurs communes. Nous savons que ce n’est pas toujours le cas, certaines nations étant fortement divisées entre composante raciale, religieuse, ethnique, etc.
C’est dire qu’au sein même des civilisations dites africaines noires, il y a une diversité et d’énormes divergences pour ce qui concernent les visions iconographiques, d’une région à l’autre.
A partir de quand, les africains noirs ont-ils décidé de forger leurs images réelles (les images d’eux-mêmes) sur la base de traits communs et de lieux précis au détriment de certains autres peuples qui leur sont, soit proches, soit ressemblant. Les éléments du choix sont-ils aléatoires ou à relativiser ? Est-ce un choix motivé par la situation géographique ou politique ? D’hors et déjà, nous pouvons affirmer que ce choix ne peut être motivé par la question de l’appartenance raciale commune, car l’avons-nous vu, cette appartenance même ne forge pas la race et ses spécificités.
Ainsi avons-nous pu déduire que l’on peut être blanc de peau et être considéré comme noir. L’on peut être issu d’une mixité raciale d’une composante « blanc noir » et être assimilé au noir. Le cas du candidat dit noir Barack Obama en est plus qu’exemplaire aux Etats-Unis.
Si nous mentionnons les langues, les langages, les codes qui nous sont inhérents, etc., au nombre des signes de notre visibilité corporel ou de notre visibilité au monde, de notre appartenance assimilatrice obligatoire et identificatrice à un pays ou à un continent ; Si nous répertorions les langues et les langages, les codes qui nous sont inhérents, au nombres de notre appartenance au monde, l’on pourrait dire aujourd’hui que sur terre existe et c’est fondé, une race dite noire ou conceptualisée dans un « package idéologique » tout en possédant ses propres caractéristiques, sinon vous en conviendrez qu’elle n’existerait pas et ne se différencierait aucunement d’une autre parce que fusionnant avec elle. La pluralité évoquée plus haut (quand nous parlons par exemple du noir et ses images plutôt que du noir et son image)) concernera notamment, les champs d’indexations, les objets spécifiques et situationnels, les lieux de fondements et d’exemplifications des schèmes, plutôt que de voir cette problématique même, au sens strict d’une assertion singulière et bornée qui identifierait une fois pour toute une donnée précise de la nature humaine ou de la condition humaine noire, si nous empruntons cette notion à André Malraux. Cette notion renvoiera aussi bien au contenu sémantique du noir et de son image qu’à celle des noirs et de leurs images.
Il est important de situer ce contenu ou ces contenus afin de dégager semblée les horizons de la pensée analytique en couvrant large plutôt que de nous borner à une notion singulière pouvant être vu comme un déterminisme. Nous pourrons dire, dans ce cadre stricte qu’il faudrait éviter d’attacher au groupe déterminé une et seulement une certaine image spéculaire non évolutive dans le concept des représentations humaines figées dans l’espace et le temps - dans la saisie des éléments représentatifs d’un groupe humain vus comme ensemble de valeurs exclusives et fondatrices d’une certaine idée et d’une certaine identité et in fine comme entité raciale distincte des autres races et des mondes possibles.

C’est le lieu de dire que notre étude prendra en compte deux aspects, dont l’une se subdivise en deux parties :

La première partie étudiera la question du noir et de son autoreprésentation. Dans l’autoreprésentation du noir face à lui-même c’est-à-dire, comment le noir se perçoit-il à travers son art, comment se perçoit-il au gré des caractéristiques singulières et particulières ou / et particularisantes le définissant, et définissant de facto dans l’abord d’une catégorisation et d’une dé catégorisation des peuples et des mondes, en rapport avec une certaine pigmentation de la peau plus ou moins forte ou l’idée de la pigmentation elle même sectorisée et valorisée par la géographie des nations moderne et contemporaine que ne le seraient hypothétiquement les nations traditionnelles.

La seconde partie étudiera l’image du noir et son apparition majestueuse dans l’art et l’imagerie occidental.

La troisième partie est une sous-section de la seconde et elle s’attellera à démontrer et à démonter le mécanisme de la perception du noir et de l’image véhiculée de lui au travers du regard de l’autre ou plus exactement du regard du blanc à l’époque moderne. Cette fois, elle s’accentuera sur des figurations triviales partant de la chosification à la caricature parfois naïve ; in fine à ce qui peut s’apparenter sinon à une opération de déconstruction de l’image du noir au travers d’un prisme volontairement déformant ou d’une vision partiale et profane ; au demeurant à une opération de dénigrement, de sape, et de sabotage de l’image dite du noir sans doute pour mieux le posséder, le dominer ou l’assujettir de façon définitive.

A- Le noir et l’autoreprésentation

Autour de la question de l’autoreprésentation, nous pouvons remarquer que toutes les formes plastiques ont été exploré en Afrique noire sans exclusive d’une formes, d’un style ou d’une particularité artistique que les peuples noirs ne connaîtraient pas ou dans laquelle ils se seraient montrés des capacités lacunaires.
L’idée véhiculée des artistes et des artisans noires africains étaient qu’ils abordaient les formes plastiques loin des objectivations du corps, soit dans des symbolisations sculpturales (ce qui tout de même et malgré le dénigrement des exégètes occidentaux est positif en soi), soit dans une appréhension enfantine générale de la forme par le « noir- naturkind » enfant de la nature (ce qui en soi est une injure portée au talent des noirs à pouvoir et savoir représenter selon les canons grecs). Avant d’aborder des formes artistiques précises en rapport avec les formes représentatives et imagières, situons les horizons de la pensée.
La notion de progrès, l’avons-nous évoqué avec Frantz Fanon sur la question de développement économique. Dans le jugement des occidentaux d’alors, le progrès justement se définie dans l’ordre de la technique. Il s’agit cette fois du développement de la technique. C’est dire et comme nous le rapporte Jean Laude dans son étude consacrée aux arts de l’Afrique Noire que « la technique fut immédiatement appliquée dans l’ordre des mœurs, de la vie sociale, et des arts ». Le progrès technique, nous rapporte Jean Laude, sera considéré comme étant à l’origine du progrès moral, du développement des « beaux-arts » et des « belles-lettres ». De fait « les civilisations non européennes sont classées selon leur indice de technicité […] L’idée directrice est constante : une carence dans un domaine affecte tous les autres domaines ; l’infériorité technique d’une civilisation implique son infériorité artistique. Pour Jean Laude, ni la science, ni la philosophie ne songent à mettre en doute l’égal développement de toutes les activités humaines, au sein d’une même société. C’est d’abord en des termes hérités de Léonard de Vinci que le problème est posé. La hiérarchie des arts s’harmonise avec le niveau des civilisations qui les pratiquent : la peinture est considérée comme le premier des arts et les Noirs qui se limitent à la sculpture sont nécessairement des artistes dits inférieurs. En 1846 Charles Baudelaire (qui deux ans plus tard, reviendra d’ailleurs sur son jugement) écrit que « la sculpture est un art des Caraïbes » (par analogie il faudrait y voir le peuple noir). Baudelaire suivait ainsi le muséographe Edme François Jomard qui affirmait que la peinture est l’art des peuples « déjà avancés en civilisation ». Plus tard, la découverte des grottes à peinture devait définitivement ruiner la théorie – mais non le principe qui la gouvernait » .
Dans ce sens, il faudrait plus voir l’évolution de l’image du noir chez autrui, non pas au sens de la reconsidération de la représentation des figures « portraitistes » (sculptures ou peinture, peu importe) entre autres approches représentatives ou auto représentatives, mais plus au sens d’une approche épistémologique abordant le fait même de l’évolution positive et objective de l’image du créateur noir et du monde noir dans son ensemble aux yeux des occidentaux. Cependant les occidentaux seront et doivent être vus ici, non pas comme des cautions justes et des modérateurs ou des arbitres impartiaux, dans l’évaluations des arts des communautés noirs et dans ce qui doit être considéré comme de la bonne création ou de la mauvaise création, mais surtout il s’agira d’un rétablissement et d’une actualisation équilibrés des faits. Aussi l’Occident n’a pas à fixer les canons esthétiques et les règles de la création tout en imposant la direction à suivre aux autres. Dans l’objet de l’autoreprésentation, l’image du noir est véhiculée à travers une pluralité de supports mis à la disposition du créateur noir, allant du plus riche support (or, bronze, laiton, cuivre) au plus modeste (bois, fer, argile, terre).
Au-delà des impératifs cultuels, sacrés, usuels décoratifs artistiques, etc., du moment, les représentations du noirs ont une approche puriforme de leur sujet. Sans limitation de périodes, elles vont de la symbolisation, à la symbolisation extrême, à la combinaison des formes tantôt anthropomorphes, tantôt anthropo-zoomorphes, comme l’on peut le percevoir dans la statuaire noire. Sans qu’il ne s ‘agisse d’une étude nécessairement comparative qui tendrait à donner de la valeur et du sens (qu’il faudrait d’ailleurs éviter dans la mesure où nos formes sont autonomes et figés dans leur éternité représentative et canons propres), ces différentes formes africaines n’envient rien en cela aux propositions plastiques dites réalistes, hyperréalistes ou surréalistes des périodes modernes et contemporaines de l’histoires des arts en Occident. Ces notions que nous venons d’indiquer : (réalismes, hyperréalismes, surréalismes) sont certes des styles, des traitements particuliers, mais elles sont avant tout des approches distinctives contenues dans une philosophie bien occidentale qui n’a pas lieu d’être ici, en tous les cas de façon définitive. Les figures représentatives du noir dans leur milieu et dans leur contexte d’usage n’ont pas à trouver leur objectivation dans la langue des autres, car les langages autres les expriment que de manière très partielle et partiale quand l’interprétation est faite de manière unilatérale et avec des éléments limités. Parfois même, elles ne les expriment pas, elles les condamnent à mort dans l’inexpressivité ou dans la fausse interprétation ou dans la transposition de pedigree non correspondant. Dès lors une œuvre peut mourir effectivement dans l’anonymat de son origine et de son auteur comme fond de musée dans des scénarii qui ne lui conviennent évidemment pas. En cela nous pouvons dire que la forme objet en Afrique est avant tout vie avant d’être matière, sans dévaluer ses autres dimensions. A l’ère où la performance, et les arts éphémères sont érigés comme des formes majeurs de l’art moderne, contemporain et postmoderne, tous trois cumulés – nous pouvons croire que l’usage ou la fonctionnalité d’un masque, et d’une statuette ou d’une pièce quelconque n’enlève en rien à sa singularité plastique même dans le culte qu’il honore, mais il participe dans la performance ou dans l’installation dont il est un élément matière, et une pièce maîtresse. Le culte rendu à un être de l’au-delà, installé sur un autel dans un recoin de la maison est une installation, la prière ou le sacrifice est son concept. Le mode de présentation de l’œuvre, le concept sous-jacent à sa monstration, la durée et le mode de conservation ne compte plus. Maintenant que nous savons vous et moi que dans l’art, toutes les démarches sont possibles sans exclusive et sans règles de légitimation absolue. Dans un tel cadre, le mode opératoire dans les différentes postures adoptées dans la monstration des objets africains peuvent être vue comme des formes anticipatives du devenir de l’art d’aujourd’hui et de demain. Nous étions donc en avance, non seulement dans la représentation de nous-mêmes comme nous allons le voir brièvement dans l’exemplification, mais nous étions également en avance sans faire preuve d’un afro centrisme béat dans la ou les manières que nous voulions que ces représentations de nous même s’affichent à nous et structurent nos mémoires collectives. Aujourd’hui, nous savons qu’en art on vit l’objet, on touche la pièce, on l’utilise, on la manipule, même dans sa forme finale.

Au niveau de l’exemplification, nous avons souligné que les représentations du noir empruntaient une pluralité de styles.

L’esthétique symboliste

-Au niveau de la forme nous avons la symbolisation stylistique. Les formes ici dépeignent une disposition particulière du corps, l’on reconnaît certes le corps représenté, mais il n’est pas seul, il est façonné dans et par l’imaginaire de son concepteur qui bien entendu peut emprunter dans les formes cultuelles et culturelles ambiantes ou les inventer purement. Quand le corps humain est représenté dans sa totalité l’on parlera d’anthropomorphisme, quand il est partiellement représenté et complété par d’autres éléments empruntés par exemple aux animaux, dans une majorité des cas, l’on parlera d’anthropo-zoomorphisme. Quand il est mis en avant une conception plastique empruntant ses formes au monde animal dans sa totalité, l’on parlera de zoomorphisme.
Nous pouvons citer entre autres propositions entrant dans la symbolisation esthétique : les statuettes présentant l’esthétique des conjoints mystiques montrant le corps idéalisé du conjoint de l’au-delà. La statuette (blolo bla et blolo bian) des baoulés montre la perfection féminine dans la culture baoulé, avec toutes les subtiles inflexions de la vie : courbes gracieuses, chevelure soigneusement tressée, fines scarifications, peau luisante, seins menus de jeune fille. La diminution des membres inférieurs, aux mollets cambrés et musclés de femme qui travaille dans les champs, s’accompagne d’une légère flexion qui introduit le mouvement dans l’immobilité. Les bras collés au corps se rejoignent près du nombril afin de marquer plus clairement le lien charnel (bla yolè ngwan yama) « la femme tient la corde de la vie » : ce qui met l’accent sur l’importance du lignage. Nous pouvons citer également la symbolisation esthétique des esprits chez les wan, Yohourés, Monas, Baoulés. En principe les esprits de la nature sont hideux, difformes, bossus, vélus, avec des cheveux sales qui descendent jusqu’aux chevilles, etc. Par contre on ne verra pas les génies des esprits représentés sous ces traits là. A priori néfastes, ils deviennent bénéfiques si on les honore au moyen d’œuvres d’art, par lesquelles ils s’extraient de leur milieu sauvage pour être captés par le talent du sculpteur.
Nous pouvons citer à l’ordre de la symbolisation, les talismans Saos, les têtes scarifiées Saos l’art des cours des royaumes du Dahomey, l’art des Dans, l’art des Sénoufo, l’art des Dogons, l’art des Dioulas de Kong et les Ligbis, l’art des Fangs, l’art des Gouros, l’art des Grebos du Libéria, l’art des Kotas, des Obambas et des Mahongwés du Gabon et du Congo, l’art des Kubas du Congo, l’art des Kwélés du Gabon, l’art des Lubas du Congo, l’art des Maous de Cote d’Ivoire, l’art des Mossis, l’art des Pounous du Gabon et du Congo, l’art des Songyés du Congo, l’art des Wans de Côte d’Ivoire, l’art des Tschokwès d’Angola et du Congo, l’art des wès de Côte d’Ivoire, l’art des Winiamas, des Nounas, et des Nounoumas du Burkina Faso et du Ghana, l’art des Yohourès de Côte d’Ivoire etc.


L’esthétique réaliste

Au niveau de l’esthétique réaliste nous pouvons citer :
L’art du portrait sculpté qui fut et est une pratique significative en Afrique. Dans les chefferies du Cameroun, le prince fait réaliser son portrait après son intronisation. Chez les baoulés certains masques sont considérés comme des effigies sculptées en l’honneur de femmes célèbres pour leur beauté. Les artistes ne s’efforcent pas d’atteindre une ressemblance absolue, à une identité physique : l’individualité de la représentation n’entraîne pas une représentation systématique de l’individu, et le masque répond moins à une volonté de similitude qu’à une transfiguration. Les Fang du Gabon par exemple interprètent au premier abord les statues de leurs reliquaires comme des « portraits ».
Au nombre des formes réalistes nous citerons les œuvres d’Ifé en pays Yorouba. Chez les Yoroubas, la sacralité du visage royal explique l’existence des têtes en bronze et en argile, souvent de grandeur nature, parfois plus petites, qui servaient de figures commémoratives représentant le défunt et indiquant que même si le roi était mort, son image restait immortelle.
Ces têtes d’Ifé offrent un tel réalisme idéalisé de la personne humaine que lors de leur découverte, en 1910, des européens avaient attribué leur origine à une colonie carthaginoise qui aurait fait souche au Nigéria, comme si des africains étaient incapables de créer des œuvres d’un style « classique », différents des genre de représentation habituels en Afrique. A coté des Ifés, nous pouvons citer dans une moindre mesure les Edos du Bénin.


Une esthétique de la finition

L’esthétique de la finesse et de la séduction est manifeste dans la plupart des peuples africains qui attribuent un primat à la clarté des lignes alliée à la souplesse des courbes, à la finesse du modelé distinction, élégance, délicatesse des traits qui visent à idéaliser la personne.
L’esthétique du « poli » et du tactile. De nombreuses œuvres sont conçues pour être bichonnées, cajolées, câlinées. Cette esthétique vise à restituer à la sculpture sa double nature : être à la fois visible et tactile, ostensible et charnelle. Le brillant, le doux, le velouté plaisent en Afrique comme en Europe. C’est le cas de la tête des poulies de métier à tisser ou des amulettes qu’on peut caresser à l’occasion de leur usage.


B – Le noir et son image dans l’imaginaire et l’art Occidental


Le noir a fait son apparition dans l’art occidental depuis l’époque médiéval, c’est à dire depuis le moyen âge qui est une période comprise entre l’Antiquité et les temps modernes. Il est traditionnellement limité par la chute de l’empire romain d’Occident en 476 et la prise de Constantinople en 1453.
Dans un premier temps il y eut des allusions faites autour de l’image de l’éthiopien. « La majorités des allusions éthiopiennes se répartit en deux masses : l’une, très générale, rassemble les éléments d’interprétation exégétique ; l’autre plus limitée, constitue une démonologie du Noir » . Dans la configuration d’une damnation du corps noirs, il faut noter que Origène « émet l’hypothèse selon laquelle les ténèbres extérieures où seront rejetés les reprouvés après la résurrection signifient que ces âmes seront alors revêtues de corps obscurs et noirs. L’aspect extérieur répondra dans le monde futur à la sombre ignorance qui avait occupé en ce monde leur être intérieur et la manifesta de manière visible » . Au contraire de Origène pour Contra Celsum, Dieu est sans forme, ni couleur et toutes les créatures humaines lui ressemblent également dans leur essence, indépendante des particularités d’espèce. Aussi la métamorphose des damnés relève plutôt du symbolisme de la lumière et de l’ombre ; toute mention d’éléments corporels en Dieu est allégorique. Origène réaffirme la définition de la première épître de Jean : « Dieu est lumière et il n’ y a point en lui de ténèbres (I Jean 1, 5). Ce qui équivaudrait-il au fait que les noirs reprouvés sont avant tout, ceux qui ont été jugés indignes de l’éclat des corps glorieux ?
Augustin observe qu’un Ethiopien, même en rêve, se voit presque toujours noir ; se verrait-il d’une autre couleur qu’il en serait surpris. Personne n’a jamais vu son âme revêtue de la « couleur d’air et de lumière », sinon dans un contexte onirique faux. L’Ethiopien ne pourrait en avoir l’idée à partir de lui-même et sans information extérieure .
En occident, les premiers litiges iconographiques se situent autour du personnage de Saint Ménas (IVe siècle). Certaines ampoules visibles au Musée d’Alexandrie ont conservé de Saint Ménas, trace d’un Noir, d’autres portraits officiels montre Ménas comme Blanc. Sur les ampoules qui offrent un type « négroïde », le style (et c’est un trait de caractère à retenir) est dit conventionnel : le profil aux lèvres charnues, la coiffure en coques qui symbolise les cheveux crépus. Sur d’autres ampoules du Musée du Louvre, Saint Ménas apparaît sous les traits d’un Noirs, alors que rien ne permet dans les textes de supposer une origine noire ou un rapport quelconque avec la Nubie. In fine, un manuscrit de la British Library contenant en caractères grecs mais en langue nubienne un texte relatif à saint Menas, probablement de 950-1050, offre une représentation du saint : cavalier dont le manteau vole « au galop flottant », Ménas tient une lance ; sa tête aux cheveux crépus est surmontée de trois couronnes. Compte tenu de la stylisation du graphisme, Ménas est figuré incontestablement comme Noir. Hormi Saint Ménas, dans l’un des plus anciens manuscrits enluminés d’Occident, nous avons le magnifique Pentateuque dit d’Ashburnham ou de Tours. L’Afrique et les noirs occupent une large place : des chameliers noirs sont associés à la scène du mariage d’Isaac ; des noirs généralement vêtus de costumes blancs siègent à table parmi les Egyptiens ou s’affairent comme serviteurs dans l’épisode du repas de Joseph avec ses frères.

Dieu blanc et Diable sombre

Sur les icônes d’époque apparaît la figuration du noir sous les traits du diable ou du démon. Il serait donc passionnant d’étudier la couleur foncée attribuée au diable des chrétiens et à ses démons. L’iconographie du haut moyen âge a figuré le diable et ses agents sous des teintes allant de l’ocre foncé au violet, donc sous des couleurs sombres. Ce fait rejoint toutes les allégories des peurs humaines que l’on retrouve dans le passé, aussi loin qu’on remonte, mais il ne s’agit pas de la représentation de diable ou du démon sous les traits d’un noir. Néanmoins, cette symbolique, quelque innocente qu’elle soit de tout jugement défavorables aux africains, s’inscrit aussi dans la courbe de l’Aethiops pécheur dont la couleur signifie l’adhésion au mal et dans celle de l’adoption du noir en tant qu’homme, comme personnage normal de bourreau. D’ailleurs comme bourreau on remarque que c’est le noir qui flagelle Jésus, c’est lui qui est le bourreau lors du Jugement de Salomon sur la cathédrale de Chartres. Sur la cathédrale de Rouen c’est un noir qui est chargé de décapiter Saint Jean Baptiste.
Elle véhicule des schémas ambigus qui impressionnent les occidentaux. Cependant avec le temps, il semble que que le démon a perdu son caractère explicitement sombre pour revêtir des aspects plus fantastiques au moment où l’Occident a repris contact physiquement avec les noirs.
Le noir retrouve ses apparats majestueux après la figure de Saint Menas en la personne de Saint Maurice. Mais comme d’habitude, la figure de Maurice laisse place au doute sur son appartenance raciale réelle. D’après les récits relatifs à des faits authentiques ou non, Maurice, Candide, Victor, Innocent, et leur Compagnons auraient été martyrisés pour avoir refusé d’abjurer (abandonner solennellement) le christianisme et adorer les dieux de Rome dans une région mal déterminée en Danube et Rhin. Ces officiers on insisté avant de mourir, sur le fait qu’ils ne refusaient ni l’obéissance à l’empereur ni le respect des ordres militaires, mais que leur conscience leur ordonnait de mourir en victimes plutôt ue d’abjurer leur foi. Le fait marquant chez Saint Maurice en particulier est que pendant la milieu du XIIIe siècle, une mutation exceptionnelle va faire jour dans le domaine de l’iconographie : l’apparition d’un Maurice Noir. Jusque là, sans qu’on semble jamais s’être posé de problème à ce sujet, il a été figuré sous les traits d’un Blanc. En effet vers 1240-1250, le programme de décoration de la cathédrale de Magdebourg dénote une rupture étonnante dans l’iconographie de Maurice : il devient noir. Loin d’être passager, ce changement va être adopté par Magdebourg, Halle, Halberstadt jusqu’au XVIe siècle, à de rares exceptions près.

Après Saint Maurice, nous avons d’autres saints noirs et d’autres personnages noirs qui apparaissent dans l’art occidental à l’instar de Saint Grégoire le Maure, la reine de Saba, les armoiries du Grand Khan et de ses vassaux, le prêtre Jean et ses vassaux, le troisième roi mage noir, la jambe de l’esclave noir dans le miracle de la jambe noir de Fra Angelico etc.


C - Epoque moderne et contemporaine.

L’image du noir tout le long des siècles a évolué mais n’a pas changé fondamentalement dans son inspiration dévalorisante à l’ère moderne.
Ainsi le message publicitaire en Occident va surfer sur les fantasmes que provoque ou provoquerait le noir. Le message publicitaire va donc surfer sur les valeurs exotiques, en créant des associations d’idées d’un goût souvent inégal ou simplement pour déclencher un sourire aux origines douteuses. Les étiquettes ne varient pas d’un siècle à l’autre. Et le noir représente tantôt l’enfant – tantôt le péché – ou carrément offert à la convoitise des blancs. Parfois le noir apparaît ici comme la figure de l’insouciance et la joie de vivre. A travers l’image publicitaire, il se dégage nettement aussi l’ancrage du noir dans une certaine animalité comme pour confirmer l’esclavagisme ou la campagne coloniale : puisque le noir n’est pas un homme, c’est donc le blanc qui l’élève à l’humanité ou à l’état d’adulte. Parfois l’on peut dire que ces images sortent même de leur propre cadre publicitaire pour emprunter les sentiers politiques dans des campagnes qui peuvent apparaître comme cynique ou méchante - à l’instar de l‘affiche figurant Nelson Mandela, les mouches sur le visage. Nous allons donc effectuer ici, si possible pour finir une présentation rapide de ces affiches publicitaires et leur évolution tout le long du XXe siècle.

La question du noir et son image, est un sujet passionnant. Nous avons pu voir au cours de cette étude tous les attributs attachés au corps du noir bon gré mal gré lui, ainsi que les véhicules des différentes notions auxquelles malgré ses efforts ils ne peut se défaire avec aisance, comme des condamnations, comme des damnations ; sans doute, parce que l’histoire qui est en cela un témoignage nous indique que ce peuple n’a pas encore trouvé les ressources nécessaires à la meilleure valorisation de son image à travers le temps, celle-ci est donc condamnée à être fait par les autres qui l’a font effectivement en tenant compte des intérêts en jeu. Les différentes campagnes (traite, colonisation, expansion économique, pillage des ressources naturelles, etc.) que le monde africain et noir a connu orchestré par le monde occidentale semble malheureusement la meilleure illustration des avantages qu’il a pu directement retirer de la dévalorisation de l’image du nègre. La négritude a pu adoucir le poids des mots et des maux mais n’a pu exorciser le mal qui semblait ainsi fait au niveau de l’image du noir et de son avenir immédiat. Le sous développement latent, et l’incapacité du monde noir à mettre en valeur ses richesses naturelles par son génie est un élément d’aliénation en soi des libertés au profit d’autrui, aliénation des décisions opportunes et la remise en cause des indépendances supposées dans la mesure Ce qui peut être supposé un gain se perd sous le coup des dictats issus d’un endettement qui lie les décisions et nie sinon inverse les priorités. Peut-on se refaire une image et à quoi servira t-elle dans un contexte général où nous ne savons pas dissocier ce qui est bon et bien de ce qui nuit et noircit davantage notre destiné ?


Sam SK le jah : « Je ne peux pas jeûner 30 jours, aller à l’église prendre la communion et rester in

Posté le 16.07.2008 par francisyedan
Artiste musicien reggae, auteur compositeur, interprète, animateur radio sur Ouaga FM au Burkina Faso, Sam SK le jah a assuré l’intermède musical de toutes les soirées de la première édition du festival Ciné Droit Libre d’Abidjan, consacré à la diffusion de films relatifs à la défense des droits de l’homme et à la liberté d’expression, tenu du 10 au 13 juillet 2008. Dans cette interview, il évoque les conditions difficiles de son engagement en faveur de la défense des droits humains et de la liberté d’expression dans son pays, parle de ses différents albums qui se vendent dans la clandestinité parce qu’ils dérangent, mais également apporte une lueur d’espoir à la jeunesse Africaine.

Comment un artiste musicien est-il a été amené à être dans une délégation de réalisateurs, de cinéastes, pour la tenue d’un festival de cinéma ?

C’est un festival de Cinéma qui fait la promotion des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Je m’y suis retrouvé parce que c’est une tribune qui permet de m’exprimer. C’est l’occasion qui m’a été donné. Je l’ai donc saisi.

Une tribune pour vous exprimer. Dans quel registre de manière précise ?

Une tribune pour faire la promotion des droits de l’homme et la liberté d’expression parce qu’aujourd’hui chez moi, je suis considéré comme un opposant bien que je ne fasse pas de politique. Je m’exprime, je fais une peinture d’un certain nombre de choses qui à mon sens pourraient connaître une amélioration. Mais on ne nous propose pas mieux. Je dis que ce n’est pas normal. Voilà qu’on trouve des étudiants aller dans les amphithéâtres à 4h de la matinée avec des tabourets ou qu’on n’ait pas assez de lits pour les enfants ou encore que la jeunesse soit confronter à de graves difficultés. La réponse c’est que la situation est pareille partout en Afrique. Il ne faut pas qu’on se compare toujours au négatif. Pour évoluer, il faut se comparer à mieux que soi et cela donne la force nécessaire pour faire mieux que l’autre. Mais chaque fois qu’un problème est posé, la réponse est qu’ailleurs ce n’est pas également reluisant. Je dis non ! Il ne faut pas qu’on soit dans cette dynamique. Il faut plutôt rechercher des aspects positifs à travers lesquels on avance. C’est donc dans cette logique de m’exprimer que j’ai été confronté à un certain nombre de problèmes au point que le peu de choses que je dis aujourd’hui se retrouve amplifier. Même quand je dis que je soutiens les étudiants dans leur combat… cela prend des proportions.

Lesquelles difficultés?

Depuis plus d’une année une personne menace de m’assassiner pour ce que je dis. Ensuite c’est voiture qui a été incendiée. Cela signifie que j’ai un message qui de plus en plus dérange. Je ne suis pas politicien. Je ne suis qu’un artiste qui essaie de faire la peinture de la société dans laquelle il vit. Je ne suis pas non plus une personne qui ne fait que la peinture de ce qui ne va pas.

Dans quelle circonstance votre voiture a-t-elle été brûlée ?

C’était le vendredi 28 septembre 2007, j’étais en émission comme tous les vendredi de 20h à 22h. Autour de 21h et demi, l’agent de sécurité est accouru en cabine pour me dire qu’il y a du feu dans ma voiture. La police scientifique a fait des prélèvements. Dans les coulisses, j’ai appris que ce serait un cocktail Molotov qui aurait été utilisé. Auparavant, une lettre maculée de sang avait été jetée dans la cour de la radio me disant qu’une grenade allait être mise dans ma voiture. Je ne sais pas exactement qu’est ce qui a pu bien se passer. Le véhicule avait été piégé et Dieu a voulu que la voiture prenne feu avant que je ne vienne…Quoi qu’il aurait pu être, ce qui est certain c’est que ma voiture a été totalement calcinée.

Où en sont les enquêtes ?

Le dossier a été confié à un juge d’instruction. Jusque là, un jeune homme qui avait produit un écrit incendiaire contre ma personne, traitant mon émission de radio mille collines a été appréhendé. Ce dernier ayant nié tout en bloc, il n’y a plus de piste. Cet individu, je le connais bien pour l’avoir sortir maintes fois de difficultés financières. Lorsqu’il prétend être innocent je le crois mais de l’autre côté lorsqu’on affirme que c’est lui je crois également.

Quelle est la situation des droits de l’homme au Burkina Faso ?

On vous dira que ça va. Certes il y a des efforts, mais on peut mieux faire. La liberté d’expression et les droits de l’homme tant que vous ne critiquer pas la mafia des gouvernants ça va. Si vous ne parlez pas de choses qui dérangent les gouvernants ça marche. Mais lorsque vous touchez au système cela peut devenir un danger pour vous-même. Vous êtes journaliste, vous êtes libre d’écrire, mais tant que vous ne touchez pas à certains proches du système, il y n’a de problème. Je prends un journaliste comme Newton Hamed Barry qui a échappé à une tentative d’assassinat au Togo. Les médias gouvernementaux l’ont présenté aux yeux des Burkinabés comme un délinquant qui essayait de voler une voiture. Plus tard, lorsque la population a compris ce qui se tramait, les gens sont tombés des nues. C’est quelqu’un qui aujourd’hui dérange au point d’avoir été traduit en justice.

Qu’est ce qui vous fait tenir?

C’est mon éducation. Je ne veux pas insulter mes parents. Je ne veux pas insulter mes professeurs, mes maîtres…qui m’ont enseigné la justice, la vérité…Je suis quelqu’un qui lit beaucoup la bible et le coran. Il y a des enseignements qu’on tire de ces livres révélés. Je ne peux pas jeûner 30 jours et rester indifférent face à l’injustice. Je ne peux pas aller à l’église prendre la communion et rester indifférent face à l’injustice. Ma religion, c’est la justice, la vérité que Dieu nous enseigne. Jésus est mon exemple. Il y a des choses qui devaient nous édifier même si on doit y laisser notre vie. Je n’ai pas l’intention de vivre cent années (100 ans) sur cette terre. Je préfère vivre 10, 15, 20 ans mais être en harmonie avec ce que je pense être bien pour mon âme.

Vous poursuivez la lutte à travers la musique. Quelles sont les orientations de vos trois albums ?

Ca été et c’est toujours difficile pour moi d’avoir un producteur et de vendre mes albums. Je n’ai jamais eu de sponsor pour mes concerts. Je n’ai jamais été invité à un concert dans mon pays parce qu’on me traite d’opposant, de Sankariste (Ndlr : philosophie de Thomas Sankara, ex président du Burkina Faso, assassiné le 15 octobre 1987 par l’actuel président, Blaise Compaoré). J’assume. Au moins on ne dit pas que je suis un drogué, un voleur ou un assassin. C’est quelqu’un d’engagé qui ne fait pas de cadeau aux fossoyeurs de la République. C’est tant mieux. Le premier album intitulé « Mr Man » est le symbole de mes premiers pas dans la musique. Ce n’était pas évident. Ensuite, j’ai sorti « Une bougie pour Thomas Sankara ». C’est à ce moment que ça réellement commencé à déranger. Au début, c’était un petit excité, mais après on se rend compte que les choses prennent une autre tournure. « Une bougie pour Thomas Sankara » est bien vendue. Un ami a indiqué que l’album se vend comme de la drogue parce que les gens on peur de le vendre et de se le procurer. Chaque fois que j’ai un concert j’y vais avec un lot qui disparaît rapidement. Le troisième album « Rasta au pays des merveilles » se vend également difficilement et dans la clandestinité. Tu fais un clip auquel on n’a rien à reprocher mais la télévision refuse de le passer. Dans les coulisses, l’on te dit qu’on rien contre toi, mais que c’est difficile de diffuser ton clip sur les antennes de la télévision.

« Rasta au pays des merveilles » combien de titres et quelle connotation ?

« Rasta au pays des merveilles » vous présente les deux facettes de Sam SK le jah. Sam SK le jah chanteur, Sam Sk le jah animateur. Les thèmes développés dans cet album ont trait aux différentes crises que vit l’Afrique. Ca vole, ça détourne, ça vide les caisses en toute impunité mais tout baigne. On assassine, on corrompt en toute impunité et tout baigne. C’est la réalité aujourd’hui dans les pays d’Afrique. Et à côté de cela, Il y a un discours de Thomas Sankara à Addis-abeba où il indiquait que fasse à la chère de la vie, nous devons produire ce dont nous avons besoin. On ne l’a pas écouté, mais aujourd’hui c’est d’actualité. Que ce soit la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso…, nous sommes en mesure de produire du riz, de maïs, du mil… pour notre consommation. Mais nous avons et continuons de préférer ce qui est importé de Thaïlande, de Chine …La Côte d’Ivoire produit du pétrole, mais pourquoi ce produit coûte si cher. On vend le pétrole à l’Occident et on en achète au Nigeria. C’est paradoxal. Le bien être du peuple est-il une priorité pour les dirigeants Africains ? Je dis à la jeunesse que c’est cela la vie. Il y a des hauts et des bas. Mais quel que soient les difficultés, il ne faut pas baisser les bras. C’est dur, c’est difficile, on ne nous donne pas trop de perspectives mais il nous revient de nous organiser pour trouver les voix et moyens de sortir de cette crise.

Ciné Droit Libre Abidjan, quel bilan ?

Je suis agréablement surpris par l’affluence du public, le dynamisme des jeunes autour de la chose. Il faut croire, être optimiste. Lorsqu’on lutte c’est parce qu’on est optimiste. Lorsqu’on soigne un malade c’est parce qu’on a l’espoir de le voir guérir. Quand je vois de plus en plus de jeunes dans le mouvement, essayant de faire avancer les choses, d’apporter une autre vision, une contribution contrairement à ce qu’on nous propose à longueur de journée dans les médias, j’ai foi. Lorsque les jeunes osent mener le débat contradictoire en lieu et place de la violence qu’on sert aujourd’hui mais, lorsque certains d’entre eux en lieu et place de débats intellectuels préfèrent se servir des muscles, des gourdins …pour imposer leurs visions, c’est dommage ; c’est dangereux pour les générations avenirs. Il faut arriver à imposer la contradiction dans les idées, il faut arriver à cultiver la tolérance, le respect de l’autre, le respect des droits. Ciné Droit Libre à Abidjan est une chose à encourager. Quand je vois d’éminents professeurs, des ministres venir participer aux débats j’ai espoir qu’il faut croire en la classe intellectuelle de l’Afrique. C’est vrai, on a l’impression que les intellectuels ont jeté l’éponge. Je le dis dans « Rasta au pays des merveilles ». Ils sont soit réduit au silence, soit obligés de retourner leur veste. Mais lorsque tu es face à une société civile qui ne réagit pas et que tu as la pression, tu peux être amener à revoir ta copie. Ciné Droit Libre Abidjan est à saluer et à encourager.

Réalisé par Francis Yedan

TROIS CLES POUR REUSSIR UN FILM DOCUMENTAIRE

Posté le 16.07.2008 par francisyedan
Djamel Tahi faisant montre de son savoir faire aux auditeurs

En dehors des projections de films suivis de débats et du forum sur « médias, élections et paix en Côte d’Ivoire », le premier festival de cinéma en terre ivoirienne, relatif à la défense des droits humains et à la liberté d’expression, dénommé Ciné Droit Libre Abidjan qui s’est tenu du 10 au 13 juillet 2008, a également eu pour principale articulation un atelier de formation sur le film documentaire qui s’est déroulé durant les matinées des 10 et 11 juillet au centre culturel Allemand.

Djamel Tahi, franco Algérien, réalisateur, formateur, a été l’interlocuteur d’une trentaine d’auditeurs désireux d’acquérir des rudiments pour la réalisation d’un film documentaire. Jeudi 10 et vendredi 11 juillet 2008 dans le cadre du festival Ciné Droit Libre d’Abidjan, les échanges ont tourné autour des trois clés pour réussir un film documentaire.
L’écriture du film documentaire est la première étape parce qu’il faut écrire, mettre clairement sur support ce qu’on compte faire avant de pouvoir proposer le dossier de présentation à un producteur ou un tiers pour un éventuel financement. A cet égard, il est conseillé de démarrer par la note d’intention. Cette note d’intention peut s’appeler introduction ou ne peut avoir de nom. Il revient à chacun de lui donner le titre qu’il lui sied. La note d’intention comme l’indique le nom est le premier niveau de l’écriture du film documentaire qui consiste à mettre clairement ce que l’on a l’intention de faire dans le but de se convaincre soi même, pas autrui. Elle permet de clarifier ce que l’on veux faire (pourquoi, où, avec qui…), de présenter de façon claire et précise les objectifs de l’auteur. Toutefois, Djamel Tahi conseille dans la note d’intention d’éviter d’évoquer une quelconque dénonciation ou une sensibilisation parce que la dénonciation ou la sensibilisation coulent de source après avoir raconter une histoire, fait un portrait…Toute personne après avoir passée plus d’un heure devant un écran à suivre l’histoire du génocide Rwandais n’as pas besoin d’être sensibiliser. « L’écriture cinématographique doit être personnalisée. Il faut raconter des parcours et le reste s’affichera volontiers à l’écran», ajoute-t-il. Avec le synopsis, ils constituent les deux premières étapes de réalisation d’un film documentaire (pourquoi, quelle implication, sous quel angle ?).
Le synopsis est le résumé claire, précis, succinct et surtout imagé du film à réaliser. L’auteur de ce synopsis doit penser les images de son film au cours de la rédaction de son synopsis afin de permettre au lecteur de voir ces images à travers ces écrits. Le synopsis, ce sont les différents tableaux de la pièce de théâtre avec le décor, les personnages en situation, en action. C’est un scénario raccourci. Chaque phrase, chaque mot doit faire avancer (qui sont les personnages principaux, quelle est leur histoire, qui la raconte et comment). Le synopsis doit transporter le lecteur dans l’univers du film. Celui-ci doit être dans l’image, au cœur du film. Ce qui fait dire au réalisateur Djamel Tahi qu’ « on est dans le cinéma et pourtant on met en scène la réalité ». Le synopsis doit également faire apparaître l’originalité, le point fort, les enjeux de l’histoire à l’aide d’une écriture efficace et imagée. Quinze à vingt lignes, voire deux pages maximum sont recommandées pour la rédaction du synopsis. « Ces indications de lignes ou de pages ne doivent pas être des contraintes pourvu que l’on retrouve l’originalité, l’écriture imagée, la structure narrative… », précise Djamel Tahi.
Cette structure narrative amène de façon systématique a