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francisyedan
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Pour une Côte d'Ivoire et une Afrique dignes.
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Peut-on faire confiance à la sécurit é privée ?

Peut-on faire confiance à la sécurit é privée ?

Publié le 11/12/2009 à 14:32 par francisyedan
Peut-on faire confiance à  la sécurit é privée ?

Le marché de la sécurité privée a explosé ces dernières années en Côte d’Ivoire. Plus qu’il ne rasure, cela inquiète en raison de la suspicion et de la méfiance que chacun a à l’égard de ces entreprises armées dont l’image est ternie par les abus quotidiens. Quel crédit peut-on accorder à la sécurité privée?

UNE SITUATION TRANSITOIRE

Sous un soleil de plomb, en provenance du Plateau, le premier repère de notre rendez-vous est le Forum, marché d’Adjamé. Il faut le dépasser jusqu’au carrefour menant au centre antituberculeux. À ce carrefour, nous empruntons la voie opposée qui nous mène derrière les rails. Quelques mètres plus loin, un homme nous interpelle. Qui cherchez-vous ? Jean Marc, lui répondis-je. C’est moi ! Agent à 911 Sécurité, c’est à cet endroit qu’il passe ses heures en dehors du cadre sécuritaire. Une cabine de téléphonie cellulaire et quelques accessoires. C’est le décor du commerce de ce personnage physiquement imposant. Ce négoce lui permet d’arrondir les fins de mois. Pour lui, «les agents de sécurité, de façon générale, ne sont pas bien rémunérés. Les risques sont énormes parce que lorsque les salaires tardent, nous sommes face à une situation où la tentation est grande Nous transportons souvent de l’argent. Si le peu qui nous revient met du temps ou ne vient pas, il y a des risques que nous pensions à des choses…» À l’image des écoles boutiques… À la tête du Conseil National de Sécurité (CNS) en 1998, le général Tanny sur la base d’une esquisse de réglementation avait permis de sélectionner 68 entreprises ayant un registre de commerce…sur un total de plus 700 structures opérant sur le territoire ivoirien. En 2005, un recensement avait révélé que sur 300 entreprises intervenant dans la sécurité privée, moins d’une centaine étaient détentrices d’un registre de commerce. Entre 300 et 350 entreprises de sécurité privées offrent leurs services à la population ivoirienne aujourd’hui. Mais, bon nombre d’entre elles ne rempliraient pas les conditions classiques d’une entreprise encore moins d’une entreprise de sécurité privée. L’état des lieux est des plus alarmants. La majorité de ces structures en armes fonctionneraient dans l’illégalité. Le secteur est très désorganisé. Les personnes, souvent des politiques, n’ayant la qualification, ni les compétences en la matière, se sont ruées vers ce secteur parce qu’il est juteux. Ce secteur connaît une véritable exploitation de l’homme par l’homme. «J’entends dire qu’il y a des sociétés qui paient leurs agents à 35000 voire 37000 F CFA », s’étonne Jean Marc. Qui, par ailleurs, souligne que «la part qui nous revient est très peu comparée à ce que l’entreprise contractante paie. Certains agents sont payés à 50000 F CFA ou 60000 F CFA alors que le contrat est signé à hauteur de 150.000 F CFA par mois. L’agent simple c’est celui qui est posté sur un site précis avec une chemise différente du pantalon. Il a un revenu mensuel allant jusqu’à
70000 F CFA. Les gardes en armes jusqu’à 115000 FCFA et les assistants dont le salaire oscille entre 180000 et 200000 F CFA. Ce sont eux qui interviennent en cas de situations graves.» Niamien
Désiré, directeur des études à l’Académie de Sécurité professionnelle (ASP), fait état de l’environnement avant la création de l’académie en 2001. nous nous sommes rendu compte qu’on faisait tout sauf la sécurité. C’était de l’amateurisme. On jouait avec la vie des clients et de leurs biens parce que cela ne reposait que sur des connaissances approximatives.» Selon Jean Marc de 911 Sécurité, «chaque entreprise a son centre de formation. Il y a eu un ou deux éléments de la gendarmerie qui sont venus former les agents de 911. Mais bien avant, il y a eu un ancien des Fds qui était le formateur principal.» Pour lui, la sécurité privée mérite la confiance des populations parce que «ceux qui nous donnent la formation sont des professionnels ; des anciens gendarmes, des anciens policiers.» La présentation du casier judiciaire avant toute intégration au sein d’une entreprise, serait un gage de sérieux. «De plus en plus les patrons exigent un certain niveau d’étude. La classe de 4e pour certains. Il y a des endroits où le niveau de la classe de 2nde est exigé.» Les délits dont se rendent coupables ses confrères sont à minimiser parce que «même au niveau de la police, il y a des impairs. Chacun est responsable de sa moralité.» Aussi, précise-t- il : «la sécurité privée fait l’effort de suppléer la police et la gendarmerie en exploitant l’espace laissé par ces Forces, qui, de façon permanente, ne peuvent être disponibles pour chaque ménage, pour chaque individu. La sécurité privée participe également à l’économie avec les emplois, les prélèvements à la Cnps, les impôts sur salaire.» Group 4 Securicor (G4S) est le leader du secteur. Leader mondial de la sécurité privée, présent dans plus de 100 pays, elle résulte de la fusion des activités opérationnelles de l’ex-Wackenhut SA et de Securicor Côte d’Ivoire, deux sociétés ayant plus de 20 ans d’existence en Côte d’Ivoire. Elle regroupe environ 3000 employés, dont une cinquantaine d’agents administratifs. Son organisation et ses installations lui permettent d’opérer principalement sur Abidjan, Yamoussoukro, Daloa et San Pedro. «Nous, agents de 911, les envions parfois. Pas sur le plan salarial, mais au plan organisationnel. Ils sont assurés, effectivement déclarés», révèle Jean-Marc. BGSP qui aurait rapidement gravi les échelons en peu de temps d’existence, GSP, Viga Assistance, Lavegarde seraient les poursuivants de G4S. Omeifra et BIP auraient régressé contrairement à 911 et Risk qui feraient beaucoup de bruit plus qu’ils n’avancent. SMO stagnerait un peu. Le secteur fonctionne au mépris des règles de déontologie comme dans le secteur de l’éducation où on assiste à une floraison des écoles-boutiques. Les armes autorisées, selon Niamien Désiré, sont les armes de 7e catégorie, les Gome Coine
(GC) mais «l’on s’est rendu compte que certaines entreprises avaient des fusils d’assaut… Elles sont nombreuses les entreprises qui emploient du personnel non qualifié. Le plus grave est que celui qui estau bas de l’échelle n’est pas qualifié, celui qui le supervise n’est pas qualifié, son directeur technique n’est pas qualifié, son fondateur encore moins.» Des raisons d’espérer Le premier décret régissant le secteur de la sécurité privée en Côte d’Ivoire date de 1995. Ce décret est resté dans les placards faute d’arrêtés d’application. En 1998, les tensions politiques récurrentes ont amené le Président Henri Konan Bédié à créer le CNS en vue de mettre de l’ordre dans le secteur. Un décret a été élaboré. Selon Secongo Sanogo, président de l’Académie de Sécurité professionnelle (ASP), «ce décret avait la particularité d’exiger une caution de 5 millions F CFA pour toute entreprise désireuse d’embrasser le métier. Malheureusement, mal expliqué, il a été mal compris et donc combattu.»
Malgré le coup d’Etat de 1999, un arrêté pris par le général Palenfo du CNSP indiquait que les dispositions du décret de 1998 restaient en vigueur. Des entreprises auraient été fermées. À l’avènement de la deuxième République, le ministre Émile Boga Doudou demande aux acteurs du secteur de faire des propositions. C’est ainsi qu’il y aura une esquisse d’un décret qui viendra abroger le décret de 1998 en ses dispositions contraires. N’ayant pas eu l’occasion de le mettre en application, le décret nº2005-73 du 03 février 2005 portant réglementation des activités privées de sécurité et de transport de fonds est signé. Etre titulaire du BEPC ou tout autre diplôme équivalent pour le personnel d’encadrement des opérations et du CEPE ou tout autre diplôme équivalent pour le personnel d’exécution des opérations, et être âgé de 18 ans au moins et de 35 ans au plus tard au 31 janvier de l’année de recrutement sont quelques dispositions concernant les nationaux. Dispositions mentionnées à l’article 13. Quant à l’article 14, il exige une formation de 1 à 3 mois pour tout agent d’exécution après son recrutement. Les centres de formation doivent, par ailleurs, fonctionner sous la supervision des services de police compétents. A l’article 30, il est fait mention de l’utilisation d’armes à feu et de grenades dans le cadre des activités de transport de fonds et de garde rapprochée sur autorisation d’un arrêté du ministre de la Sécurité intérieure, sans préjudice de la réglementation relative au port d’arme. Seuls les bombes anti-agression, les matraques, les armes à feu à munitions en caoutchouc, les gaz paralysants ou immobilisants sont autorisés à l’article suivant. Le communiqué n°862/MI/CABdu 28 novembre 2008 portant modalités d’application du décret de 2005, stipule que du 2 janvier au 2
juillet 2009, les entreprises exerçant devraient déposer leurs dossiers de demande d’agrément. Un récépissé leur sera délivré et leur permettra, à titre exceptionnel, d’exercer pendant une période de 9 neuf (9) mois. A la date du lundi 29 juin 2009, 199 entreprises auraient retiré les fiches d’identification auprès de la DST pour la demande d’agrément. A l’issue de l’instruction, l’agrément ne sera délivré qu’aux seuls dossiers conformes à la réglementation. Une commission consultative a été mise en place à l’effet de statuer sur les dossiers. Elle comprend les ministères de l’Economie et des Finances, de la Défense, de la Sécurité, Edy Koula de l’Union nationale du patronat des entreprises du secteur privé de la sécurité de Côte d’Ivoire (UNAPEPS-CI), Séripka André de l’Union patronale des entreprises de sécurité privée de Côte d’Ivoire (UPESP-CI) et est présidé par le Directeur général de la Police. L’Union patronale des professionnels des entreprises privées de gardiennage et de sécurité (Uppepgs-ci) dirigée par Sangaret Zié et dernière née des unions patronales du secteur, ne siège pas à cette commission. La procédure d’agrément la concernant ne serait pas encore à terme. Les attributions, la composition et le fonctionnement de cette commission sont contenues dans l’arrêté n°269/MI/MD/ MEF du 6 août 2008. Quant à l’arrêté n°743/MI/MD/MEF du 24 novembre 2008 portant fixation du cahier des charges des entreprises privées de sécurité et de transport de fonds, il fait interdiction, en son article 6, auxdites entreprises de participer aux opérations de maintien de l’ordre lors des manifestations à caractère politique, sportif, social, traditionnel, culturel ou religieux. De même l’escorte des personnes leur est interdite. Et pourtant la sécurité privée est constamment sollicitée pour les manifestations culturelles au Palais de la Culture. Aussi, en l’article 10, il leur est demandé d’assurer, tous les deux ans, la formation continue de leurs personnels dans les centres de formation agréés. Ce qui ne semble pas être le cas. L’usage d’armes à feu ou de grenades dans le cadre des activités du secteur n’est autorisé que dans le cas de légitime défense selon l’arrêté n°148/MS/CAB du 2 février 2007. L’arrêté 149 portant les mêmes références que le précédent, fait mention de la couleur jaune pour les véhicules des entreprises privées de sécurité et de la couleur grise pour ceux de transport de fonds. L’uniforme exigé est le pantalon gris, chemisette jaune, casquette grise pour les premières cités et le pantalon noir, chemisette blanche, casquette noire pour le transport de fonds. À ce niveau, une relative anarchie est constatée. Plusieurs uniformes sont arborés par les agents au mépris de cette règle. Les arrêtés nº 150/MS/CAB du 2 février 2007 et nº 200/MS/CAB du 7 février 2007 sont relatifs à la fixation des modalités de délivrance de l’agrément des personnels et de celui des centres de formation au métier privé de sécurité. Au moins un officier à la retraite des FDS doit être formateur dans ces centres. Quant au sous-officier à la retraite, ils devront avoir occupé de telles fonctions lorsqu’ils étaient en activité. Avec ces textes, la volonté des pouvoirs publics de mettre de l’ordre est affichée. Cependant, cette volonté risque d’être mise à mal par le problème du patronat.

LEONARD SANGARET ZIE: Président de l’Union patronale des professionnels des entreprises privées de gardiennage et de sécurité de Côte d’Ivoire (upepgs-ci)

« Il faut une seule union patronale »

À la tête de l’Union patronale des professionnels des entreprises privées de gardiennage et de sécurité de Côte d’Ivoire (Uppepgs-ci), Léonard Sangaret Zié justifie son départ de l’Upesp-ci. «La seule union qui existait a commencé à s’enliser par des prises de position. Celui qu’on avait désigné comme président ne voulait plus aller aux élections. Cette situation serait désavantageuse pour l’essor de ce secteur», clame Zié Léonard qui souhaite un seul et unique patronat. «Il faut une seule union patronale dans le secteur. Allons aux élections pour que l’autorité de tutelle ait un seul interlocuteur qui puisse être à l’écoute des confrères», précise le patron de Wendel Sécurité. Cependant, fait-il savoir, le secteur aurait un bilan positif parce qu’avec la crise que connaît la Côte d’Ivoire, la sécurité privée est sur tous les fronts. La centaine d’entreprises existantes serait également révélatrice de l’engouement qui règne dans le secteur. L’union serait le précieux sésame pour tous les maux du secteur notamment, la précarité dans laquelle vivent les agents. L’Uppepgs-ci serait sur le point d’élaborer une grille salariale qui devrait être applicable à tous si les entreprises de sécurité privée fédéraient leurs actions. «Ma priorité, c’est le salaire de mes agents. J’ai toujours demandé à mes confrères d’en faire pareil avec un minimum de 50 000 FCFA. Nous élaborons une grille salariale des agents. Il faut uniformiser les grilles salariales et les prix.» Par ailleurs, poursuit-il, «l’unicité des patronats permettra d’avoir une base de données de tous les acteurs du secteur. Les problèmes seront ainsi cernés et des solutions adéquates trouvées.» L’uniformisation des prix reste un volet important pour le patron de l’UPPEPGS-CI. Il dénonce la surenchère faite par les grands du secteur et la part belle qui leur est faite alors que lesdites entreprises sont dirigées par des non nationaux. Ce qui serait dangereux pour la sécurité du pays. «Il faut faire la part belle aux nationaux. Il s’agit tout de même de la sécurité d’un pays», attire-t-il l’attention. «Les grandes structures sont aux mains des étrangers. Elles ont accès au crédit contrairement aux entreprises nationales», dénonce-t-il. «Il faut que les nationaux entrent dans leur capital», souhaite-t-il. Quant à la formation, «c’est le problème crucial. Il faut que nos agents soient formés», reconnaît-il. Des contacts, selon lui, seraient en cours avec des confrères israéliens pour la création d’une école de formation. Mais tient-il à le préciser : «chaque entreprise entretient la formation de ses agents.» Ce déficit de formation justifierait son opposition au port d’arme des agents de sécurité privée. «Les armes que nous sommes autorisés à porter sont des Gome Coine (GC). Ce sont des armes dissuasives avec des balles en caoutchouc. Il est dangereux d’armer un vigile parce que vous ne savez rien de sa formation encore moins sa moralité ?» Le cas échéant, il propose que «ces agents ainsi que les armes dont ils disposent soient recensés. Et la tutelle informée de tous leurs mouvements.» Toutefois, le président de l’UPPEPGS-CI tient à rassurer les populations. «C’est une infime partie qui est armée. Nous n’allons pas permettre que certains utilisent la sécurité privée pour en faire des milices. D’où mon opposition à un confrère qui avait affirmé que la sécurité privée pouvait accueillir des ex-combattants.» Les difficultés du secteur, Sangaret Zié les impute en partie aux banques qui n’aident pas les nationaux. «Il n’y a pas de banque en Côte d’Ivoire ; ce sont des banques de dépôt.», martèle-t-il. Aussi, déplore-t- il les ruptures de contrat sans préavis de la part des clients. «Alors que vous avez cinquante familles sous les bras». L’organisation du secteur est à la fois un enjeu et un défi. «Pour que l’Etat nous fasse confiance, il faut que le secteur soit organisé. L’application du décret de 2005 est nécessaire pour qu’on sache qui fait quoi », conclut-il.

EDY KOULA: Président de l’Union Nationale du Patronat des Entreprises du secteur privé de la Sécurité de Côte d’Ivoire (UNAPEPS-CI)

« Une structure transversale et permanente est salutaire »

Membre de la commission d’agrément des entreprises privées de sécurité, promoteur et Directeur général de SAESEM-Côte d’Ivoire, anciennement secrétaire général de la défunte commission de régulation et de contrôle (CRC) du secteur, Edy Koula dirige l’UNAPEPSCI depuis décembre 2006. La mise en place d’un office, organe de régulation et de suivi quotidien du secteur créé sur le modèle du Conseil national de la communication audiovisuel (CNCA) serait une solution alternative au désordre actuel. «Aujourd’hui, il est question de commission d’agrément, de la DST…Ce sont des équipes techniques. Mais qui assurera le suivi quotidien du secteur ? Une structure transversale et permanente regroupant la Dgi, la Cnps, l’Inspection du travail, les Ministères de la sécurité, de la défense, de l’économie et des finances, des transports, le patronat…est salutaire. Elle pourra être présidé par un officier des FDS notamment de la DST.» Cet organe ne fermerait pas les yeux sur les salaires dérisoires des agents et sur leur non-déclaration à la Cnps. Les impôts également en tireraient un bénéfice. Aussi, tout agent sans grands moyens aura un seul interlocuteur pour tout contentieux avec un employeur. «L’office va veiller à la base tarifaire. Si vous ne pouvez pas payer un agent en dessous de 70 000 F CFA, cela va de soi que vous n’allez pas prendre un contrat de 80 000 F CFA. Le patronat, c’est pour défendre nos intérêts. L’office, ceux des employeurs et des employés.» Toutefois, le problème de l’unicité des patronats n’a pas été occulté par le patron de SAESEM. «Pour une question d’image, il n’est pas bien qu’on ait plusieurs patronats. Nous allons aux élections supervisées par l’Etat et tout le monde se range derrière le gagnant. Il faut quelqu’un pour faire bouger les choses. Tant qu’il n’aura pas un seul patronat pour parler avec les autorités, pour parler de la base tarifaire des agents, tout ce qu’on fait est voué à l’échec.» La misère des agents serait pour Edy Koula un lointain souvenir parce que «la commission d’agrément fonctionne bien. Les promoteurs véreux seront extirpés car il faut dorénavant exécuter un cahier de charges.» L’UNAPEPSCI serait en contact avec les centrales syndicales en vue de l’élaboration d’une convention collective qui permettrait d’établir des catégories professionnelles avec une grille salariale qui tienne compte des préoccupations La question de la réinsertion des ex-combattants est, au dire du n°1 de SAESEM, dévolue à une structure compétente. «Un ex-combattant a besoin d’une prise en charge psychologique, d’une resocialisation. Les sociétés privées de sécurité ne sont pas outillées en la matière. Nous avons même un réel problème de formation des agents,» révèle-t-il. Toute chose qui justifierait l’implication de l’Etat au plan administratif. «Nous sommes en faveur d’un institut de formation dans lequel plusieurs entreprises de sécurité pourraient participer, de sorte à ce qu’elles aient des capacités d’accueil plus grande. Cela permettrait de vaincre les réticences des dirigeants d’entreprise qui, pour certains, disposent de centres de formation.» Le défis, pour lui, c’est d’être à l’image de l’Afrique du Sud. En termes d’organisation, d’efficacité. «Les enjeux pour notre pays, c’est une question d’image, vu cette totale anarchie. Nous envisageons être plus efficaces que la gendarmerie et la police. On n’a pas besoin de kalachnikov mais on peut être efficaces. En Afrique du Sud, ce sont des professionnels. Il faudrait qu’on arrive à faire de ce secteur un deuxième pied de la sécurité en Côte d’Ivoire.»



SECONGO CLOTCHO S.: Président de l’Académie de la Sécurité Professionnelle

« Moins de 2 % des agents de sécurité sont formés »

Moins de 2% des agents de sécurité privés sont formés. Aucun secteur ne peut être professionnel si ses acteurs ne sont pas formés », dixit Secongo Clotcho Sanogo, président de l’Académie de la Sécurité professionnelle (ASP) pour qui «la sécurité des personnes et des biens ne peut se faire sans formation.» Le constat est amer et inquiétant, vu le nombre d’années entre la création de la première entreprise de sécurité privée (1967) et la première école de formation en l’occurrence, l’Asp en 2001. «De 1967 à 2001 que faisions-nous ?» s’interroge-t- il, perplexe, avant de préciser qu’«aujourd’hui, on exige en France un permis de formation pour faire la sécurité. L’une des plaies de ce secteur, c’est le manque de formation. Un jeune formé devient compétitif, rapporte plus à on entreprise et il est mieux payé.» La formation passe par une professionnalisation du secteur. D’où la nécessité d’application du décret de 2005. Mais le président de l’Asp y trouve des insuffisances. «Le décret de 2005 a l’avantage de prendre en compte les préoccupations des entreprises du secteur et l’inconvénient d’avoir recueilli un peu trop leurs avis. En outre, il ne prend pas en compte l’identification des agents comme on l’aurait souhaité. Par ailleurs, il est moins contraignant en ce qui concerne la création des entreprises de sécurité. Il n’y a plus de caution», explique-t-il. Et pourtant «un des problèmes clés de ce secteur, ce sont les salaires des agents. Il y a beaucoup d’entreprises qui trainent des arriérés et les agents n’ont pas de recours.» De son point de vue, une entreprise de sécurité doit justifier de sa capacité financière parce que les agents en sont le produit. «90% des jeunes utilisés dans la sécurité privée sont en chômage déguisé pour la simple raison qu’ils n’ont pas de salaire décent, de couverture sociale et de garantie de leur emploi. Comment voulez-vous qu’un agent qui touche à peine 50 000 F CFA puisse vivre surtout, lorsque cette somme n’est pas payée à temps», s’offusque-t-il. Un autre problème et le plus important, selon lui, est celui de la pluralité de patronats. «Le problème du patronat est la gangrène du secteur», affirme-t-il. Aussi reconnaît-il que «André Sérikpa, président de l’Upesp-ci, ne peut être contourné dans le secteur. Si Sérikpa est le mal du secteur, la seule façon de transformer ce mal en bien, c’est d’aller vers lui en mettant en avant l’intérêt de la corporation.» Au surplus, mentionne-t-il, «plusieurs structures patronales fragilisent le secteur et c’est dangereux pour le pays. Il est important qu’on aille vers un patronat unique. Parce que lorsqu’un patronat s’oppose à une mesure, les entreprises qui n’ont aucune légalité se fédèrent autour de ce patronat pour créer le trouble et continuer à exercer.» Les enjeux sont donc importants. «Avec un secteur qui contribue avec les fds à assurer la sécurité, il est évident qu’on pourra avoir une amorce de décollage économique.» Le second enjeu réside dans les emplois que génère ce secteur. «Plus de 40 000 jeunes y travaillent. Organisés, ces derniers deviendront des travailleurs qui paieront des impôts. Pendant la guerre, le secteur a enregistré une croissance de 15 % au niveau des entreprises et de 20% au niveau des agents. Aujourd’hui, nous ne sommes pas loin de la barre des 50 000 agents contre 25 000 à 30 000 au démarrage de la crise. Imaginons tout le territoire réunifié, les entreprises relancer leurs activités...» L’aspect sûreté de l’État n’est pas également à négliger. «En ne professionnalisant pas ce secteur, on crée des germes qui peuvent être des sources de tensions. Les politiciens peuvent récupérer un jeune qui a à peine 50 000 F CFA de salaire.»

Encadrés:

Les non-nationaux dans le secteur
Jusqu’en 1998, les patrons aussi bien que les agents, étaient des non-nationaux. De 1998 à 2001, les nationaux s’investissent, aidés en cela par la réglementation qui fait obligation aux entreprises d’avoir à leur tête des Ivoiriens et une partie du capital détenue par les nationaux. Aujourd’hui, tant au niveau des agents que des patrons, les nationaux ont récupéré le secteur du point de vue du nombre. Mais G4S et Viga Assistance, les leaders, seraient aux mains de non nationaux. Il fait également état de la création d’une vague d’entreprises libanaises comme Sécurité services, 116… pour assurer la sécurité de leurs réseaux économiques. Pour Sécongo Sanogo, cela est dû au fait que «les nationaux, en lieu et place du travail, passent leur temps à se quereller dans les patronats. Très peu d’entreprises ivoiriennes sont compétitives sur le marché. Les agents de G4S sont bien habillés et payés le 28 du mois. La plupart des entreprises à capitaux étrangers font preuve de professionnalisme. En matière d’assistance, Flash est devenu leader au détriment d’une structure ivoirienne. Le transport de fonds c’est Brinks. On n’a pas une vision managériale. On ne paie pas l’agent à temps ; on n’investit pas dans la formation et le matériel.» Toutefois, l’article 9 du décret 2005, précise qu’aucune entreprise ne peut être admise à exercer dans le secteur si «elle n’est constituée en société de droit ivoirien, quelle qu’en soit la forme et si son capital n’est détenu au moins à 51% par des Ivoiriens.

La guerre des chefs
Depuis son élection en 1998 à la tête de l’Union patronale des entreprises de sécurité privée de Côte d’Ivoire (UPESP-CI), André Sérikpa a eu quelques difficultés à regrouper le secteur autour de cette structure patronale. Un colloque historique s’est tenu à Grand-Bassam les 10, 11, et 12 septembre 2004. Il a été décidé de la mise en place d’un Comité de régulation et de contrôle (Crc) dont le secrétaire général, Edy Koula, a été élu en Assemblée générale. Une fois à Abidjan, cette autorité ainsi que les résolutions ont été remises en cause. Edy Koula, deux mois plus tard, est démis de ses fonctions et remplacé par Sangaret Zié. Il crée, par la suite, l’Union nationale du patronat des entreprises du secteur privé de la sécurité de Côte d’Ivoire (UNAPEPSCI). Mais bien avant, Jean-Yves Djedjé met en place l’Union patronale des professionnels des entreprises privées de gardiennage et de sécurité (Uppepgs-ci) en Septembre 2004. Secrétaire général de la Crc, Sangaret Zié ne tarde pas à être en rupture de ban avec André Sérikpa. Il rejoint l’Uppepgs-ci, la récupère et en assure, depuis Juin 2008, la présidence. André Sérikpa, Sangaret Zié et Edy Koula, trois unions, trois patrons. Querelle de leadership ou souci d’un meilleur fonctionnement du secteur ? Chacun a sa méthode ; chacun a sa personnalité ; chacun a ses intérêts et cela achoppe quelque part.

Réalisé par Francis Yedan